14 février 2007

Nouveautés

PochetteJaseur

NOUVEL ALBUM 

Julos Beaucarne est non seulement le Vigneault des Belges mais aussi le plus lucide des troubadours, un peu beaucoup à cause du drame de sa vie, l’assassinat de sa compagne en 1975.  La force de Julos a été de continuer à tout voir, et il voit encore tout à travers ce 25e disque en 40 ans de chanson : la beauté des arbres (Les Vrais Amis) comme l’horreur de l’excision des clitoris (Les loups ont des têtes de moutons).  Son humanisme, fait d’émerveillement comme d’indignation, est vécu en toute connaissance de cause, avec un fond de tristesse dans le regard et de la vraie joie dans la voix.  Ainsi chante-t-il Les Naufragés de l’Alzheimer (à partir d’un admirable texte de Marie Gendron), ainsi dénonce-t-il l’extrême droite dans Monsieur de l’hiver, ainsi déballe-t-il sa besace de fines comptines (la chanson-titre, Noémie, la petite fourmi).  Toutes sur le même ton doux, sur fond d’agréable guitare, d’accordéon et de violoncelle.  Histoire de respirer, Julos récite aussi des poèmes entre les chansons.  Dont L’Homme total, de Raoul Duguay.  Car Julos aime le Québec.  À vrai dire, c’est un ami. 

Sylvain Cormier
Le Devoir - 12 janvier 2007




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NOUVEAU LIVRE

Les virelangues ont toujours été mes compagnons de bouche. Pour un comédien, un chanteur ou un orateur de haut vol, dire et redire des virelangues avant un spectacle est un exercice fabuleux qui donne de l'aisance, de la facilité. On passe les mots par son gueuloir, on s'aiguise la bouche, on apprend à proférer, à jeter les mots à la figure comme des épluchures, on se délie la langue. Des savants affirment que nous pensons huit cents mots à la minute et que nous ne pouvons en exprimer vocalement que cent trente-cinq en une minute. Comment s'étonner qu'à vouloir tout dire en une minute, on marche inévitablement sur sa langue ?

Julos Beaucarne



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Article paru dans le journal Le Soir, 23 février 2007

22:06 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Les vrais amis sont comme les arbres Cher Julos, merci d'avoir orangisé cette belle soirée dédiée aux mots, à la poésie, et aux vrais amis de la blanquette de veau... Nous la terminons (la soirée, pas la blanquette) au coin du feu en écoutant le Jaseur, c'est un doux moment.

Écrit par : Dominique | 18 février 2007

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Parti de Tourinnes en tournées... Quel iris au regard d’or joue les soleils levés dans l’arrière-cour où tu chantes ?
Quelle idée d’appuyer sur la chanterelle à grand renfort d’appeaux, un par oiseau, reprenant dans leurs filets de voix et de cordes, les voyageurs en revenance…
Où va le rouge réticulé, et l’or virant parfois dans ses ombres vers le mauve, quand la scène ferme ses yeux, et que l’ombre se baisse pour recueillir les bribes de silence, les arches du soupir, le carillon qui insiste : fugitif, le vol des trois jazzeurs est passé
Les chansons les plus anciennes extraient des souvenirs, les chansons les plus nouvelles amenuisent l’oubli
Fidèle à son établi, une scie d’osier joue avec les ombres et les lumières, à l’arrière de la scène, découpant les silhouettes, rythmant nos tons dans le jeu des lumières et la puissance des vagues sonores…
Une à une, les chansons s’égrènent ; elles se plantent dans le tympan, et germeront dans la mémoire, rien de mieux que le plaisir pour renouer avec des années à venir, des années à se souvenir.
Patrick rit, Barbara fait monter des larmes. De la délivrance d’un banjo aux hiéroglyphes dessinant la voix dans l’aria, le chorus a l’œil d’Horus, bien ouvert sur la portée de nos mondes, là où les noires hirondelles se posent sur les grappes de fils télégraphiques….
Oubliées pour un temps les années où Nancy fut ajulotissienne ; un gabelou, ou une escouade, un jour, d’un revers de formulaire avait lancé la mise à l’écart de Julos loin des scènes nancéiennes. Réponse donnée aux factionnaires du formulaire : en bémols et bécards, becs et ongles déchirant les voiles de l’oubli…
C’est dit : le Jaseur tonne à pleine voix, avec le cercle rougissant de fibres tressant l’or et le sang dans un chant venu du cœur du printemps.
C’est dit combien « chacun est à sa bonne place et ne perd pas sa place, partout tout le temps, dans le soleil » d’un osier oiseleur tressé en arrière chant de safran et carmin ombrés….

Écrit par : babel | 20 mars 2007

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ou acheter votre cd le jaseur boréal où peux t on se procurer votre cd, merci

Écrit par : sauro pascal | 10 février 2010

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