14 février 2009

Hommage à Camille assassinée à Rouen par sa meilleure amie, hommage aussi aux bébés de Termonde

 

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi.

 

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi du temps que j’étais mort, paisible et sans menace aucune en amour total avec le cosmos.

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi et je me suis parlé comme on parle aux vivants dans la candeur d’un langage pur.

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi du temps que j’étais mort dans la lumière mauve, il y avait des jeunes gens morts dans des accidents de voiture, des jeunes filles nouvelles qui ressemblaient à des jonquilles sauvages de printemps.

Il y avait des bébés qui venaient de naître et de beaux regards adolescents.

J’ai pris par la main ce peuple disparu et nous avons couru comme des fous à la recherche de rien, à la recherche de tout, riant, pleurant heureux et intarissables, infinis.

Nous n’étions plus ces êtres périssables qui avaient peur, nous avions bel et bien péri, elle était finie l’angoisse incoercible du néant.

Quand tu iras sur la tombe de toi du temps que tu seras mort, quand tu iras dans le jardin joli de la taciturne et tant bavarde mort si tant ancienne, quand tu auras franchi la dernière barrière

et quand les fleurs et les oiseaux de la nuit t’accompagneront en cortège, pense au regard de la lune et à l’adolescence du soleil.

Quand l’ici et le maintenant seront partis, quand ils auront fait le saut par la fenêtre, quand les portes de tes beaux yeux seront closes quand tu naîtras ailleurs, te souviendras-tu du temps où nous étions toi et moi si tant vivants, enroulés l’un dans l’autre comme des amants dans la parfaite joie du vivre.

 

Julos Beaucarne


je

Spectacle ce dimanche 15 février à 15 heures

maison de la Culture et des loisirs 02430 GAUCHY(F)

 

22:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

Bonne jasette au jaseur et à ses compagnons de voyage à Gauchy

Écrit par : paula | 14 février 2009

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Je me suis rendu sur la tombe de Camille ce matin, il gèle et le ciel est bleu. Je lui ai parlé, elle n'a plus froid de l'autre côté du décor. Elle m'a sourit de son sourire de l'innocence et de la jeunesse. Elle m'a dit de ne plus pleurer, qu'elle avait trouver la paix que nous cherchons tous. Elle m'a dit que nous avions aussi une grande chance d'avoir un grand monsieur comme Julos pour simplement nous écouter.

Écrit par : Christian | 15 février 2009

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Demain dès l'aube Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

Écrit par : Jilber | 15 février 2009

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"Il ne restera de nous qu'une poignée de sables, les souvenirs très doux des heures passées à table à partager le même pain."
Philippe Forcioli

Écrit par : Gilles | 15 février 2009

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14-02-2009 23h45 Quand je t'ai vu en partant je n'ai plus te dire que "merci", et c'est vrai quel bonheur de t'écouter et de te voir.
En t' écoutant davantage le monde pourrait peut être devenir un peu plus sage et surtout plus égalitaire.
Liliane et Gérard d' Argenteuil

Écrit par : Liliane et Gérard SIVADIER | 16 février 2009

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J'ai pensé très fort à vous tous, hier. rassemblés à Gauchy.
Merci Julos, de ce texte en hommage à Camille, et pas seulement, hélas.

Écrit par : jeanne | 16 février 2009

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Que du bonheur ce dimanche à Gauchy. Avec, parfois, de grosses larmes qui poussent aux yeux, comme lors de ce bel hommage à Camille. Merci Julos pour tout ça.

Écrit par : Jean-Damien | 16 février 2009

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quel spectacle émouvant hier, à Gauchy!
toujours de la poésie, de la tendresse, de l'humour et de la générosité dans tes chansons et la pure voix de Barbara...
et puis ce magnifique texte, ô combien bouleversant que tu nous lis si bien pour Camille (mais aussi pour toutes les victimes innocentes) bien sûr, on a le coeur chaviré, bien sûr, on a des noeuds de chagrin partout, bien sûr, les émotions nous submergent et les digues des larmes sautent...mais, même s'ils font mal, tes mots ne sont-ils pas là pour aider à cautériser la douleur, à nettoyer cette plaie qui, même si elle restera béante à jamais doit pourtant être pansée, soignée délicatement par l'effleurement du souffle de la compassion, de la tendresse...de la communication par delà l'autre côté du miroir!

Écrit par : Irène Pergent dite "la Perjeanne" | 16 février 2009

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Merci Julos, pour la tendresse, la chaleur des mots, le partage, l'espièglerie aussi et puis votre voix... votre voie.
Merci de notre part et de celle de nos enfants.

Écrit par : annie | 16 février 2009

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merci Si tu la croises un jour à la pointe du jour
Elle t'emmènera, sûr, pour te montrer l'amour
Et ces ombres de Chine qui deviennent lumière
Et ces vagues toujours qui retournent à la mer
Qu'on avait cru perdues, c'est celui qui revient
Quand ton âme des nues a perdu son chemin
Camille, quand elle est là, c'est le chant des marins
Que tu entends au loin, c'est le dessin d'un sein
Qui fait oublier ce mal que l'on s'est fait pour rien
Camille, c'est pas la fin, c'est juste nos destins
C'est un peu comme un don, un tableau italien
C'est un quatre septembre qui se marie en juin
Camille s'endort dans son appartement
Sa mèche de cheveux qui fout le feu à la cinquième
C'est New York qui a froid et moi aussi, je crois
Mais de la voir, posée là au centre des ombres
Je m'assois à ses hanches, et je regarde grâce
Et puis, quand je m'y penche sans prendre trop de place
Moi, je suis la rivière de ses yeux qui "lumièrent"
L'oxygène à ma flamme

merci pour ce moment de ce dimanche 15 février 2009 qui restera dans ma mémoire pour toujour
merci

Écrit par : benoit | 17 février 2009

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un petit commentaire tardif... mais mieux vaut tard que jamais.
Mon frère , 50 ans cette année vous écoute depuis bien longtemps. Un jour, il m'appelle et me propose de l'accompagner à Gauchy, Je ne connaissais rien de vous sinon Totor, tu t'uses et tu te tues ... ainsi que quelques paroles de vos chansons qu'il me citait au fil de nos conversations. J'ai tout de suite accepté en lui répondant que cela me permettrait de vous découvrir et je ne regrette rien. Vous m'avez émue, enchantée. Et maintenant, je vous écoute souvent.
Merci, merci pour votre générosité et votre gentillesse

Écrit par : Annie KOQUERT | 14 avril 2009

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