05 octobre 2008

Ô Ardenne

 

Ô Ardenne, tu fais partie de ma vie, tu m'as ouvert la voie, j'ai écouté ta voix quand le vent soufflait fort, ô les Elfes, frôlez nous de vos ailes fragiles et vous les nutons, travailleurs de la nuit, on a besoin de vous en ces temps difficiles et vous les 4 fils Aymon et le cheval Bayard si tant légendaire que d'en parler, j'en tremble, vous les 4 fils qui résistèrent à l'empereur Charlemagne, ô vous "Renaud Robert, Giscard, Allard, nous avons vu vos étendards" et toi l'enchanteur Maugis grand magicien inoubliable où es tu maintenant toi qui avait promis de revenir à chaque siècle pour crier haut et fort que la poésie n'est pas morte ni les chants ni les ballades, ni les chansons d'amour. Ô Ardenne, je t'ai tant marchée tant le jour que la nuit entre Oignies des ardoisières et Fumay sur la Meuse. Forêt profonde on ne peut sortir de toi indemne et toi ma Semois ma rivière mythique avec ton peuple volant de libellules bleues. Ardenne avec tes granges où séchait le tabac, Corbion, Frahan, Porcheresse, Daverdisse, nous passerons le gué pour rejoindre la belle.

Ardenne, tu m'as chuchoté tes mystères à l'oreille, tu es rentrée en moi par les pieds. Ô les rochers, les méandres, le tombeau du géant, "ô Meuse endormeuse et chère à mon enfance"*. C'est aussi ton odeur, ton parfum d'humus et de terreau et de terroir c'est ta sauvagerie. Chez toi on peut marcher tant que le jour est long sans voir une maison ni un habitant. Celles et ceux qui t'habitent apparaissent et disparaissent comme des mirages à la vue d'un vivant, les fées sont si nombreuses que le parfum du vent enivre les oiseaux de nuit qui veillent en haut des chênes si vieux que les siècles jamais ne les voient dépérir. Ardenne, j'emboucherai le cor de chasse pour faire vibrer les souvenances anciennes, pour faire revenir de la nuit des temps, les rouliers de jadis, les colporteurs. Sangliers, biches, cerfs, renards montrez vos museaux et brandissez vos bois, vous êtes dans ma peau pour toujours et pour jamais. 

*référence à Peguy  

 

Julos Beaucarne Tourinnes-la-Grosse le jeudi 25 septembre 08

 

P1080907

 

 

23:49 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

ainsi Ainsi endormeuse et chère à ce que je dis mon enfance, Meuse, que je n'ai goûtée que tard.
Tes salons de tapisseries vertes et brunes, tes tapis sonores, où s'immobilisent le givre et la biche, et..
ta boue, lourde, épaisse
garante de nos solitudes partagées.
ta boue
qui tient mes racines entre ses dents
et me fait pissenlit dans le meilleur des cas, ou sédentaire au coin de la chauffée, le plus souvent, le regard dans ce mélange de vert et de gris, où la myopie n'est d'aucune aide.
Meuse, qui tient l'alcool de tes charmes dans le suc de ses racines, de ses ravines, et referme sur les sangs versés par tous les Charcutiers Historiques, la pudeur des fagots.

Écrit par : babel | 07 octobre 2008

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