21 décembre 2007

La grande féérie des arbres givrés


 

Ce matin du 21 décembre 07 c'est la grande féérie des arbres givrés, je marche dans l'enchantement et le froid pince. C'est l'hiver comme dans mon enfance à Ecaussinnes. Le marronnier du docteur Bastenier notre voisin de la rue Victor Cuvelier n'était que blancheur. Je pense à ce splendide texte : "Ah comme la neige à neigé" du poète québecois Emile Nelligan qui se trouve dans le disque : "20 ans depuis 40 ans". Je vais l'écouter en boucle en ce matin d'hiver. Il me revient en mémoire aussi "L'hiver" du Shakespeare qui se trouve dans le disque : "L'enfant qui veut vider la mer". J'avais mis ce texte en musique pour la pièce: "Peines d'amour perdues" dans laquelle je jouais comme comédien et comme musicien avec un luth fabriqué par le luthier Bassero qui par le plus grand des hasards m'a téléphoné hier.... C'était au printemps 64 au Rideau de Bruxelles, la mise en scène était de mon ami Pierre Laroche. J'ai l'impression de devenir un disc-jockey, comment pourrait-on dire traduire ce mot en français?

Julos

 

Images_Givre

 

 

Ah comme la neige a neigé

Ah comme la neige a neigé
Ma
vitre est un jardin de givre
Ah comme la neige a neigé
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ah la douleur que j’ai que j’ai!
Tous les étangs gisent gelés
Mon âme est noire où vis-je où vais-je
Tous mes espoirs gisent gelés
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez oiseaux de février
Au sinistre frisson des choses
Pleurez oiseaux de février
Pleurez mes pleurs pleurez mes roses
Aux branches du genévrier.
Ah comme la neige a neigé
Ma vitre est un jardin de givre
Ah comme la neige a neigé
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ah tout l’ennui que j’ai que j’ai.

Émile Nelligan



 

12:53 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

superbe superbe, Julos, magnifique!
aurélie

Écrit par : aurelie | 21 décembre 2007

Répondre à ce commentaire

Disc-jockey Un metteur de musique / Un metteur de disques
A vous les matières grises . . . . .

Écrit par : Anouk | 21 décembre 2007

Répondre à ce commentaire

Dentelles Les dentellières ont beaucoup travailler la nuit passée, aux lueurs des chandelles on entendait clicqueter pour que ce matin tout le décor soit prêt !

Écrit par : Anouk | 21 décembre 2007

Répondre à ce commentaire

disc-jockey-méninges Un chevaucheurde galettes, un cavalier des sons ... un discobole à cheval sur une portée, un jongleur de vyniles, un fromage blanc sur une blonde platine ...

Écrit par : less is more | 21 décembre 2007

Répondre à ce commentaire

Elle a tellement neigé Elle a tellement neigé, la neige, pendant plus d'une semaine entière. Et là, en ce 21 et en ce 22 décembre 2007, j'ai pu en profiter en avançant péniblement dans l'épaisse couche de neige avec mes skis. Merveille! Un sous-bois immaculé, dense de silence, scintillant de milliards de diamants.

Je pensais à toi cher Julos et à ta question qui revient chaque année : Oû va tout ce blanc, quand fond la neige? Et la réponse qui me vient spontanément à chaque fois: Dans les arcs-en ciel, car à l'instar du silence, dans le spectre duquel se cache toute les musiques, dans le spectre du blanc se cache toutes les couleurs.

Je pensais à vous tous par ce Solstice enchanté, avançant sous les arbres chargés de neige dont une douce brise délestait les branches de tout ce poids en saupoudrant le sentier. Un chevreuil a croisé mon chemin et réjouit mon coeur. La nudité bleue du ciel tranparaissait derrière des bandes de nuages diaphanes.

J'ai pensé à Bernard, car ces nuages, bien que jolis, étaient formés des rejets des jets, auxquels il s'oppose si farouchement. Je pensais à mon voyage vers vous qui contribuera à cette pollution. Veuillez m'en pardonner...

Que ce solstice d'hiver ait été magique pour vous aussi,

Louise

Écrit par : Louise | 27 décembre 2007

Répondre à ce commentaire

eux ici Les fils d'araignées ont donc aussi les cheveux blancs, pourtant je me demande ce que sont les soucis d'araignée...

Écrit par : babel | 02 janvier 2008

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.