07 juillet 2007

Beaux arbres

 

BeauxArbres_1

10:55 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

arbres Chaleur en chant, la bûche fascine ; il est plus tard. Les charpentes esquissent des forêts, des madriers embaumés de sève, tirés des châteaux de stères empilés. Voici, oreilles et nuque dégagées, le temps de mes clairières.
Arbres.
Profond abri ondulant au burin sur les gravures anciennes, déjà plus âgé, à l’orée, des bosquets emplis de légendes et de désirs entament le sombre, la face cachée des jours ordinaires. Découverte de portiques voûtés, ouverts sur les gueules de loup : l’arbre conteur est fait silence.
Arbres.
Vers l’âge bien mûr, été à la panse pleine, ébloui, « je » peux replier toute la vie dans un frêne. Tout bouillonnement, tout brouillon inachevé a pour avocat un désordre d’émeraudes souples, cousin de l’alignement des cyprès au cimetière. Sur les tables, pour décor, la nappe est persillée d’allées calmes en branches coupées.
Arbres.
Une surprise baroque m’attendait dans les nœuds, sur l’aubier. La ligne des feuillages se révèle une symphonie mathématique : fractales conjuguant équations et vents, au rythme du nombre de vie, plus harmonieuse que l’or, mais coupées par hasard ou nécessité.
Arbres.
Un lustre de plus, le nom et le nombre des arbres, des choses, des mondes se sont réconciliés. Je, nous, arbres, et tout, sommes sous le vent fruit du vivant, un seul même fruit décliné en unités, en instants, chacun soi. Déjà, plus que les oiseaux, pommes de plumes posées sur les branches dévêtues, j’entends à contrecœur nettement venir mon propre bûcheron.
Arbre, moi aussi, jouet, bûche, souvenir, symbole, réalité, fruit qui tourne autour des soleils, pendeloque aux branches du temps qui passe.

Écrit par : babel | 09 juillet 2007

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