03 avril 2008

Te souviens-tu des frissons de l'hiver

 

Texte_FrissonsHiver

Te souviens-tu des frissons de l’hiver, crois tu que l’hiver est parti? Chez nous dans notre hémisphère terriblement nordique, il pénètre jusqu’au coeur de nos os, le coeur de nos petits os d’êtres humains ont froid en ces temps-ci, on a l’envie d’être enveloppé par les rayons du soleil, on a l’envie d’être dorloté, chouchouté. Parfois, en plus de l’hiver du froid, il y a aussi l’hiver de l’âme quand on entend qu’on tue tout partout, des femmes, des enfants, quand on parle la bouche en coeur de boucliers anti-missiles quand les hommes de guerre, les semeurs de mort et de haine, ces anachroniques en leur logique imbécile veulent qu’il y ait encore davantage de froid sur la terre... ils tiennent le haut du pavé et nous on est là avec nos petites mains, chacun, chacune.....  on en a que deux, c’est peu pour essayer de réchauffer le pauvre monde. Comment faire pour atteindre la joie parfaite, la chaleur intérieure parfaite ? J’ai reçu les papiers pour payer les redevances radios et  télés, on nous demande de payer et si nous ne payons pas nous avons des amendes mais.... nous n’avons rien à dire sur ce qui passe à longueur de jours à la télé et à la radio... ces films de haine et de violence aux heures où les enfants regardent avant d’aller dormir, ces bombes qu’ils regardent éclater dans les films éclatent aussi dans leur sommeil, nous n’avons rien à dire sur ce qui passe à la radio bien sûr.... mais c’est nous qui payons, il n’y a que deux ou 3 programmateurs à la radio ce sont des tueurs de la mémoire, ils sont les oreilles de la Belgique francophone, c’est eux qui représentent nos goûts paraît-il, on a beau leur téléphoner, ils écoutent, disent oui oui oui.... mais ne changent rien, ils tiennent l’avenir des artisans de la chanson entre leurs mains, ce sont les nouveaux empereurs, les nouveaux dictateurs sonores, ils pactisent avec les “Majors” comme on dit, les “Majors” qui font du “sur mesure”, du ”prêt-à-diffuser”, du ”formaté” pour bien formater le public, pour que le public marche au pas et envoie ses enfants combattre en Afghanistan pour les dollars de Bush et agrandir encore davantage notre servitude, nous sommes les larbins de l’Amérique, nous sommes colonisés, on entend principalement des chansons bien formatées, des chansons qui “formatent” le public, des chansons qui ne pètent pas plus haut que leur cul pour ne pas troubler  le ronron formaté. Nous sommes les cochons de payants, ceux qu’on ne respecte pas, qu’on méprise, tout ça pour faire de l’argent pour engraisser quelques Crésus, quelques sacs d’or sur notre dos et sur le dos de nos enfants, tout ça pour engraisser encore davantage ceux qui nous tiennent en laisse et veulent nous posséder jusqu’au trognon, et je ne parle pas de ces jeux vidéos pour nos enfants et petits enfants, ces jeux où l’on apprend électroniquement la haine et la violence. J’ai froid ce matin et le soleil n’est pas encore levé.

Julos,
6 heures 36 du matin, jeudi 3 avril

08:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Deux petites mains et un gros coeur chacun, multipliés par X femmes et hommes de bonne volonté, suffiront-ils à dévier, ne serait-ce que d'un dizième de degré, la tendance mondiale et séculaire à l'autodestruction?
Dis, Julos, "rien n'est perdu, tout est à faire", ou "tout est toujours à recommencer", pour nous les oiseaux d'une île nouvelle?

Écrit par : Jilber | 03 avril 2008

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le même soleil encore et encore Juste pour mémoire, finale de la "chanson de Craonne", chant de ralliement des soldats qui en 1917 se sont révolté, refusant de faire une guerre qui n'était pas la leur....

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

{au Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !}

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

Écrit par : babel | 04 avril 2008

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