05 juillet 2007

"Marie Kerguelen" de Gaëlle Brunetaud

ô vous parents "désenfantés" de par le monde,
ô vous parents dépossédés de votre enfant si tant espéré,
ô vous enfants happés par la mort au sortir du ventre de leur mère, vous n’avez même pas pu faire un pas dehors,
ô vous enfants perdus dans la guerre de l’Irak ou de l’Afghanistan,
dans les guerres d’Afrique, du sud Amérique ou de l’Absurdhistan, vous marchez encore dans la tête de vos parents.
Femmes et hommes qui avez perdu l’enfant-espoir
qui est parti dans le noir sans que vous ayiez pu lui dire
seulement au revoir comme vous, Gaëlle Brunetaud
qui avez perdu votre fille, Marie Kerguelen, avec son nom d’île lointaine, peut-être votre livre consolera un peu les pères et les mères perdus, dépossédés de ces petites voix qu’ils n’ont jamais entendues et qui pensent inlassablement à ces plus que petits,
partis sans avoir pu pousser le moindre cri,
enfants morts in utero comme on dit, enfants disparus si tant désirés et qui sont venus une picoseconde peut-être,
passer juste leur petite tête, et n’ont même pas eu le temps de crier. Entends-tu les voix de ces petits fantômes qui pleurent quelque part dans des mondes inconnus, mais au fond qu’en sait-on? Pleurent-ils ?
Et vous parents de ces enfants qui ont vécu plus longtemps
et qui se sont donné mort par tristesse, par déprime, par écoeurement. Ces enfants-là qui de leur plein gré ont voulu partir
ne quitteront plus jamais votre souvenir,
on vit avec ce poids matin midi et soir.
A tous les "désenfantés" de la terre, mères comme pères,
labourés jusqu’au fond de l’âme et du corps,
on ne sait plus que dire ni que faire, on dit gauchement:
"Je pense à vous" mais ce ne sera jamais suffisant.

Julos pour Gaëlle Brunetaud


Extrait de "Marie-Kerguelen, j'ai enfanté un ange"

Il est des événements dont on ne guérit pas.
On les porte en soi pour toujours et on en souffre à jamais.
On croit que le temps passe, qu’il lisse l’effroi.
On croit qu’on a sublimé l’épreuve, qu’on l’a dépassée, oubliée.
Pourtant, le mal est fait, et, au plus profond de soi, la douleur est intacte.
Le cœur, déséquilibré, ne bat plus pareil.
Une fenêtre est béante, le vent s’y engouffre, la vie s’y dérobe.

On est glacé. On est perdu. Une part de soi s’est enfuie.
On est fragilisé à jamais, en manque pour toujours.
En soi, désormais, quelque chose n’attend plus que la fin.

Il faut peut-être plonger profond pour trouver la source de sa vie.
En laissant ma fille s'envoler, j'ai trouvé une pierre précieuse,
une petite flamme qui s'apparente au cristal de l'âme...

Gaëlle Brunetaud

http://www.marie-kerguelen.fr

09:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

MERCI Merci Julos pour votre beau message
qu'il est beau, votre témoignage de VIE
que je suis heureuse qu'une amie m'ait fait découvrir votre belle oeuvre,

Écrit par : brunetaud gaëlle | 23 mai 2008

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