13 octobre 2008

Extrait de « ENSEMBLE » Journal du Périgord Noir ……..

 

 

On ne le voit jamais à la télévision. On l'entend rarement sur les radios; il ne fait pas la une des journaux; et pourtant Julos Beaucarne demeure l'un des derniers troubadours à tenter de remuer le monde. Ce Belge, amoureux de son pays, se bat depuis cinquante ans en chantant à tous les vents des valeurs en voie d’extinction.


Je l'ai retrouvé en cette soirée de printemps, aussi malicieux et tendre dans son répertoire qu'à la première rencontre, il y a près de 24 ans à La Rochelle.

Il nous parle d'amour au détour d'une ballade sentimentale. Il nous plonge dans l'euphorie avec une ritournelle en wallon, en mimant un improbable tango argentin.

Il pointe du bout de sa voix, les menaces de notre temps dans des sonorités profondes. Il joue les chansonniers dans un diatribe anti-américaine et dénonce l'inculture de son président.

L'émotion nous étreint totalement quand il murmure : « Les naufragés de l'Alzheimer » ou « Femmes et Hommes de la texture …. ». 

Il excelle dans les jeux de mots et pratique les virelangues avec une aisance déconcertante. Il est habité par la poésie et défend en musique les mal-aimés et les exclus en quête d'identité... Il a transcendé ses blessures dans des phrases douce-amères, mais il conserve l'autodérision et la simplicité des grands artistes.

Tantôt caustiques ou empreints de tendresse, ses textes touchent les cœurs les plus endurcis. Avec lui le temps est aboli, nous sommes transportés sur une autre planète inconnue dans notre galaxie.

Quel régal de pénétrer son univers et de partager ces moments de joie pure.

Il faudrait de nombreux Julos pour oublier la grisaille et la tristesse que nous voyons dans les yeux de nos semblables.

C'est en prenant le chemin les moins fréquentés qu'il a su préserver son talent, loin des sirènes de la célébrité et du show-biz. Il reste authentique et intègre dans son parcours créatif.

MM les programmateurs de télévision, oserez-vous un acte de courage en montrant un jour, une fois, ce baladin anti-formaté à la place des sempiternelles et insipides variétés réchauffées?

Il ne s'agit pas de gros sous en l'occurrence, car Julos Beaucarne ne fonctionne pas pour la monnaie, mais pour semer du bonheur autour de lui. J'espère qu'il n'a pas fini de nous enchanter - au sens propre du terme - et surtout de réveiller nos consciences somnolentes.

 

Annie Balester Octobre 2008

 


09:12 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)

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