21 janvier 2010

Tu me fais souci, Haïti


Comment allons-nous faire le deuil de toutes nos amies et tous nos amis d’Haïti partis écrasés, broyés en l’espace de quelques picosecondes quelque part là-bas loin au bord de la mer des Antilles?

Comment allons nous faire pour oublier les enfants qui ont perdu leurs pères et mères, leurs frères, leurs sœurs? Comment allons nous faire pour oublier les bulldozers qui charrient des centaines de cadavres dans une puanteur extrême? Ils n’auront point de sépultures personnelles, il fallait faire vite, on a jeté les corps dans des fosses communes. Où allons nous nous recueillir? Où va se coucher le grand peuple des morts? Comment soigner les plaies de l’âme? Il faudrait envoyer là-bas de l’amour magnitude 7 pour transfigurer cette blessure car même si tu as échappé à la mort, tu cherches encore en vain ta maison, peut-être tes proches ont-ils disparu?

On voudrait croire au miracle, personne ne répond plus au téléphone, t’as perdu tous tes repères sous un amas de décombres, le paysage lui-même a changé.

Des milliers de voix se sont tues et semblent dire: «Tu te souviens jadis ici… il y avait une île qui s’appelait Haïti. »

 

21/1/2010 Julos Beaucarne

 

 

Chaos

 

Céramique de Stéphane Terlinden

"Après le tremblement de terre" 

 

 

 

 

23:11 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

le deuil on va laisser le deuil nous faire, on va d'abord laisser les larmes raviner, nettoyer les collines des joues. Haïti n'a plus rien rien, sauf une chose : sa voix. Dans la guerre des Sauveteurs, étasuniens contre européens, je l'entends pleurer en créole, comme j'entends couler la rigole qui me dit qu'en haut, plus haut fondent les neiges, et qu'ici, plus bas, se prépare un printemps. Sanglots qui rejettent la boue de la gorge, sanglots créoles. Et dans les failles des carapaces, laisser les soupirs déposer des graines , des fleurs en attente…

Écrit par : babel | 22 janvier 2010

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Surtout ne pas oublier.
Les Créoles , eux chantent avec leurs larmes, et, nous que faisons-nous ?

Écrit par : anouk | 22 janvier 2010

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proverbe pygmée les pygmées Aka, en sango disent
"Zo kwé zo, ékwé zo oko »,
: « chaque homme est un homme et tous nous tous sommes un homme »
"Zo kwé zo, ékwé zo oko »,
"Zo kwé zo, ékwé zo oko »,
ad libitum...

Écrit par : babel | 05 février 2010

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