27 février 2010

Cesar

 

La 35ème cérémonie des César se passera en direct à 21h sur BeTV et Canal+.
Christophe Beaucarne est nominé dans la catégorie "directeur de la photographie" pour le film de Anne Fontaine "COCO AVANT CHANEL".


16:24 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

20 février 2010

Au début ce n’était qu’un jeu


 

Au début ce n’était qu’un jeu et puis il s’était laissé prendre, les mots étaient venus tout seuls et s’étaient imposés à lui et l’avaient poussé jusqu’au bout de son dire... enfin... il pensait être au bout de son dire mais plus il écrivait, plus une force textuelle envahissante le portait plus loin encore, il n’arrivait pas à s’arrêter, ce fut d’abord quelques mots portés par un mince filet de voix, une voix timide à peine perceptible puis ce fut un ru, qui l’eût cru, puis un ruisseau, que c’était beau puis ce fut une rivière, puis un fleuve, puis une mer, un océan de mots qui le submergeait, son dire le poussait encore plus loin, que faut il en déduire? Il était comme possédé par les mots, il avait grande peur de se noyer dans ses propres mots, de disparaître au fil de ses mots, il aurait voulu expliciter sa pensée sortir de l’opacité du silence, marcher plus vite pour déboucher dans l’évidence.

Ce n’est pas si simple de marcher sur l’herbe des mots, il ne voulait pas donner l’impression fausse d’être à l’aise avec les mots, de les tutoyer, de les maîtriser, et il ne voulait pas non plus se laisser envahir, se laisser submerger, il ne voulait pas donner l’impression de surfer sur des vagues de mots, sur des mots vagues sans sens, sans dessus-dessous, il ne voulait pas aborder les côtes du pays du non-sens. 

Il voulait être assez clair pour être compris, il voulait faire palpiter les mots, les faire vibrer, les faire danser jusqu’à l’explosion de la texture jusqu’à la perfecture de la parlure, jusqu’à la perfectance de toutes les nuances, il voulait aborder la verbalité totale celle où les mots vont au bal, s’embrassent et s’embrasent comme des feux de Bengale.

Il voulait que les mots crépitent, il voulait déboucher sur la danse, oui! c’est cela, il voulait déboucher sur la danse des mots, la danse verbale, il cherchait des mots “caresse”, des mots d’amour qui adouciraient les maux de l’humaine humanité, il voulait pousser les mots jusqu’à la source du rire, il voulait déclencher un geyser de rires, un jaillissement ludique fantastique, il voulait déclencher une manière de Niagara rieur et textuel et inoubliable: un Niagara de mots force 9. 

Il était motivé mais alors motivé... pas un peu!... il était motivé plus que jamais et cela ne va pas sans une certaine excitation. 

 

Qu’en pensez vous lecteurs, lectrices qui faites partie de mon lectorat comme on dit souventes fois dans les livres savants et savantissimes, vous qui marchez sur les mots en prenant soin de ne pas les écraser, de ne pas les avaler comme des marshmallows, comme des caramels mous, délicieux qu’on savoure toujours, enfin, souvent, ça dépend des jours, qu’on savoure avec une certaine délectation, caramels mous qu’on mange quand on traverse la Manche vers Douvres. 

 

Julos

samedi 20 février 2010

 

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23:15 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (10)

19 février 2010

Autant de fois les autres sont, autant de fois je ne suis

 

 

Petit aide-mémoire à l’usage de celles et de ceux ceux qui pratiquent l’art de dire et de manier les mots.

Autant de fois les autres sont, autant de fois je ne suis et en même temps autant de fois je suis. 
Nous sommes faits, vous et moi, chacun, chacune de la même matière que l’univers;  chaque personne est l’univers lui-même, en son entier; j’ai conscience que je ne suis rien et qu’ en même temps, je suis tout; je suis très heureux d’être vous et très content d’être moi, je suis très content de faire partie du grand tout; nous avons vous et moi commencé au commencement des mondes et nous finirons à la fin des mondes à moins qu’il n’y ait point de fin. Peut-être aussi qu’il n’y a pas eu de commencement; je suis en même temps très content d’être vous et très content d’être moi; personne n’est plus grand ni plus large que l’autre ni plus petit.
Chacun n’est rien et en même temps chacun se trouve être tout et être le tout. 
Je suis fait de 500 milliards de cellules, excusez du trop; je suis très content d’être vous et d’être tous les gens de tout partout, nous faisons tous et toutes partie du grand tout.
Je voudrais vous en dire plus, mais j’ai beau penser 800 mots à la minute, je ne peux en dire que 135 à la minute; le commencement de chacun n’est pas le jour et l’heure où il est né, il est peut-être né quand le monde est né. 
Au moment où nous naissons, nous avons peut-être déjà beaucoup vécu et voyagé; notre apprentissage prend naissance  au commencement des mondes et continue juqu’au bout de l’éternité, mais comme l’éternité n’a point de fin nous ne finirons jamais. 
“L’homme est la mémoire de l’univers”. La mort physique, c’est peut-être passer dans une autre conscience et gagner la haute mer de nous-mêmes. 
Il paraît qu’on s’exprime 7 % par les mots, 37 %  par la façon dont on les dit et 56% par le corps.
Nous avons tous et toutes 211 os creux et 455 muscles; au moment où nous sourions, nous faisons travailler 17 muscles. 
Si je me présente devant vous, vous constaterez que mon altitude, le point culminant “du pays de mon corps” s’élève à 1m 54 et mon envergure est de 1m70...
Vous savez tout sur moi maintenant.  

