15 juin 2009

des nouvelles d'Ambert

 

AMBERT MUSIQUE journal La Montagne du 15 Juin 09


SAMEDI 13 JUIN 2009 - 19:29

Julos Beaucarne trouvère humaniste à la maison des jeunes.



Dans un monde absurde qui ne l'a pas épargné, Julos Beaucarne continue de prôner les valeurs de tolérance et d'amitié. Il a donné un concert, vendredi soir, à la Maison des jeunes d'Ambert.


Une crinière blanche sur un front dégarni, une ample tenue de couleur orange, Julos Beaucarne apparaît sur la scène de la Maison des jeunes comme un enfant du soleil. Un enfant sans âge qui va bientôt avoir 73 ans. Un enfant dont les chansons et les poèmes ont bercé des générations de fans. Vendredi soir, ils étaient plus de 300 à l'écouter dans un silence religieux avant de l'applaudir généreusement à la fin de chaque morceau.

Julos à Ambert, ce n'est pas un hasard. Le Wallon à la longue carrière internationale a découvert les contes d'Henri Pourrat à 14 ans lorsqu'il était au collège en Belgique. « Ca a baigné ma jeunesse ».

Bien plus tard, il s'est inspiré de « Gaspard des montagnes » pour écrire la chanson de « La vieille Marie » intégrée à l'album « Mon terroir, c'est les galaxies ». « Il fait du vent sur une route. Et ce soir, la lune est au ciel. Tout d'argent resplendissant. Comme un soir au pays d'Ambert? ». Ce qui valait bien une invitation en Livradois dans le cadre des animations autour du cinquantenaire de la mort d'Henri Pourrat. L'idée a germé dans l'esprit de deux Ambertois, Lucie et Georges. Elle a été relayée par Le Bief, organisateur du concert (*).

Vendredi soir, comme s'il était chez lui avec des amis de toujours, Julos Beaucarne a livré les oeuvres de son dernier album, « Le jaseur boréal ». Ce titre pour un oiseau libre que lui seul a vu et qui sait comme nul autre regarder vivre les hommes dans un monde dangereux où l'espoir, l'amitié et la tolérance sont les seuls qui vaillent. Doux rêveur sachant tourner la réalité en dérision, parfois triste, parfois déconneur, Julos n'en est pas moins lucide.

S'il a facilement la tête dans les étoiles, il garde les pieds sur terre pour dénoncer le racisme, le sexisme, la folie meurtrière envers les femmes (la sienne a été assassinée en 1975) et les enfants, la volonté des grandes compagnies de faire de l'eau potable une marchandise, la méchanceté gratuite. « Si les gens qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage ! ».

Entre chaque chanson composée ou empruntée, c'est selon, Julos livre un poème ou un pamphlet. De sa voix si particulière teintée d'un léger voile. Parfois, il fait une pause et c'est Barbara d'Alcantara qui prend le relais avec beaucoup de grâce.

Effacé de l'autre côté de la scène mais omniprésent, Patrick De Schuyter joue magistralement de la guitare, voire du banjo, accompagnant le trouvère de l'universel dans sa grande quête planétaire teintée d'idéalisme. « Six milliards de gens conscients ensemble changent le cours du temps ».

Durant une heure et demi, l'artiste captive son public qui en redemande. Bissé à plusieurs reprises, Julos s'exécute. En fond de scène, le grand soleil placé comme seul décor du spectacle est sur le point de s'éteindre.


(*) Hier soir, Julos Beaucarne s'est produit au Coq noir dans le cadre d'une rencontre autour d'Henri Pourrat.


Michel Conry

20:04 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

le grand soleil Julos, où qu'il se trouve, est toujours le Soleil

Écrit par : paula | 16 juin 2009

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ton quatuor des lointains si bleus merci encore Julos, Barbara et Patrick,
bisous de Tom, Arthur Marion et PAt

Écrit par : patricia | 16 juin 2009

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J'aime lire de tels articles qui traduisent exactement ce que j'aimerais dire pour le dire bien. Merci.

Écrit par : jeanne | 16 juin 2009

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Le soleil au coeur J'étais présent ce samedi à d'Ambert pour applaudir de tout coeur Julos "notre Jaseur Boréal" qui nous a nourri de ses rayons de lumière !
Poésie, tendresse, beauté, humour, pertinence... Que du bonheur partagé avec sincérité et authenticité !
Nous étions 300, nous seront 3000 la prochaine fois ! B/B

Écrit par : bernard brison | 23 juin 2009

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