23 mai 2009

Extramuros

 

Crois moi, crois moi pas, ce que je n’ai pas fait demain, je vais tâcher moyen de le faire avant-hier. A ce rythme, j’arriverai à ma fin avant même de naître.

Où est le chemin du retour vers l’éternité, vers où faut il aller, vers quelle étoile?

Il paraîtrait que nous venons tous et toutes des étoiles. Ma marche “extramuros”  vers le cosmos, cet immense microcosme à l’envers, est-elle commencée?  Peut-être qu’à chaque sortie d’un être humain dans l’espace silencieux de lui-même,  peut-être qu’à chaque départ d’un homme d’une femme et d’un enfant, la si tant vieille éternité recommence et renaît...? Qui ensemence les plaines de la mer? Qui encense sans discontinuer la vivance, la renaissance et la résurgence du recommencement universel? Y a-t-il des graines porteuses d’eau? Y a-t-il une sorte de plante-pluie, qui traverse les rayons du soleil, l’eau est elle avant tout avant-gardiste et quoiqu’ils en ont dit et en disent encore, elle a de la mémoire et mémorise  toujours, toujours et encore... Au commencement, donc, il y avait le verbe ensuite l’adverbe et puis les désherbants et la terre serait devenue un gros caillou blanc après, sur l’eau vinrent les bateaux, qui es tu, me crie-t-on à la cantonade: qui es-tu toi et de quel droit affrontes tu ce rocambolesque et abracadabrantesque monde? As tu demandé ton permis de jaser, de tchatcher, as tu permission de jasure officielle?

 

Les âmes trépanées des trépassés pas encore revenus de leur “départure” rient de nos balbutiements, rient de nous voir traverser les séismes et le styx et les pandémies de toutes sortes que les grands consortium pharmacologiques gonflent avec les crécelles des grandes peurs de l’an 3000.

L’an 3000: cette île que très peu d’entre nous aborderont à moins qu’on découvre l’élixir de longue vie et de presqu’immortalité? As tu une quelconque liaison avec l’innocence des astres? Je suis celui qui marche vers le soleil attiré par la lumière comme un insecte infiniment petit, un petit papillon naïf et imprudent qui se brûle à la bougie des rayons du soleil. La distance qui nous sépare, vous et moi de l’astre du jour, ce cher soleil, est exactement de 149 millions 597.870 kilomètres... une paille!

 

Depuis que je suis né combien ais-je usé de souliers, combien de kilomètres ai-je fait à pied, à cheval, en vélo, en voiture, en train, en jet, il n’y a que la fusée que je n’ai pas empruntée mais s’il m’arrive de mourir ce qui est malgré tout fort probable, mon âme, si elle existe, couvrira en moins d’une picoseconde une distance invraisemblable, ça doit être assez vertigineux, il faut juste tenter de ne pas avoir le vertige et tenter également d’éviter de passer par-dessus bord, ”boucle donc ta ceinture ou sors à toute allure” est-il écrit sur les panneaux routiers aériens, et surtout, il ne faut pas oublier de garder les yeux ouverts pour reconnaître le chemin si toutefois, il nous était demandé de revenir.

 

Il n’y a pas de fusées aussi rapides que la mort et jusqu’à plus ample informé, il semble impossible de prendre un aller-retour. Le temps, ce véloce personnage qui court plus vite que le vent te fait-il peur...? Mon temps a fui dans mon rétroviseur me voila sur la route 73ème de mon âge. Où suis-je sur la carte du temps rebroussé...?  Je suis juste un tout petit point noir.... même avec de très bons yeux, je ne vois que 4 pourcents de la matière visible, je ne développe que 10 pourcents des possibilités de mon cerveau.

 

La terre, notre vaisseau spatial par moment spacieux par moment radieux.... par moment chaotique, notre terre n’est qu’une petite poussière dans l’immensité de l’espace galactique.

On n’en sait jamais assez sur soi, sur les autres, sur les astres et sur les désastres. Que la lumière se fasse et éclaire la face cachée de nos lunes personnelles. 

