14 décembre 2008

Le livre de ma vie

 

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J'ouvre en panoramique le livre de ma vie, j'y vois des fonds et des bosses des tristesses si profondes parfois qu'il m'a fallu quelques années, non pas pour les oublier..... ça me semblait impossible et dangereux, mais pour essayer de comprendre, de percer le secret de l'absurdité qui fondait sur moi sans crier gare et me foudroyait, cependant malgré ces froids qui traversaient de part en part mon âme ,j'ai tenté de garder le cap de l'amour, de l'amitié et de la douceur nécessaire pour continuer à marcher sur ma propre route malgré le chiffre de mon âge qui s'affichait sur le compte-tours de mes jours.

A part le chiffre de mes jours je n'ai pas réussi à "faire du chiffre" comme disent les prêtres de la "marchandise" et du merchandising. Mais j'ai essayé d'envoyer aux 4 coins du monde des oiseaux de paix. Je ne voulais être qu'un parfumeur psychique. Ma mère bien aimée qui m'a débarqué sur les quais de ce monde le 27 juin 1936 ma mère qui m'a donné vie, est née, elle, en l'autre dimension en 1960 pendant que j'étais dans les Afriques et mon père, lui, en 1974  a laissé ses outils, son poste à souder et toute sa clientèle de fermiers bons vivants qui venaient le voir et piquaient volontiers une jasette avec lui dans l'atelier devant l'enclume ou autour du grand soufflet de la forge qui faisait rougir l'acier.

Me reste par bonheur ma grande soeur aînée et mon grand frère et je savoure le bonheur de les croiser au hasard la chance et nous rions ensemble et nous nous souvenons. 

Chaque minute est précieuse et se savoure comme un grand vin millésimé, savoureux qui nous donnerait des nouvelles du soleil.

Derrière nous dans les ans une forêt d'enfants grimpe vers la lumière et le bonheur est encore dans le pré malgré cette sourde peur de la déferlante violence du monde. Je pense beaucoup aux enfants aux petits comme aux grands que l'on tue ou qui se donnent mort à eux-mêmes ou qui deviennent soldats à l'âge ou d'autres vont encore à l'école, je pense à celles et à ceux qui se mutilent et s'enlaidissent, je pense à eux le soir à la solitude de celles et de ceux qui ont perdu leurs parents dans d'absurdes guerres et que plus aucune maman ne vient border et embrasser au seuil de la nuit. Ils sont à la merci des violeurs, des tortionnaires et leur petite âme n'est pas en mesure de surmonter leur peine. C'est à elles, c'est  à eux que je pense quand je m'endors tranquillement dans mon lit, dans ma maison, dans mon pays.

Je leur envoie des pensées d'amour. Je sais que c'est peu mais je sais aussi que c'est beaucoup.

 

Julos le 12 décembre 08

 

00:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

bien reçu accusons réception de vos pensées.
c'est la seule chose que nous accusons....d'ailleurs. (comme ici).

Écrit par : babel | 14 décembre 2008

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des trésors parfumés Ô Julos, le chiffre que tu as réussi à faire ne chutera jamais en bourse . Il est composé de trésors de tendresse et d'amour diffusés aux 4 coins du monde...

Écrit par : paula | 14 décembre 2008

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Merci Julos pour ce beau texte.
Je le fais suivre à quelques amis.
Bien à toi.
Gilles

Écrit par : Gilles Poulou | 15 décembre 2008

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Quelle douceur! Merci Monsieur Julos.... merveilleux... je garde un souvenir éclaboussé de tendresse d'un de vos concerts.... dans les années 70, quelque part en Lorraine... et puis cette phrase : l'amour c'est la totale totalité etc etc.... je vous ai souvent cité!!! sachez que vous êtes notre invité permanent... quelque part en Provence de là où j'écris... ds notre modeste demeure!
A un de ces jours? peut-être!!!
Trés amicalement
Marie

Écrit par : Marie | 16 décembre 2008

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Bon sang, mais c'est biensûr! C'est tellement évident, qu'il faut le répéter, le sloganiser : de la tendresse! de la tendresse! A l'heure où l'on tintamarre le Noël commercial, je pense qu'il faudrait que le vrai Noël, celui où l'on compatit, où l'on s'intéresse au sort des plus démunis, ce soit tous les jours.

Écrit par : Moinette | 17 décembre 2008

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