27 décembre 2007

Le “Slam”

 

Le “Slam” ou assumer sa slamitude sans créer la lassitude.


Le “Slam”: des poèmes courts jetés à la figure des auditrices et des auditeurs comme des épluchures, de courtes séquences de mots, de phrases, de virelangues qui tanguent et taguent l’espace sonore du sud et du nord, encore et encore. Une boisson en échange d'un poème, cette bière vaut bien un poème sans doute! Et cela dans une limite précise de temps, une manière de troc : un demi litre de liquide en échange de phrases rapides, en échange de labiales percutantes et décisives, c'est une belle pub pour les mots que le slam et cela je le proclame haut et fort, de toute mon âme. “La pipe au papa du pape pie pue” . Les mots sont très sympathiques, ils gagnent à être connus. Le slam fut inventé pour déboucher les oreilles et les bouches de tous les " Bush":  pour bousculer les groupuscules d'enfonceurs de portes ouvertes, de dictateurs de playliste, d'automates de l'audimat arrêtés sur leur propre image, figés dans leurs fantasmes de pouvoir. Salam au slam qui fut inventé pour bousculer les Pinochets du son, les assassins de la mémoire, les retrécisseurs de comprenette. Le slam, c'est enfin la mise en oralité totale de l'âme sans souffleur, une concision proche de l'hai-ku et de l'aphorisme et sans la moindre musique juste la musique naturelle de la voix:   juste les sons qui sortent  du gueuloir  des sons tout nus, sans support : juste des voix nues  directement perçues par les oreilles sans le secours du moindre porte-voix, sans le secours  du moindre amplificateur, la voix sauvage comme autrefois, la voix nue  qui encourage l'art de la litote, l'art de dire peu pour exprimer davantage. Pratiquer le slam: slamer en quelque sorte, c'est tatouer les oreilles de mots frais et fringants qui mettent en branle les neurones languissants et bloqués des bloqués sur  l’image sonore fixe et fixée, figées dans la fixité  des prêcheurs à la vue courte, prisonniers d’une langue  pas du tout aérée aux frontières, à la lisière du lisier  du langage fourbe  des antipanoramiques,  slamer, c'est pactiser avec les mots et leurs sens pour activer les connexions fondamentales du cerveau droit pour mettre en branle les cerveaux lents, recréer le branchement primordial au cosmos fondamental en totale et globale expansion. La nouvelle parlure textuelle du slam enflamme les bars et les salons et les appartements de ceux qui jettent à la face des plus coriaces au langage bétonné, la souplesse de leurs personnelles textures. Le slameur est un acrobate verbal, un clameur qui surpasse la rumeur. Le slam, c'est le brame du cerf urbain verbal perdu dans la forêt bruitale et brutale, le slam, c'est le sésame du charme... L'exorcisme textuel. Rendez-vous à Slamabad: la mecque du Salamalecland,Slamabad, la ville qui s’autoproclame ville du Slam.

Julos Beaucarne  26 décembre 2007

20:22 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

d'accord D'accord avec toi Julos, c'est beau, que tout le monde soit en paix et après ce qui s'est encore passé hier: slamons!
aurélie

Écrit par : aurelie | 28 décembre 2007

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GRAND CORPS MALADE 4 Février 08 Fabien Marsaud,alias Grand Corps Malade sera en Belgique à Bruxelles àl'Atelier Théâtre de la vie le lundi 4 février à 20 heures 15 45 rue Traversière 1210 Bruxelles tel 02 219 60 06

Écrit par : Julos | 31 décembre 2007

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