 

Julos 19 mai 09

 

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23:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Le chemin (de la photo) est-il une rampe de lancement pour la fusée qui nous emmènera rejoindre cette lumière où les âmes de nos "en-allées" voyagent.
Nous ne sommes rien à l'échelle de ce monde mais tu es beaucoup à l'échelle de nous qui t'écoutons et te parlons.
Un rayon de soleil vient me réchauffer en ce beau matin de printemps, au boulot notre vaisseau spatial a besoin d'un sacré coup de peinture
A tout bientôt
Christian

Écrit par : Christian | 24 mai 2009

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modus operandi [b]C'est sur le sable mouillé, découvert par la marée basse, que s'écrivent le mieux les vérités éternelles.[/b]

Écrit par : babel | 24 mai 2009

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merci Tout doucement je voulais simplement te dire merci pour la poésie Julos

Écrit par : bernard C | 26 mai 2009

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Cré moé cré moé pas .....
le phoque qui s'ennuie ....
sa belle est partie ......
C'est joli d'avoir commencé le texte de cette manière,
je suis en plein dans Félix Leclerc, que j'alterne (of course) avec Julos. Mais c'est tellement de la même veine.
Quelle veine ! et quelle chance.

Écrit par : jeanne | 26 mai 2009

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Le chercheur du temps "Dans notre coeur, il y a des places que l'on ne sait pas être vides. Le temps nous promène aveugles en ses allées où nous côtoyons souvent sans les voir d'autres vivants. Parfois leur quête s'éloigne de la nôtre des siècles durant. Puis un jour quelqu'un surgit. Nous savons.
Il m'a fait comprendre beaucoup de choses, le chercheur de temps, et d'abord que nous portons une énigme qui ne demande qu'à se parler. Elle nous hisse ensemble sur la scène haute de l'existence. Là le distant devient le proche, une terre de silence fait entendre sa voix. Avec lui, il ne s'agissait pas de forcer le pas mais de tendre la main pour ouvrir le livre des mots.
Quand le mot est absence, certains savent ramener la chaleur sur le gel des paysages et des générations.Le chercheur du temps allume des feux.Sous les braises, la glace fond, la peau des mots, des ans se déplisse. Une femme tourne les pages de l'oubli. Unrenard apparaît à la lisière du bois. On entend à nouveau le cri de Mélusine. La montagne herborise dans les sentiers du soir. Quelqu'un marche, pieds nus, sur le sentier de l'éternel présent. Il cherche les signes. Nous le suivons."

Avec lui, nous avons remonté l'estuaire; mêlé le nord et le sud, le passé et le présent selon un itinéraire brisé. Est-ce celui du chemineau? du navigateur solitaire sur la mer des mots ? Le mystère réside peut-être dans sa Belgique natale d'où l'on part pour s'évader vers d'autres galaxies. A travers ses mailles sa voix s'entend pianissimo. L'incréé soudain nous enveloppe. Lui nous dit que nous sommes notre vraie demeure, que chaque homme et chaque femme a sa texture , son tissage et ses mots. Que chacun connait le chemin qui conduit au bout de son chemin.Seule importe la route. Elle ramène par brassées, des arcs en ciel , un vélo, des rires " des parterres et des chemins où tout concerte, Tonnelles, quinconces, berceaux, et par ses soins, branches , rameaux pour faire à tous musique verte".
A Julos , le jardinier de l'âme humaine. d'après le texte de Sylvie Fabre G et les vers de Max Elskamp

Écrit par : sboujeant@voila.fr | 28 mai 2009

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Cher Julos,

La photo du chemin est en mes pensées, symbolique d'une étoile à venir, en attente d'être

caressée par le soleil..la lune.. Oui cela me fait penser à un parcours amoureux.

L'étoile a tendu la main..et le soleil a fait un pas de côté...mais assez près pour lui effleurer la

joue, ne point la brûler pour toujours la rejoindre. Moment magique vécu et offert aux regards.

Merci pour ce beau texte en mon coeur accueilli.

Anne Marie

Écrit par : Anne Marie | 03 juillet 2011

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