31 mars 2009

Peinture vue au musée de Piconrue à Bastogne

 

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Il paraît que ceux qui sont proches de Dieu l’ont entendu murmurer dans sa barbe qu’il regrettait souventes fois d’avoir créé l’homme: «Je pensais que j’avais fait l’homme à mon image et à ma ressemblance, disait-il, et je me rends compte que si l’homme a été fait à mon image et à ma ressemblance, qui suis-je donc? Suis-je un pur salaud? Ça fait tant et tant d’années que j’ai planté l’homme sur la terre qui était jadis luxuriante et magnifique et l’homme l’a mise à sac.
L’eau ma plus belle création a été salie, violée, polluée, pourrie. L’être humain a détourné le cours du grand fleuve de la grande Vie.
Mais, vous savez bien, quoiqu'il arrive, rien n'est perdu tout est à faire mais il est plus que temps de retrousser nos manches»


Julos  31 mars 2009 

 

22:33 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

22 mars 2009

La moule perlière

 

Les moules perlières sont des chefs-d’oeuvre en péril, c’est rare qu’elles fabriquent encore des perles, hélas! Vous savez bien: le monde a bien changé. La pollution des rivières, les multinationales du genre Monsanto (Monsanto subito met la terre sur le dos), les multinationales des insecticides et des herbicides ont mis en péril l’équilibre naturel de la nature, tout cela au nom du pèse et du fisc (excusez- moi de me répéter)....... Les multinationales donc, ont mis en péril la patience des moules perlières qui fabriquaient si tant patiemment jadis des perles splendides et recherchées. La perle de son petit nom ”Margaritifera Margaritiféra” est devenue plus que jamais une perle rare.

Où est le temps où Marie de Medicis (Dieu ait son âme et la mienne quand il lui plaira!), où est le temps où Marie de Médicis (qui naquit en 1573 et rendit sa belle âme à Dieu en 1642), où est le temps où Marie de Médicis, la bien nommée, se faisait faire une robe avec 40.000 perles provenant des moules perlières trouvées dans une foulititude de rivières européennes, il avait fallu ouvrir plus de 40 millions de moules perlières, un travail de titan, pour arriver au chiffre impressionnant de 40.000 perles. Quelqu’un sait-il ou se trouve actuellement cette fameuse robe de Catherine de Médicis, dans quel musée? Pour que nous allions contempler ce pur chef d’oeuvre en cortège? 40 000 perles excusez du trop! L’exploit n’est pas prêt de se renouveler.......

La moule perlière vit longtemps... 100 ans parfois et il parait qu’une moule scandinave aurait vécu 286 ans, qui dit mieux?

Parlons des moyens de locomotion de la moule perlière. Son taxi préféré, c’est la truite fario (soit dit en passant, je trouve cette truite très altruiste) en effet la moule perlière s’accroche aux branchies de la truite en formant un petit kyste et dans ses déplacements en tant que passagère clandestine à bord de la truite, elle prolifère joyeusement.

Les moules adultes sont sexuellement matures entre 12 et 20 ans et elles peuvent encore se reproduire au delà de 70 ans, ça me donne de l’espoir.

Pour que vive la moule perlière il faut des rivières proches de l’état naturel, pauvres en nutriments et en calcium. La qualité de l’eau doit être excellente, la présence d’un courant est indispensable. La moule perlière est une excellente indicatrice de la qualité de nos cours d’eau. Les engins motorisés, les rejets d’eaux usées, l’accès du bétail à la rivière, les canoés, les kayaks détruisent le fragile équilibre nécessaire à la naissance des moules perlières. En plus ces extraordinaires bivalves purifient également l’eau, les moules perlières côtoient d’autres espèces dans les rivières comme la mulette épaisse, la petite lamproie de rivière, le chabot, la loutre, la cigogne noire, le martin pêcheur et le cingle plongeur et au-dessus de ces rivières propres, volètent également les papillons, les libellules et autres invertébrés invraisemblables.

Méfiez vous de l’eau qui semble dormir, elle est habitée par de somptueux personnages, fragiles, ingénieux et généreux.

 

 

Julos Beaucarne pour Natagora

inspiré par un article de Grégory Motte

g.motte@mrw.wallonie.

