22 mars 2010

Jean Ferrat

 

 

Une âme survole Antraigues-sur-Volane, c’est toi aujourd’hui sans souci, ton frère et toi  dormez côte à côte comme jadis mais le lit est en pierre aujourd’hui. 
Tu savoures l’état de ne plus être et pourtant pour nous, tu survis dans nos mémoires imparfaites car tu fais partie de nos vies. 
Ta voix surnage et se précise dans nos oreilles de vivants, rescapés de ce monde absurde et si tant violent. Ton silence est plus que puissant, ton absence est haute parleuse. Point besoin de funérailles grandioses, de pathos, de cérémonies onéreuses, on a renvoyé les prélats et pour ce qui est des cathédrales, à Antraigues, c’est navrant, mais il n’y en a pas en pagaille, tu dors au coeur de ta campagne ou plutôt ton corps est là mais ton âme voyage bien au delà des au-delà, ton dernier voyage est grandiose dans l’épaisseur du cosmos, l’agence de ton dernier voyage a bien fait les choses, tu nages... dans l’infinitude sauvage. 
T’as fini de friser ta moustache de mousquetaire, t’as fini d’ordonner tes longs cheveux, tu vis dans la pause éternelle. Tes chansons continuent leur course sonore, ce que tu as planté fleurit. Longue vie à toi dans le printemps éternel de l’autre vie. 
Fais nous savoir si l’autre vie est plus belle que celle-ci. Le soleil qui passe au-dessus de mes épaules en ce matin du 27 mars 2010 me dit: ”Toutes les vies sont belles selon comment tu les vis”. 
Alors tout ne serait que savoir vivre à ton avis ?

Julos 
27 mars 2010 
à B 1320 Tourinnes-la-Grosse 

 

Une question au lecteur: donnerais tu un B 1320 Tourinnes-la-Grosse pour un F 07530 Antraigues-sur-Volane?
Jumelons donc les 2 communes.




Ferrat 07 (1)

Illustration Gilles Poulou



09:58 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

Mais que c'est bien vrai!
Merci Julos.

Écrit par : aurelie | 22 mars 2010

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Jean Ferrat, un homme sincère loin des paillettes ... "Ils étaient 20 et 100, ils étaient des milliers"... De vallons en collines, de plaines en forêt, du printemps qui va naître, c'est le peuple de "Ma France" qui le pleure ! Un grand monsieur s'en est allé mais son oeuvre le fera vivre encore et encore ! Les artistes, les "vrais", ne meurent pas ; ils sont là, tout près et continent à vivre avec nous...

Écrit par : Josy | 22 mars 2010

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Un rêve modeste et fou..
Merci Julos.
Gilles

Écrit par : Gilles Poulou | 24 mars 2010

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Pour moi, le sourire de Jean Ferrat était aussi dans sa voix.
Petite, je me posais cette question, comment peut-on chanter la rebellion avec une telle voix ensoleillée ?
Merci Monsieur Jean Ferrat, on ne t'oubliera pas.

Écrit par : Djema | 25 mars 2010

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Je m'attendais à cet hommage.
Vous vous ressemblez tous les deux dans vos engagements, vos pensées positives et sereines.
Merci, Julos

Écrit par : Jeanne | 25 mars 2010

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Antraigues, Tourinnes, F ou B, qu'importe !
Nous jumelons les villes, mais vous êtes tous les deux confondus depuis si longtemps ....

Écrit par : Jeanne | 29 mars 2010

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Antraigues, Tourinnes, F ou B, qu'importe !
Nous jumelons les villes, mais vous êtes tous les deux confondus depuis si longtemps ....

Écrit par : Jeanne | 29 mars 2010

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Et pourquoi pas? Il serait temps de lancer des ponts entre les poètes, ces peaufineurs d'âme...Jean Ferrat fut un pont magnifique entre mon adolescence et mon "adultence" tout comme tu le fus Julos...
Pour les poètes, les distances sont courtes et les frontières des "embellies" comme celle que chante Jean Ferrat.
Ecrire quelque chose de joli....
les poètes sont comme les abeilles...il faut les préserver...

thierry

Écrit par : colard | 29 mars 2010

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pourquoi parle t'on de lui parce qu'il est mort ...comme tant d'autres merveilleux poetes dommage
on t'aime JULOS ET on t'ecoute chaque jour et c'est le bonheur

Écrit par : gerard et patricia | 31 mars 2010

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Chorales de corbeaux dans les journaux Autour de son cercueil, par colonnes de journal interposées, chacun y est allé de son grain de sel. J’étais à 1 micron de faire idem. Du coup, j’ai revu mes souvenirs, appris des éléments nouveaux. Je ne le savais pas si libre, je le croyais plus encarté. J’ai relu les vers, dégusté les rimes. De fait, certaines chansons me m’ont pas emballé du tout, et ne m’emballent toujours pas, tandis que d’autres m’ont fait encore rire, mais rire plus jaune, car rien n’a changé : « C’est fou ce que je m’acclimate dans jardin d’acclimatation où l’on conserve les primates en bon état de conservation : J'ai des cocotiers métalliques, J'ai des bananiers en carton » (Le singe, paroles sur http://pagesperso-orange.fr/chansons.ecolo/ecologie_chanson/Ferrat_Jean.htm).
Autour de son cercueil, par colonnes de journal interposées, un vol de pies et de corbeaux est venu se prouver qu’ils vivaient encore, grappiller des mots soigneusement faisandés, pour ne pas dire mis en état de putréfaction. « Pies et corbeaux nous ont les yeux cavés », disait déjà Villon.
Autour de son cercueil, par colonnes de journal interposées, tous ceux qui l’avaient oublié vivant se sont fait un plaisir de se rappeler eux-mêmes au bon souvenir de leurs lecteurs…

Écrit par : le babel | 02 avril 2010

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Bien sûr,Babel, les charognards sont toujours là et il y a quelques chansons de Ferrat qui ont mal vieilli.
Mais réécoute "Ma France", en ces temps "didentité nationale","si je mourrais là-bas" sur un texte d'Apollinaire, "les cerisiers" de Guy Thomas etc...
Je pense surtout qu'il a su, cmome Ferré, porter la poésie dans les oreilles de gens qui n'y auraient pas eu accès sans lui. Aragon fut ravi d'être mis en musique,il l'a dit maintes fois.
"J'entends.j'entends", Robert le diable" ou encore "épilogue"sur le dernier album sont de purs bijoux.
Et puis le bonhomme est resté fidèle à lui-même.
Amicalement.
Gilles

Écrit par : Gilles Poulou | 02 avril 2010

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