01 mai 2010

Madame Flandre

 

Même si le pays se détricote, le temps est venu de le retricoter. 

Dans l'arc-en-ciel se retrouvent toutes couleurs de tous les drapeaux, les drapeaux ne doivent pas servir la guerre mais la paix, je pense qu'il faut profiter de cet arrêt sur l'image: les machines du bateau "mort saoul" sont un peu grippées et au bord de capoter, il faut rehuiler les engrenages. 

Si ce pays craque, l'Europe en son entier craquera hélas. C'est en effet un échec pour chaque personne de ce pays et pour l'Europe. Plus on attend plus ce sera difficile de remettre le bateau à l'eau. 

Le 22 avril 2010 les militants séparatistes flamands sont rentrés à la chambre au 2 Rue de la loi à Bruxelles et ont chanté "le Vlaamse Leeuw", je vous invite à lire le texte (tapez "Vlaamse Leuw" dans google et demandez la traduction française). Jugez par vous-mêmes à quel point cet hymne est anachronique et violent.

Pour représenter la Flandre je préfère le texte "Madame Flandre" de Liliane Wouters (J'ai mis ce texte en musique dans le disque "L'enfant qui veut vider la mer"), le voici: 

 

Madame Flandre 

Salut noble mère gigogne,

Tes seins percent la toile encore,

ils crèvent le drap sans vergogne,

Tu portes toujours fier le corps

Qui sortit de son flanc Bourgogne.

Ma nourrice je vous regarde

Comme pour la première fois,

Manants et comtes prenez garde

Si l’œil tranquille est plein de foi,

La bouche luit d’humeur gaillarde

Madame Flandre est puritaine

A ce qu’on dit

Moi je veux bien

Sous ses fichus de tiretaine

Elle cache un cœur plébéien

et pourtant sa mine est hautaine

Comme elle j’ai le pied sur terre 

La chevelure au vent du nord

Le feu couvant sous tes artères 

Flamand tu ne perds pas le nord

Ma grande force est de me taire

Nous buvons avec l’eau bénite,

Les bières d’Alost et de Diest,

Ma terre, Seigneur, est petite,

Mais elle porte haut ses Christs

Fleuris en mai de marguerites.

Les curaillons et les béguines

Poussent comme choux au jardin,

Ce pays jamais ne badine,

On prend la mouche ou le gourdin,

Et tout s’y croque à la sanguine.

Chez nous on mord à pleine bouche

Dans le pain de chaque repas;

La servante sainte nitouche

Rougit, ne vous y fiez pas;

Nos filles ne sont point farouches.

Marie, Ortrud et Godelieve,

Chaque soir allant au salut

Ecoutent les appels des grives

Et puis ceux des garçons joufflus

Debout à l’ombre des ogives.

Le vent du nord te rendra folle,

La mer clapote dans ton sang,

Sur ma jument je caracole,

Hue donc sous le ciel bleuissant

Où les nuages batifolent.

Salut peupliers en goguette

Servant aux jardins de pâlis;

Toutes les bises vous soufflètent,

Et d’éternels torticolis

Font se pencher vos silhouettes.

 

Liliane Wouters 

Dans le cd "L’enfant qui veut vider la mer" 

 

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17:00 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Que cache donc la fissure qui petit à petit déchire notre si beau pays? Que veulent nos politiciens? Que veut la minorité qui aboie un hymne par trop violent? Brel chantait aussi "Pourvu que nous vienne un homme"...moi je pense à tous ces jeunes qui vont voter pour la première fois et j'aimerais qu'ils puissent se dire que la Belgique, notre pays est une porte ouverte à la différence: wallons, flamands, bruxellois, nous sommes tous des citoyens du monde et nous séparer ne fera que nous rendre davantage étrangers à nous-mêmes...
c'est contre la bêtise qu'il faudrait porter de la voix...et même si nous ne sommes pas tous de bonne volonté, nous sommes tous des hommes et nous valons plus que l'image de la Belgique que nous offrons actuellement au regard des autres...
merci à toi Julos d'être là pour agiter les sonnettes! Il y a du craquement dans l'air et moi qui croyais que c'est pour la Belgique que le monde pouvait craquer!!

thierry

Écrit par : colard | 02 mai 2010

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surtout n'acceptez pas d'être du Royaume de France !

Écrit par : babel | 03 mai 2010

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On est belge et on le restera.
Peu importe la langue que l'on parle.....pourvu que nous soyons unis!

Écrit par : aurelie | 03 mai 2010

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Je suis toujours éffaré par la bêtise du patriotisme. Mon Dieu, mais à quoi ça sert ? Brandir les étendards, pourquoi ?
Nous sommes tous citoyens du monde. Que l'on parle Breton, Occitan, Français, Flamand, Espagnol, etc...
Comme tu le dis si bien Julos, nous sommes des terriens... je suis bien d'accord.
Mais bon, n'étant pas Belge et ne connaissant pas le fond du problème... Il doit être important pour vous de panser cette "fissure" qui sépare votre pays...

Écrit par : Philippe Carpentier | 06 mai 2010

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Mes Belgoëlands Volez haut mes Belgoëlands,
Volez au-dessus de la houle.
Envolez-vous...
Mélangez les Vlakker et les terres,
Les flaques et les landes,
Au bord de mer à Namur,
Sur les diamants de Bastogne,
Tissez-nous un chemin d’acier
Un ravel de fumures
Dans les artères en forêt
De Brugge et de Gent
Volez haut les Belgoelands,
volez haut volez au dessus
Des cris des foules.
Traversez ces orages, envolez-vous
Au dessus d’un plat pays de nuages,
De tuiles fines et de wafelen
De tous ces soleils humides
Comme les cheveux de Frida Vermeer,
Envolez-vous, Belgoëlands
quand les carillons des fêtes
Couvriront les braillages
Les rancoeurs et les peurs,
Quand les Gotverdomm sonneront
Au gré des marteaux carillons
Sur le chantier commun, parmi les de Diou
Quand il sera l'heure de boire la bière
De regarder comment le soleil
Quitte Answerpen pour en douce rejoindre Arlon,
Par le train de nuit, via Gare du Midi
Quand Brussels s’ébrouera comme une brume de sel,
Au dessus d’un port, au-dessus d’un pochon,
Et que d’Huy à Roeselare, via Leuwen
Les sangs d’Espagne, comme de Francique
Grandis d’épices de Chine et du Caire
Aimeront mieux le doux de s’bêtchi
Que de se slaan pour des bêtises
Alors dans l’envol des Belgoëlands
On entendra de Santiago à Oslo,
Ces rires rauques et modulés
Des Belgoëlands occupés à s’envoler
Sur l’océan de gris de leur terre mère...


Écrit par : babel | 07 mai 2010

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