 

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12:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (8)

16 mars 2009

Anne de Bretagne

 

platane pleureur

 

C’était au temps où nous chantions à Langan au “Trousse-Chemise” chez Jean-Paul et Claudine Brun en Bretagne, de presqu’Angleterre, de presque mer pas très loin de Rennes. Nous logions dans un château. Il y avait là quelque chose des mille et une nuits: un parc immense avec des étangs où des branches d’arbres traînaient dans l’eau et se prenaient des bains permanents. Il y avait des platanes “pleureurs” tricentenaires qui laissaient nonchalamment leurs branches horizontales immensément longues rejoindre presque le sol. La châtelaine faisait tant que le jour est long des paniers en osier très habilement, elle avait une chienne très grande: une sorte d’animal mythique, une manière de cerbère pacifique.

C’était la saison où par tradition, on coupait, nous a-t-on dit les petites branches des jeunes chênes pour faire des fagots de petits bois pour allumer le feu dans la maison, l’hiver quand le temps était de travers.

Dans une prairie immense errent nuit et jour un poney et un âne, l’un comme l’autre entrent en méditation et restent des heures immobiles à la manière de Bouddha qui méditait de très longs jours et nageait comme qui dirait dans un grand océan d’amour. Cher âne, cher poney vous devez avoir une vie intérieure intense.

La châtelaine ”Anne de Bretagne” quand elle quitte ses paniers d’osier fait des confitures savoureuses de toutes sortes, elle fait même de la confiture de nèfles, du vinaigre de cidre et autres remèdes. Le châtelain s’appelle Alfred, il est originaire de Switzerlande, il est facteur d’orgues.

Dans la maison il y a plusieurs pianos à queue et une épinette au doux son, bref, un instrument de paix. Les chambres sont immenses, on doit marcher longtemps avant d’arriver à son lit, un tant soit peu surélevé. Il est recommandé de ne pas faire de cauchemars, vous risqueriez de tomber de votre lit. Il y a de longs couloirs à n’en plus finir, certains parmi nous se sont perdus et par bonheur nous les avons hélés avec un cor de chasse. Il y avait dans ce château tout un air d’ancien monde, plein de secrets, de livres précieux, ancien monde si tant tellement poétique qu’on avait instantanément le goût d’écrire et de décrire chaque pièce, chaque porte, chaque serrure pour se ressouvenir.

J’allais oublier de vous parler du potager entouré de murs où persiste un microclimat particulier. C’est là qu’Anne de Bretagne parle aux plantes et aux oiseaux, elle a les doigts verts, ses mains sont si habiles qu’elle ferait des yeux à un chat. Qu’elle soit remerciée et le maître aussi, à qui nous avons demandé de faire la photo souvenir qui est sur cette page.

On annonce déjà un retour à Langan vers novembre peut-être: affaire à suivre.  

 

Julos - 16 mars


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22:17 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

10 mars 2009

La fourmi qui voulait boire la mer.

 

souche

 

Que faisiez vous sous la souche d’un arbre millénaire avec vos gobelets de pierre pour boire la liqueur qui ressuscite, le simple fait de boire nécessite la présence d’une grue pour soulever ces récipients taillés dans le roc et remplis d’Ambroisie: cette boisson qui fait jubiler tous les neurones et réveille la mémoire et lui donne cette incandescence incroyable de l’Amour et prépare la réplique qui tombant juste et à pic, clôt merveilleusement le débat.

L’Asie, qu’en sais-tu, qu’en sait-on...? En fait, j’en sais si peu que c’est peu de le dire à haute et intelligible voix.

Que faisiez vous avec ce chapeau presque chinois de riziérien rieur en ces pays asiates où vous aviez le goût vertigineux de voyager, d’écrire, de rire, de boire, avec les yeux, les paysages, de scruter les visages, de rencontrer des âmes. Vous aviez reçu un visa et un passe-droit de scrutaison, un droit d’enregistrer des langues et des voix inconnues, et parfois au bord d’être perdues, faute de locuteurs, faute d’écouteurs, en résumé, j’avais reçu permission de percer le secret des civilisations nouvelles et aussi le secret de celles qui sont en voie de presque disparition sous la pression des pouvoirs ayattoliques qui veulent privilégier la voie unique au détriment des milliards de voix naturelles qui prolongent et raffinent et perfectionnent l’art archaïque du vivre.

