24 juillet 2008

Il était une fois la Belgique?

 

Depuis qu'on a fait de nous des frères ennemis, je marche divisé dans mon propre pays, une partie de moi n'est plus à moi, je dois donc me contenter de moi et de mon pays rétréci. Pourrons nous revenir en arrière ? Mes frères du nord disent que j'ai perdu le nord, mes frères du nord perdent-ils le sud? Combien de temps avons nous marché côte à côte? On ne nous as pas demandé notre avis au moment de nous mettre ensemble, c'était avant-hier et même bien avant que nous ne soyons nés, on ne choisit pas où l'on va naître: juste… on naît… on devient conscient bien plus tard du lieu de notre atterrissage. Qui nous a séparés? L'argent, la langue, la politique? Les guerres? Les humains peuvent-ils se réconcilier? L'allergie entre les deux peuples est-elle consommée? Est-il possible de se réconcilier et pour se réconcilier que faudrait-il ? Des interprètes? Des conciliateurs conciliants pour se parler, oser se dire franchettement avant d'établir le tracé d'une frontière mais on sent confusément que ça sent le roussi. Les frontières intérieures sont pires que les frontières réelles les langues des humaines et des humains sont toutes de couleur rouge mais les uns tirent la langue pour signifier aux autres leur rejet. Ils ont raison ou ils ont tort et il semble que tout retour en arrière est impossible….. nos frères ne veulent plus qu'on les appelle «frères». Ils nous disent qu'ils en ont assez, ils disent que nous les avons exploités, ils disent qu'ils paient pour nous. Le pays est devenu un puzzle: très fort sera celui qui recollera les deux morceaux, il n' y a pas de colle assez forte disent-ils. Il n'est pas encore né celui qui trouvera la sortie du labyrinthe!

De chaque côté de la frontière linguistique des montagnes de préjugés se dressent ……

J'émets naïvement le souhait que même si les murs sont mitoyens, même s'il faut se séparer, que ce soit en douceur, sans haine et sans rejet aussi bien pour les natifs de ce pays que pour les immigrés car que nous soyons du nord ou du sud nous serons désormais tous et toutes des émigrés de l'intérieur. Un pays met longtemps à se faire mais il faut peu de temps pour le défaire. Les mythes ont détruit lentement le tissu social de la Belgique d'antan.  

 

Julos Beaucarne  Methamis le 24 juillet 08

 

 

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20 juillet 2008

Raoul Duguay

 

 

Aniv Yol

 

Pour mon anniversaire le 27 juin, Yolande Berteyac et John Peter son ami avaient organisé une belle fête chez eux à North Hatley près de Sheerbroke. Ils avaient invité mon ami Raoul Duguay.

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18 juillet 2008

Objet détourné de Tym

 

Tym faisait une exposition au théâtre de Lachaussée le temps des deux spectacles que Barbara, Patrick et moi y avons donnés.
 

tym

photo Francis Jaquesson

 

Voici ce qu'a écrit Tym le créateur de ces objets détournés:


"Le mécanisme compréhensible a de moins en moins sa place autour de nous.
Des dissimulateurs armés des pouvoirs de la haute et des nouvelles technologies se sont emparés de sa simplicité élémentaire. Nos vies qu'ils prétendent simplifier, s'en trouvent bouleversées et très dépendantes avec au final, infiniment plus de complications. Nous subissons plus que nous désirons l'amélioration excessive des conforts de toutes sortes, physiques, esthétiques, mécaniques et autres."
 

 

 

 

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Lachaussée

 

theatre

 

 

La salle de la Grange-théâtre à Lachaussée-Sur-Meuse  le 1 juin 08
photo Serge Balosso
 

 

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17 juillet 2008

La Tâtonneuse

La tâtonneuse

Je vivais à la tâtonneuse
Dans les coulisses de l'exploit,
Mâchonnant une tubéreuse,
Pensant un peu beaucoup à toi,
Puis pas du tout, il faut le dire
Tout franchettement mon petit.
Les piranhas du souvenir
Ramenaient les effluves d'un lit
Faut-il partir pour le polaire
Horizon et rapporter
Le saxifrage du Spitzberg
Dans du papier glacé.
Moi qui ressemble à s'y méprendre
Aux tulipes noires des prés,
J'étais prêt à t'offrir Port-Vendres
Où je ne suis jamais allé.
Ton père disait: "Les mouches d'or
Se posent aussi sur le crottin" .
Les pistons de mon coeur sans port
Cognaient, j'avais comme un chagrin
Et ma petite voix d'insecte
Ne pouvait tien rien contre le bruit
Je mêlais ma complainte sourde
Aux cris du fleuve le samedi.
C'était l'époque du 6 brumaire,
Je collectionnais les galets,
Je déplaçais les bords de mer
Dans le sable de mes palais.
Et dans la fraîcheur de l'aube,
Aux frétillements des papillons,
J'ajoutais les vers d'un rhapsode
Aux myriapodes des klaxons.
Penché sur moi, le vieil Homère
Buvait tranquillement son thé.
Nous vivions à la p'tite semaine,
Virgile nous téléphonait.
Vous étiez toujours absente
Aux rendez-vous de nos lectures.
Vous dormiez dans une autre chambre
Près de la Baraque Fraiture
Sur une boîte de bonbons
Je vis votre photo soudaine.
Vous donniez à un garçon long
Votre main, la faridondaine,
Tandis qu'un clown au rire sanglant
Essayait de vous faire sourire.
Petite fille vous aviez vingt ans
Et vos dents étaient d'origine.
Parcourant les supermarchés
A la recherche du photographe
Je sus que vous aviez quitté
L'Europe aux anciens parapets.
Je me rendis au bord des mers
Et rêvai lentement sur le sable
A la fragilité du verre
Du cristal du Val-Saint-Lambert.
Si j'ai reçu depuis de vous
Quelques messages télépathiques,
C'est grâce sans doute aux satellites.
Et votre voix qui sur Telstar
Se cogne venant du bout du monde.
Piège pour mon coeur encore plus noir,
Un peu meurtri dans sa faconde,
Qui vous cherche toujours le soir.

Julos Beaucarne

Chanson qui se trouve dans le disque:
"Arrêt facultatif" 1972

P1060184

 

Dans l'atelier du sculpteur Milutin Mratinkovic
 France 55300 Saint Mihiel
 

17:32 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)