30 août 2010

J'ai planté des antennes


J'ai planté des antennes pour te rejoindre et te toucher et si possible te parler en secret, je voulais envoyer mes messages au large, mes messages aux astres à la périphérie de toutes ces vibrantes vies qui se croisent et se décroisent et se défient dans des connexions infinies.
Je voulais m'envoler comme un grand oiseau blanc, souriant, est-ce que les oiseaux blancs sourient parfois ou bien de temps en temps?
Je voulais, à force de dire, me perdre dans le dédale des voeux secrets qu'on a oubliés de réaliser et qui reviennent intenses, tenaces  et denses, sortis des alambics magiques que sont ces sortes de fleurs sauvages rares et plus puissantes  et plus fortes encore  que le curare, ce poison violent dont je voudrais retourner définitivement la peau.
J'aurais aimé parfumer vos vies, j'aurais voulu être un parfumeur textuel, tremper ma parlure dans un bain d'algues vertes en provenance de la mer des sargasses, j'aurais aimé être sagace, polyglotte et troglodyte, j'aurais aimé être un turboréacteur à double flux équipé d'un silencieux pacifique.
J'aurais aimé être un parfum tendre qui donne envie d'aimer à pierre fendre.

Julos lundi 2 août 2010 TLG 7h54 du matin

 

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15:09 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

12 août 2010

Yasmine

 

Elle s'appelle Yasmine
Elle va juste sur ses 6 ans,
Elle entend son papa raper, raper tout le temps
Dans le ventre de sa maman
Elle tendait l’oreille pour écouter 
Pour écouter, pour écouter pour écouter
son papa raper raper raper raper
Elle connaît par coeur tout ce qu’il chante, tout ce qu’il écrit
Elle zonzonne des chansons qu’elle a elle-même inventées
Et quand elle les chante à son papa
C’est juste pour l’inspirer 
Yasmine est la muse de Manza
Elle s’amuse à jouer de sa p’tite voix
Manza l’écoute
Quand tu ne seras plus une gamine
quand tu ne seras plus une gamine, Yasmine
Que veux-tu devenir? Que veux-tu devenir?
Je serai une rapeuse comme toi mon papa
Quand je serai grande c’est ça que je fera
Longue, longue vie à la muse de Manza.
 


« Ma fleur au bout du fil »

 

Un seul de tes sourires suffit à faire éclater tous mes verrous
Jusqu’au bout de moi-même, tu resteras mon petit bout que j’aime
Et ce, même si après coups, les jours défilent trop flous
Et ne se ressemblent plus du tout…
Au bout du compte, c’est tout de même,
La fin d’un tout qui a justifié tous ces comptes à rebours entre nous-mêmes
Et je t’avoue quand même qu’un week-end sur deux à tes côtés
Ça malmène tellement que j’en vois trop vite venir le bout,
Désormais y’a comme un trop peu de toi dans mon beaucoup…

 

 
C’est vrai, tout va trop vite,
Depuis que leurs lois ont décidé de nos rendez-vous !
Et comme pour réussir à joindre nos deux bouts
J’ai plus qu’un numéro de portable, un tas de dessins et des mots doux…
À l’intérieur de mes remous, un peu de partout,
Ça pleure de toi, esquisse un sourire malgré tout,
Quand tu t en vas…

 

Au diable les calendriers,
Un week-end sur deux, je te vis et même pas à moitié
Alors qu’en vérité, t’es bien plus que ma moitié.
Carrément le continent de mes îles à en oublier
Même que je marche sur des bouts de fil
En fait, suffit que je te vois battre des cils
Et d’un coup de fil, je me sens battre des ailes
De cime en cimes, de ciel en ciel, comme côte à côte avec Jibril
Possible que pour elle ou il, tout ça parait si puéril
Mais divorcer m’a comme projeté à mille bornes de toi
Alors qu’on vit pourtant dans la même ville
Même si c’est plus vraiment sous le même toit…
Ma foi, j’encaisse la sentence, rase les murs de ma souffrance
Comme pour ne pas que transparaissent les fissures de ma détresse
Laissées par ton absence en mes labyrinthes de forteresses…

 