Mais ceux qui monopolisent les ondes hertziennes s’attaquent à ce qui est naturel et vient du fond des âges, ils sont persuadés d’être dans le vrai pour le bien, disent-ils, de l’humaine humanité. Ils sont voraces c’est le combat des voraces contre les coriaces........ ils entretiennent et perpétuent avec voracité les causes mégalomaniaques et fricailleuses en prétendant qu'elles sont les meilleures et ce faisant mettent en péril la traditionnelle recherche personnelle du vivre meilleur et mieux, peut-être chaque personne est une civilisation à elle toute seule, chacun a son mot à dire dans le concert mondial, chacune, chacun a un secret à révéler à la face du monde mais les contrôleurs de secrets veillent, le rêve serait-il devenu illégal pour les promoteurs de la voix unique pourtant...... plus il y a d’êtres sur terre plus il y a de pistes, plus il y a d'éclairages variés de l'humaine condition.

Peut-être pensez vous que vous êtes juste une petit fourmi alors que vous êtes aussi large que l'univers lui-même et vous vous demandez aussi parfois si une fourmi est capable de boire la mer? La question reste posée.

Si vous croyez pouvoir répondre à ces questions monumentales, envoyez vos réflexions au bureau du journal.

Une seule chose me semble certaine : "Si la mer bouillait 3 heures, il y aurait pas mal de poissons cuits."

 

Julos ce lundi 9 mars 09

 

 

20:42 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

Le retour du Dalaï-lama

Ce 10 mars, c'est le 50ème anniversaire de la fuite de Lhassa du 14ème Dalaï-Lama.

Il paraît qu'c'était le pays
Le plus haut d'altitude d'esprit
Ce serait bien que tu t'y rendes
Toi qui t'envoles vers l'Asie
A la recherche d'une autre vie
L'Tibet bien sûr est toujours là
Il manque juste le Dalaï-lama.

Le grand Océan de sagesse
A quitté Lhassa, il ne reste
Là-bas qu'une poignée de moines
En tout 50.000 Tibétains
Traités, dit-on, comme des chiens
Par des envahisseurs de l'Est
Venus d'empires jadis célestes.

Ca t'étonnera peut-être un peu
Des vrais Tibétains, y en a peu
5 millions sur le territoire
Mais 7 millions d'inquisiteurs
Campent désormais sur les hauteurs
Ils ont jeté par-dessus bord
Plus d'un million deux cent mille corps.

Cela fait plus de 40 ans
Que ces colons montrent les dents
Tout en haut sur le toit du monde
Interdisant tout enfantement
Sans le permis de l'occupant
Qui étouffe systématiquement
Toute vie en son commencement.

De même on donne des permis d'chasse
A quelques richissimes rapaces
Amateurs fous de trophées rares
Contre un gros paquet de dollars
Ils tuent leur content les richards
Yacks sauvages, moutons argali
Sont gommés au fil du fusil.

Les plus grands fleuves de l'Asie
Prennent source au coeur du pays
Mais la terre est devenue chauve
On a mis la chimie aux champs
L'eau charrie les fertilisants
Beaucoup d'arbres ont été coupés
Le désert broute la forêt.

Milliers de monastères détruits
Plus de 20 siècles d'art et de vie
Ont été réduits en poudre
Toute une civilisation
Raffinée, passée au pilon
Assassinat d'une mémoire
Trop vive pour la laisser voir.

Le 14ème Dalaï-lama
S'inquiète de savoir s'il pourra
Avant la fin de ce siècle
Réintégrer son pays
Sans violence et sans conflit
Voir après cette longue nuit
Le soleil se lever chez lui.

Julos Beaucarne
Vendredi 18 juin 93

La chanson se trouve sur le disque
"Tours, temples et pagodes".

18:08 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

07 mars 2009

Le conte des mensonges

 

la meuleok
 

 

Il y avait une fois quatre hommes qui étaient montés sur une pierre de moulin qui flottait sur la Meuse, le premier était aveugle, le deuxième manchot, le troisième cul-de-jatte et le quatrième tout nu.

Au moment où ils allaient passer sous le pont des Arches, voilà l’homme qui était aveugle qui crie: « Je vois un corbeau en l’air » alors l’homme qui n’avait pas de bras visa le corbeau avec son fusil et le corbeau tomba, ça fait que l’homme qui n’avait pas de jambes se mit à courir, il a rapporté le corbeau et l’a donné à l’homme qui était tout nu en lui disant: « Mets ça dans ta poche ».

 

Menterie populaire de Liège

dans le disque « Julos chante pour les petits et les grands »

Editions Louise Hélène France

 

 

Vincent

22:01 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)