25 décembre 2007

Noël 07

 

Le sais tu? Je vis éperdu parfois au milieu de la foultitude des êtres dont j’entends les chuchotements et les cris même à travers le silence,  j’ai mesuré l’épaisseur du silence  après l’explosion d’une bombe,  ce silence était suivi de cris stridents, de gens qui avaient mal ensuite venaient les ambulances et ceux qui courageusement essayaient de réparer l’irréparable, essayaient de ramener à la vie. Depuis ce jour je travaille plus que jamais à la paix, à la réconciliance entre les êtres. Je sais, mes mots ne sont que des mots, je voudrais qu’ils soient des caresses pour les oreilles mais en ce monde de violents, de violence et de viol  les mots “Douceur” et “Amour” semblent  n’être plus de saison. Découragez-vous pas pour autant voyageurs intermittents sur cette boule ronde  car il faut qu’il reste encore  quelques voyageurs du possible pour réchauffer celles et ceux qui ont froid à l’âme. On a dépassé le solstice d’hiver  les jours vont s’allonger, nous allons marcher heureux dans les jours qui s’allongent. Chaque jour l’éternite nous fait des petits signes  avec nos amis qui tout à coup se taillent et se taisent, ils sont là paisibles dans leur fauteuil en train de lire un livre passionnant et le livre leur échappe des mains soudainement, le livre choit, tombe par terre, quelqu’un a entendu le bruit mat, il s’approche, il crie le nom du lecteur, il croit que s’il crie fort son nom,  son ami l’entendra et reviendra, il est peut-être parti juste pour quelques minutes, il dort peut-être, il a eu un malaise,un évanouissement......   mais le lecteur est ailleurs déjà, il court dans l’autre monde à toutes jambes, on ne peut plus le rattraper, il lit un autre livre, il a largué les amarres,  le grand bateau de l’éternité le transporte illico presto hors des eaux territoriales de son quotidien de vivant, il  est parti en une picoseconde, l’être si sûr de lui, si plein de santé, si jovial, chavire et sombre. Il est parti aussi vite qu’une pensée qu’on envoie dans l’espace et qui se rend directement chez celui ou celle à qui elle est destinée. O le profond silence  et les souvenances qui montent à la surface de la mémoire du coeur. La voix de l’en-allé résonne comme un écho dans un tunnel, on essaie de se ressouvenir des derniers mots qu’il a dit, des dernières phrases qu’il a proféré, on essaie de savoir s’il y avait dans ses dernières parlures la moindre prévision de partance, le moindre au revoir. Oui le moindre “au-revoir”, il nous a brulé la politesse, on ne sait pas où on va le revoir sur quelle île, en quel continent perdu des au-delà du monde? Nous reverrons-nous quand nous aurons à notre tour dépassé le cap de toute espérance de vie ? Je suis sur la table d’écoute de toutes les en-allées, de tous les en-allés et le vent d’hiver passe sous la porte férocement comme s’il hurlait des injures. Pourtant tout un monde gronde dans les villes pavoisées pour Noël, y a de la lumière partout, les avenues sont illuminées, la féérie lumineuse est-elle dans ton propre coeur? Toi qui t’interroges sur l’avenir des mondes,  tu penses à un village de la bande de Gaza, tu penses aux enfants de là-bas, tu penses aussi à ceux qui les  harcellent et les assiègent,  la loi du plus fort est toujours la loi du moindre effort, il n’y aura pas le moindre cadeau pour les enfants perdus dans les guerres inventées par des menteurs et des marchands. Tu lis dans ton quotidien que le ministère de l’intérieur aurait reçu un fax comme quoi Ajax un homme de Sfax totalement désaxé aurait posé une lapin en basse Saxe sous prétexte de lutter contre l’axe du mal et le mal pour lui sais-tu que c’est ton bien, ça tombe mal...... Le paisible se retourne 9 fois dans son lit en dormant car le vacarme  des fusillades lui parvient  du Pakistan, de l’Irak, du Kurdistan, l’absurdhistan est en marche, il est tout près, parfois, dans une rue voisine de la tienne,  un jaloux tue sa femme et ses enfants  et se déplante lui même de ce monde  par la même occasion... Joyeux Noël ! Que faire devant le massacre quotidien des saints innocents ? Nous restons prostrés dans notre impuissance  devant cette avalanche d’apocalypses. Mais alors que faire?  Il reste l’arme de la paix:  la pensée d’amour  qu’on envoie aux 4 points cardinaux  et aux 4 coins de son propre corps et l’espérance opiniâtre  qu’un jour toutes les pensées d’amour deviennent  plus fortes que les pensées de haine, de destruction, de désamour. Si les pensées d’amour dépassaient de loin le nombre des pensées de discordance  et de scission.... ce serait le grand changement, le grand chambardement à l’envers  tout redeviendrait possible  et ça.... ce serait le vrai printemps du monde.

Julos Beaucarne Noël 07

 

Guernica de Pablo Picasso 

13:31 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Pourquoi la guerre? Pourquoi la guerre ?

Comment se fait-il donc, que sur les continents,
Tant de guerres font rage et durent tout ce temps ?
Le triomphe des fous piétinant les victimes,
Et l’on s’indigne en mots sur les vies qu’on supprime.

Les voix sont bien ténues, quand tonne le canon,
Et bien des intérêts aveuglent la raison.
On noie de sang le sol, et on crée les famines.
Combien de pauvres peuples, dans l’exode s’acheminent ?

Peut-on tuer le mal pour faire naitre le bien ?
Poignarder à l’aveugle pour se donner la main ?
Le mensonge fleurit dans les propos de haine,
Et sème le poison, dont la vie se gangrène.

Quand retrouvera-t-on les sourires d’enfant,
Au lieu de nous montrer leur regard implorant ?
Faudra-t-il aux bourreaux, tant de déluges de larmes,
Pour qu’émerge l’amour au milieu des vacarmes ?

Rien ne peut justifier ces horreurs, ces charniers,
Que la fureur des hommes à ce jour a charriés.
Nous voulons à tout prix que surgisse la lumière,
En nous donnant la main, faisons cette prière.

Françoise Peille, dans son recueil de poèmes ‘Voulez-vous rêver avec moi’ 2005

Écrit par : Agnès | 25 décembre 2007

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Découverte, De vos terres de paix et d'amour, découverte de vos mots coupés à la même mesure que ceux de vos chansons... C'est comme une promenade dans l'entre-temps...

Cordialement
Marie Lanson

Écrit par : Marie Lanson | 27 décembre 2007

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quel texte! quel magnifique texte, Julos, un texte tellement vrai qui donne envie de crier: PAIX
aurélie

Écrit par : aurelie | 28 décembre 2007

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le p'tit jésus Mince alors ... la vidéo du Petit Jésus à disparu ... Et moi qui me réservait une soirée tranquile pour la regarder ... je n'ai pas eu le temps de prendre mon temps, c'est contraire au bon sens
Salutations mon cher Julos

Écrit par : viveleven | 08 janvier 2008

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