À chaque visage d’enfant que je croise,
le manque de toi m’écrase
Y’a que dans tes flammes, que ma joie s’embrase…
Et quand apparaît le dimanche soir où tu repars,
Même en mes phares, je fais que broyer du noir,
Même mon appart se remplit de vide
Vas savoir, même mon chez moi semble avoir besoin de toi,
Lui aussi se vide de vie, « Allo, ma fille ?»
Je veux qu’on me laisse tranquille !
Quand j’ai ma fleur au bout du fil…

 

En gros, c’est 6 jours par mois que je te vis quasi « volatile »
Et encore moins que du temps partiel,
J’ai trop de peine de ne pas voir assez tes jolies prunelles
J’aimerai tant que le ciel me tombe sur la tête
Pourvu que me prières parviennent au plus vite à l’Eternel…
Grâce auquel tu es parce que je suis plus que ton paternel
Ce qui nous lie, des liens comme soudés par un alliage sempiternel…

 

 Refrain :

Y’a pas d’avocat pour le parti des larmes,
Et pour leurre, un jardinier pleure sa plus belle fleur
Quand t’es plus là, sur le toit de mon cœur
Il neige des flocons de sans toi…

 
C’est dans mes silences que je t’entends à tout va,
Et le reste du temps au bout du fil,
Dans tes pétales d’éclats, je me noie,
Ma fleur au bout du fil, ça reste toi…

 

Manza

 

 

 

 

10:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

02 août 2010

Herbert Rolland

 

" Avoir su! "
Loulou et moi, nous avons vécu avec Nicole et toi les débuts du théâtre de la Vie que vous aviez inventé tous les deux.
" Avoir su! " comme on dit chez nous.
A toi seul tu as vécu beaucoup de vies dans le réel et .... dans la fiction du théâtre.
Avoir su que tu allais partir dans les ailleurs si vite, cher Herbert..... avoir su!
Si on avait su, on t’aurait remercié, on t’aurait dit tout ce qu’on pensait de toi dans notre for intérieur, ô mon frère du théâtre de la Vie avec un grand V, la Vie a glissé de toi, pas loin de chez moi à Wavre et je n’ai pas su que tu virais de bord dans l’infinitude, je serais venu te dire au revoir, cher Herbert.
 
La mort, c’était une expérience que tu n’avais pas encore vécue dans ta propre peau, toi l’expérimentateur, toi le chercheur perpétuel du théâtre, de la parole juste et de la justice, on te doit des remerciances, des remerciements, combien de fois tu nous as invités à jouer dans ton somptueux théâtre de la rue Traversière, là se trouvait ton laboratoire du dire, du jouer, tu m’as mis en scène dans “Le navigateur solitaire sur la mer des mots”.
Souventes fois j’ai chanté chez toi avec Barbara d’Alacantara et Patrick De Schuyter dans la rue Traversière et maintenant cette rue Traversière tu l’as traversée pour l’autre bord.
Le bateau s’éloigne maintenant.
Sur le quai restent Nicole, Anik, Isabelle, Claudia et tes fils Alain et Vincent, tu as traversé la rue du temps.
Il y a un grand silence dans l’air, des larmes, des regrets, bon voyage, très cher Herbert, merci de nous avoir pris dans ton bateau. 

Julos
le 2 août 2010 à Tourinnes-la-Grosse
 
 

17:17 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

Arbritude

 

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9 arbres se parlent dans le vent, les uns plus tordus que les autres, chacun son style et son tempérament, la chevelure en arrière, ils font chanter le vent, ce sont des arbres porte-voix et hauts-parleurs. Ils amplifient la voix du vent. Ils se plient quand il souffle et à force, attrapent des courbatures car ce coquin de vent souffle toujours droit devant, dans le même sens et incontinent !
Il a tant de choses à dire le vent, il lui faut des arbres pour parler car il n’a ni langue ni palais, ni dents, le vent, alors il souffle dans les arbres ses injures, ses hurlements face aux comportements guerriers de certaines gens, parfois il déracine, il n’a pas de discernement, le vent.
Ne parlez pas trop fort, il ne faut pas réveiller le vent.

Julos
 
 
 

15:02 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)