10 avril 2008

Les bébés ne naissent plus le dimanche

 

Les bébés ne naissent plus le dimanche, mon amour, on les force à sortir du ventre de leur mère n’importe quand, or, seuls les bébés savent le moment précis ou ils doivent sortir du ventre de leur mère mais souvent hélas l’homme de science  n’attend pas que le bébé frappe à la porte, il est pressé de finir sa journée, pourtant, c’est son métier de mettre au monde des bébés. On dirait qu’il a même oublié qu’il fût un bébé lui-même alors il n’attend pas que le bébé frappe à la porte pour sortir, il force le bébé à sortir parce que l’homme de science, le cerveau de cette opération magique et délicate...  eh bien... hélas, il a autre chose à faire. Pourtant c’est primordial pour un bébé de sortir au bon moment de sa maman, la maman sait peut-être mieux que l’homme de science quand le bébé veut sortir, elle le sait, elle le sent, ça fait 9 mois qu’ils vivent  ensemble, il n’y a  pas moyen de vivre plus proche que ça, ce me semble, ça me paraît être du pur bon sens, bon sang de bonsoir. C’est primordial pour un bébé de sortir au bon moment du ventre de sa mère pour pouvoir se sentir toute sa vie au bon moment, à la bonne place, à sa place quoi. La naissance d’un enfant c’est un moment fixé par les astres, par le cosmos lui même. Ne forcez pas le bébé à sortir, s’il n’est pas prêt, si vous le forcez, il se sentira brimé, il sortira inachevé du ventre de sa mère, il ne se sentira pas respecté, on lui aura appris dès sa naissance à se plier à la loi des hommes qui veulent que la terre entière avec et y compris les bébés leurs soient soumis, ils veulent dès la naissance faire tout de suite des bébés, des esclaves de la vitesse qui obéissent au doigt et à l’oeil aux diktats de la discipline scientifique, ils ne veulent surtout pas que les bébés goûtent le plaisir de naître, qui est peut-être le plaisir le plus raffiné qui soit: ce moment de sa naissance, de sa libérance, il va le retenir toute sa vie dans la mémoire  de sa chair, de sa peau.
 
Les bébés ne naissent plus le dimanche, mon amour, c’est tellement dommage. Je voudrais ne voir sortir les bébés du ventre de leurs mères qu’au moment où ils le décident. Ne forcez pas les bébés à courir dehors de leur mère, donnez-leurs leur chance de naître à leur rythme et de commencer dans la joie une vie autonome en accord avec le monde. Les hommes se croient les maîtres de l’univers, ils savent un peu mais pas tout, souvent ils ne prennent pas en compte l’horlogerie secrète de la naissance. Libérez les bébés du carcan du temps. Ca fait longtemps qu’ils sont en route. Un bébé vaut bien qu’on s’attarde à sa naissance pour faire la fête, c’est lui qui sera le demain. S’il vous plaît, ne cassez pas dès la naissance le demain des êtres à venir.
 
Julos Beaucarne 10 Avril 2008 TLG

18:53 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (12)

Commentaires

Heureusement qu'il existe sur le terre des hommes et des femmes dont les mains servent à dégager le non-sens delanaissance de ces millions de bébes aà qui on a pas laissé le choix et qu'on a poussé dehors parce qu'on n'avait pas le temps. La terre demande aujourd'hui de reconnaître maintenant l'essence de celles et de ceux à qui on a volé leur temps de naître pour n'être que des objets volés à la Vie: ces bébés détournés d'eux même dès la naissance. Catherine Tihon et Julos Beaucarne en ce jour de Vénus

Écrit par : Julos | 11 avril 2008

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tu as raison on doit laisser le temps au temps!
pas vrai, Julos?

Écrit par : aurelie | 11 avril 2008

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Laissez leurs leurs temps Laissez leurs leurs temps
Aux bébés et aux mamans
De savourer ce temps si important
De parcours si courts

9 mois seulememt
C'est si court finalement

nayan

Écrit par : nayan | 12 avril 2008

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Merci d'aborder un sujet aussi primordial! Connais-tu ce livre: Trois fées pour un plaidoyer. l'éloge d'une naissance amoureuse et consciente de Brigitte Dohmen, Corinne Gere et Christiane Mispelaere.
"Ce livre est un cri passionné de troi femmes, professionnelles de la naissance, effrayées par la disparition lente de la grossesse normale et de la naissance naturelle.

Bisous
Lazuly

Écrit par : lazuly | 12 avril 2008

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Ha si la vie était si bucolique je serais 100% d’accord. Dites-moi que faire cependant des gros bébés paresseux qui ne veulent pas, c-à-d jamais, sortir de leur cocon ? Les laisser gonfler jusqu'à ce qu'ils s'étouffent en dedans et leur mère avec ? Allez-vous me dire qu'il faut leur laisser la liberté de se suicider (et leur mère avec) avant qu’ils n’écrivent leur roman ? C’est sûr, ce n'est pas seulement à la veille du dimanche ou des vacances que l’on doit se poser cette question…

Écrit par : Bernard | 14 avril 2008

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dis moi bernard connais tu l'assistance à personne en danger,ou le danger de la non assistance
j-ph



Écrit par : boyer | 14 avril 2008

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savoir lire Bonsoir bernard,

Mais où donc à tu lu que Julos parlait de ces cas précis que tu cites? Il me semble évident qu'il est des cas où une intervention volontaire peut s'avérer nécessaire.