Julos 
le 18 du 2/2010
11h et demi du soir

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 Pranayama dessin tiré d'un vieux livre de Yoga

13:02 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

16 février 2010

La reconversion de la Converserie

 



L'imposante Converserie se trouve entre la barrière de Champlon et St Hubert, en Belgique francophone. 
Le lieu cherche quelqu'un ou quelqu'une qui continuerait sa légende.
Pendant des décennies, cette grande bâtisse imposante, rescapée des temps anciens a été gérée par Evence Coppée et Kathy d'Hoop. Ils veulent passer la main et vivre en un lieu secret le reste de leur âge, entourés de leurs enfants et petits-enfants. 
Longue vie à eux deux.


Ah! La Converserie, ce lieu historique où l'on croise les fantômes de diverses époques, ce lieu où les murs sont bavards, où l'architecture est magnifique: une architecture de campagne en même temps humble et seigneuriale, entre ferme et château, la Converserie où hennissent les chevaux qui galopent dans la forêt chevelue de l'Ardenne si tant proche, si tant épaisse, si fière aussi avec toutes ces immenses granges pleines à ras bord de blé, de rires et de frôlements de cerfs: ces animaux mythiques et hybrides, entre arbre qui marche et animal à quatre pattes, ces cerfs qui brament quand c'est la saison des amours et orchestrent ce lieu plein de charme où les amoureux de la vie se sentent à leur place.
Tant de gens y sont passés depuis quelques siècles; j'ai eu la chance d'y faire des stages d'écriture, d'y chanter, d'y rêver, d'y marcher et d'y apprendre par coeur la forêt par les pieds et aussi de me reposer après une opération du coeur, invité par Evence Coppée et Kathy. 
Ah si l'on faisait de ce lieu un chef-lieu de l'écriture contemporaine, un promenoir magique où les mots prendraient corps, où les chants sacrés de tous les pays résonneraient sous les voûtes, où danseraient d'invraisemblables derviches tourneurs, un lieu où des chorales venues du Tibet, de Sibérie, d'Inde, d'Ouzbekistan se produiraient, un lieu où d'inouïs Inuits pratiqueraient des chants de gorge et participeraient à des joutes de chantaisons paysannes et s'initieraient à la pratique du chant secret des guérisseurs phoniques de toute la planète, un lieu merveilleusement sacré et terriblement profane où l'on entendrait toutes les langues, tous les sabirs de la tour de Babel, de Vladivostok, de Shantiniketan jusqu'à Babel Oued et Tombouctou, un lieu où les oreilles feraient le tour du monde.

Julos 28 janvier 2010




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22:56 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (8)

06 février 2010

Regards dans l'art hors normes


Je suis allé voir une exposition magnifique au château de Seneffe: « 
Regards dans l'art hors normes ».

Cette exposition était organisée par l'AFRAHM: association francophone d'aide aux handicapés mentaux.

Voici une des peintures.

 

 

foret d'yeux

 

Tu te souviens du mercredi 3 février 2010, il y avait une exposition au château de Seneffe: ce chef-lieu de la culture hennuyère... celle qui est pétillante, celle qui n’ennuie jamais et nous nous y rendîmes, il pleuvait ce jour là sur le château et sur les somptueux jardins.

En entrant dans la grande salle d’exposition une peinture nous faisait de l’œil, nous faisait signe, elle était signée: Pierre Craenhals.

Il y avait sur cette peinture cinq têtes un tant soit peu réduites avec chacune deux yeux normaux qui vous regardaient dans les yeux avec insistance et....... surprise, et.... vous verrez plus fort au milieu de la peinture, il y avait une tête, alors là, beaucoup plus grosse que les autres avec en son centre un œil bien plus grand et central et terriblement cyclopéen! Oui, un œil unique central et orphelin qui vous regardait fixement dans les yeux. Un autre œil plus petit, sans doute un “bébé” de l’œil central.... un œil enfant occupait le centre du cou du personnage et encore un autre était planté à l’échancrure d’une veste orange et à sa droite et à sa gauche, deux yeux plus petits montaient la garde.

Les visiteurs n’en croyaient pas leurs yeux. Ils étaient comme envoutés, cloués sur place devant cette peinture intitulée « Pastel ».

Dans l’exposition « Regards dans l’art hors normes », je me disais que peut-être chaque personne qui marche sur la terre est à sa manière « hors norme » et que l’humanité en son entier n’a pas encore été au bout de tous ses possibles.

  

Julos Beaucarne 

mercredi 3 février 2010 

 

3 peintres


 

 

    Trois peintres qui ont participé à cette exposition avec beaucoup d'autres encore.

      Alfred, Danielle et Marie-Christine

 

 

 

 


23:12 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)