15 mars 2008

Le retour du Dalai Lama

 

burki481

dessin de Burki, dessinateur du journal "24 heures"

 

Affrontements ces derniers jours à Lassa
entre les moines tibétains et l’envahisseur chinois

 

Le retour du dalaï-lama
Il paraît qu’c’était le pays
Le plus haut d’altitude, d’esprit
Ce serait bien que tu t’y rendes
Toi qui t’envoles vers l’Asie
A la recherche d’une autre vie
L’Tibet bien sûr est toujours là
Il manque juste le dalaï-lama
Le grand Océan de sagesse
A quitté Lhassa, il ne reste
Là-bas qu’une poignée de moines
En tout 50.000 Tibétains
Traités, dit-on, comme des chiens
Par des envahisseurs de l’Est
Venus d’empires jadis célestes
Ca t’étonnera peut-être un peu
Des vrais Tibétains, y en a peu
5 millions sur le territoire
Mais 7 millions d’inquisiteurs
Campent désormais sur les hauteurs
Ils ont jeté par-dessus bord
Plus d’un million deux cent mille corps
Cela fait plus de 40 ans
Que ces colons montrent les dents
Tout en haut sur le toit du monde
Interdisant tout enfantement
Sans le permis de l’occupant
Qui étouffe systématiquement
Toute vie en son commencement
De même on donne des permis d’chasse
A quelques richissimes rapaces
Amateurs fous de trophées rares
Contre un gros paquet de dollars
Ils tuent leur content les richards
Yacks sauvages, moutons argali
Sont gommés au fil du fusil
Les plus grands fleuves de l’Asie
Prennent source au coeur du pays
Mais la terre est devenue chauve
On a mis la chimie aux champs
L’eau charrie les fertilisants
Beaucoup d’arbres ont été coupés
Le désert broute la forêt
Milliers de monastères détruits
Plus de 20 siècles d’art et de vie
Ont été réduits en poudre
Toute une civilisation
Raffinée, passée au pilon
Assassinat d’une mémoire
Trop vive pour la laisser voir
Le 14 ième dalaï-lama
S’inquiète de savoir s’il pourra
Avant la fin de ce siècle
Réintégrer son pays
Sans violence et sans conflit
Voir après cette longue nuit
Le soleil se lever chez lui.
Julos Beaucarne

 
Vendredi 18 juin 93
Extrait de l'album Tours, temples et pagodes post-industriels

 

20:14 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.