Ce qui est visé ici relève d'un tout autre comportement... Celui des naissances provoquées pour convenances personnelles du praticien. Absolument pas des cas de nécessité vitale ? Me trompes-je ?

Bonne soirée à toi.

Écrit par : Olivier | 14 avril 2008

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Réponse aux deux derniers commentaires : j'avais bien compris le propos merci. Cependant je n'aime pas que l'on embelisse (ou diabolise) trop les choses, donc je voulais un peu ré-équibrer le débat : oui parfois il faut forcer l'enfant à naître, non le médecin ne doit pas tenir compte de ses congés personnels pour prendre une telle décision. Voilà, c'est clair ?

Écrit par : Bernard | 15 avril 2008

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Le moment venu J'ai eu le bonheur de sentir mes enfants naître au moment où ils l'avaient décidé (à part mon quatrième bébé qui me donnait déjà du souci à deux mois de grossesse)
Sentir le bébé qui se délivre est une impression extraordinaire, unique même si cette naissance engendre parfois une douleur terrible pour la maman. Aujourd'hui, on ne peut plus souffrir, mais par là même, on n'éprouve plus la véritable sensation de la naissance. Ne parlons même pas du bien-être de l'enfant!
Oui, j'ai eu le bonheur d'attendre patiemment la naissance de mes enfants, même le médecin à l'époque était disponible le jour de la fête des mamans (quel beau cadeau)
Mais près de moi, dans ma chambre de maternité se trouvait une future maman en début de travail, en quelque sorte abandonnée par son gynécologue parce que c'était le week end et il ne voulait pas se déranger Le vendredi, il lui a prescrit des cachets pour ralentir le travail, elle est restée deux jours à attendre, le lundi, bébé semblait endormi et il a fallu provoquer l'accouchement. Quelle aberration et quelle honte pour des médecins qui ont prêté le serment d'Hippocrate de profiter ainsi de la vulnérabilité de leurs patients pour ne pas devoir se déranger!

Écrit par : Saravati | 15 avril 2008

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les bébés des heures ouvrables Oh revoici notre Bernard (dont le nom rime si bien avec "je rue dans les brancards" :-), ravie de te revoir!

Personnellement, en tant que poseuse de péridurales (même le WE, et même la nuit, si, si), je crois très fort qu'il est important que le bébé soit respecté dès sa naissance et même dès sa vie in utero pour se sentir respecté par la suite et écouter son propre rythme. D'ailleurs, on ne sait toujours pas qui, du bébé ou de la maman, déclenche l'accouchement, ni quels sont précisément les facteurs hormonaux qui entrent en action. On est loin de connaître tout de cette mystérieuse alchimie, de cette communication étrange entre un bébé et sa mère avant la naissance. Et les hommes de science, hélas, jouent souvent aux apprentis-sorciers... dans le doute ou l'ignorance, mieux vaudrait s'abstenir il me semble...

Il faut quand même savoir que dans la grande majorité des inductions "de convenance", ce sont les mamans elles-mêmes qui demandent avec insistance l'induction! Les raisons sont "je suis fatiguée" (pourtant ça parait assez normal qu'une femme en fin de grossesse soit fatiguée), ou bien "pour être sûre que ce soit mon gynéco qui m'accouche et il part ce WE..." (entre nous, c'est quand même une honte ces médecins qui prennent parfois congé le WE, qui n'accouchent pas toutes leurs patientes quel que soit le jour et l'heure, et qui se permettent d'avoir une vie privée alors qu'ils ont assermentés, houhou.... honte à eux!) ou pour ne pas que l'enfant arrive "à un moment qui ne nous arrange pas" et là, je me dis que c'est fou, que ça commence fort... souvent je me retiens de dire "il vous en fera bien des choses pourtant à un moment qui ne vous arrange pas, autant vous y faire tout de suite!". Et ça me touche ce manque de respect dès le départ. C'est un signe des temps je pense... "tout, tout de suite et quand je veux"...

C'est sans compter qu'une induction déclenchée quand le corps de la maman n'est pas prêt, quand le col de l'uterus n'est pas "mûr", conduit parfois à une césarienne en urgence car le bébé ne descend pas.

Je suis fortement opposée à ces inductions, sauf raison médicale évidemment, je ne parle pas des inductions nécessaires d'un point de vue médical. Elles ne sont hélas pas les plus nombreuses dans certains centres.

Merci beaucoup Julos pour ce texte.



Écrit par : L'endormeresse | 15 avril 2008

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merci bernard c'est clair,le poète est un voyageur de l'extrème,nous voyageons avec lui,tout en sachant regarder le réel,enfin ce qui nous le semble.
tout le monde à besoin de repos et le respect de sa vie privée,peut-être par manque de moyens divers ses conditions ne peuvent-être tenues.enfin moi ce que j'en dis.......
amitiés à tout le monde,bien vrai julos!

Écrit par : j-ph | 15 avril 2008

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C'est pour cela qu'existe les sage-femmes :-) Elles privilégient la physiologie et ca, c'est primordial ! (Rappelons, tout de même, qu'elles sont compétentes pour les situations eutociques, en dehors de toute anomalie médicale, pour laquelle elle fera, alors, appel à un médecin.)

Merci pour votre article, si poignant de vérité! Bravo!

Écrit par : Imani | 11 mars 2011

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