Ça s’est passé ce vendredi 5 mars après-midi, rue Vanderkindere à Bruxelles. Que faisiez vous cette après-midi là?....... Une voiture rouge attend que le feu devienne vert, deux hommes surgissent, ils veulent voler une voiture pour s’enfuir (ils viennent de mettre le tohu-bohu dans une joaillerie), la conductrice résiste, l’un sort un revolver et tire.... Frédérique Levêque, 46 ans et mère de 3 enfants n’est plus.... En l’espace d’une minute, Maxime, Julien, Margaux n’ont plus de maman. Le père des enfants tient une librairie à Braine-le-Château rue de la courte station. Chère Frédérique, de toi il ne restera qu’une photographie dans le journal du 8 mars 2010, une photographie où tu es au milieu d’un champ de tulipes rouges comme ton sang. Ce qui t’es arrivé, on le voit tous les jours hélas à la télévision dans de soi-disant fictions, la télévision est devenue “l’école cathodique” et les directeurs de cette école cathodique ne se posent pas de questions pourvu que gonfle l’audimat, l’école cathodique a plus de succès que la vraie école, les marchands d’armes s’en servent pour faire leur publicité et le hasard veut que ce soit les Etats-Unis qui vendent le plus d’armes dans le monde, et la Belgique n’est pas en reste, hélas, et tout le monde trouve ça normal. Nous vivons en plein absurdisthan. Le 2 février 1975, il est arrivé à Loulou, mon épouse, ce qui t’es arrivé, chère Frédérique, je pense à toi, à tes enfants chéris et à leur papa. Le monde est une triste boutique. Si toutes les radios et les télévisions du monde voulaient bien s’en donner la peine, nous pourrions enfin vivre en paix et Loulou et Frédérique seraient encore de ce monde à vivre jusqu’au bout de leur âge au milieu de leurs enfants et leurs petits-enfants. Hélas le monde moderne est encore au berceau, toute arme aussi perfectionnée soit-elle est anachronique. Julos Beaucarne le 8 mars 2010 |