10 septembre 2010

Etat des lieux de la Belgique

Le moteur de la Belgique est arrêté, qui va remonter ce vieux jouet inventé en 1830......?
Le pays n’est plus gouverné nous voila rendus à nous-mêmes, ce train fou ira jusqu’où? Peut-on tirer le signal d’alarme? Qui a intérêt à ce que notre pays rende l’âme? Il n’y a plus personne dans le bureau de la direction primordiale.

 

La Belgique a juste 177 ans, à peu près l’âge du marronnier qu’on a coupé le 6 décembre 2007 à Tourinnes-la-Grosse sur la petite place devant l’église Romane. Va-t-on déplanter l’arbre Belgique? Il vaut mieux allumer sa petite bougie plutôt que de maudire la nuit si le système ne nous convient pas, il faut le remplacer ou bien en tout cas corriger le tir.

Après 177 ans d’expérience, on constate avec horreur que le serpent se mord la queue. Est-ce bon d’obliger quelqu’un à apprendre une langue qu’il n’aime pas de prime abord, ne vaudrait-il pas mieux essayer de faire aimer une langue plutôt que de la rendre obligatoire. La rigidité c’est la mort. Avant d’inscrire le mot “Fin” au bout de toutes ces années pourquoi ne pas se servir d’interprêtes pour que les 3 langues de la Belgique deviennent des outils de rencontre plutôt que des pierres d’achoppement, des sujets de querelles, de colère et d’entêtement et d’affrontement.

Pourquoi ne pas faire appel à des interprètes pour aider les gens à se faire comprendre au moins dans les 3 langues traditionnelles de notre pays plutôt que diaboliser l’une ou l’autre langue? Pourquoi nous laissons nous colonisés si facilement par la langue anglaise dans notre quotidien, ce serait très instructif lorsqu’on passe une chanson en anglais à la radio d’en donner la traduction, ça nous donnerait à penser!

Rarement les radios de chez nous (du moins du côté francophone) font connaître des chansons de chez nous. Les programmateurs de radio seraient plutôt des assassins de la mémoire de notre pays. A la radio si on interroge un écrivain ou un poète de langue française, souvent pour illustrer ce qu’il dit, on met une chanson en anglais qui n’a rien à voir avec son propos.

Les modes sont des maladies mentales entretenues par le commerce, nous sommes en plein Absurdhistan, en pleine inintelligence, le bon sens et la pédagogie n’existent plus pourtant c’est l’esprit qui mène la danse.

Comment peut-on vouloir qu’un pays continue à vivre ses particularités et son originalité si sa radio nationale ignore avec dédain les artistes de ce pays, cette façon de faire me semble, hélas, un sabotage volontaire au profit d’une langue dominante et cela au nom du pèse et du fisc et du Saint Bénéfice et au nom de la bêtise humaine qui est hélas sans limite.

En Flandre comme en Wallonie comme à l’est de la Belgique il a des dialectes très riches qui ont fait l’originalité de notre pays, tous ces dialectes ont été jetés à la porte des radios, ils sont interdits d’écoute parce que des intellectuels fatigués et des snobinards de service ont décidé que la culture populaire c’était de la gnognotte et on s’étonne que la Belgique s’envole en fumée et perd son unicité.
Autant de fois les autres sont autant de fois je ne suis et c’est pour cela qu’on a envie d’en savoir plus long sur tous les gens qui habitent ce pays Belgique, sur toutes ces langues que l’on parlait jadis, on voudrait tout savoir sur le wallon, ce latin venu à pied du fond des âges.
On aurait du nous faire connaître nos 3 cultures et les cultures de celles et de ceux qui viennent chez nous de pays lointains.
Dès le moment où nous sortons du ventre de notre mère nous devenons toutes et tous des émigrés. Le destin ou le hasard nous ont réunis.

Nous sommes à bord du même navire qui hélas prend l’eau... parce qu’il n’y a pas de cohésion parce qu’on a biffé nos particularités au profit d’un “prêt à porter musical” qui nous vient des States; la télévision belge ne crée plus de nouvelles émissions, en tout cas elles se font rares, un pays sans créateurs, sans création artistique s’enfonce dans le fleuve de l’oubli, on importe des feuilletons gagatisants ou violents made in U.S.A qui font juste de la publicité pour les marchands d’armes....

Mais les événements sont nos maîtres, sans doute tout cela arrive pour que nous prenions chacun chacune en main notre propre destin et en même temps le destin de notre pays.
La gérance d’un pays est une chose trop sérieuse pour être mise dans les mains de n’importe qui.... suivez mon regard. Le destin nous a mis ensemble, si nous nous séparons nous allons créer un autre pays qui aura 177 ans d’expérience, ce sera l’occasion de dialoguer avec tous les habitants du monde.

  



Julos Beaucarne 8 septembre 2010

 

11:55 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Je pense que le bon sens et la pédagogie existent encore, mais ils ont en grande partie déserté les mondes du pouvoir et de l'avoir.

Écrit par : syllea | 10 septembre 2010

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Bonjour Julos,
A 100% au diapason de votre coup de gueulle. Vérité toujours bonne à dire, mais avec le talent qui est le vôtre elle prend une résonance particulière . Il ne faut pas être expert pour dresser un état des lieux de notre pauvre B. et de ceux qui en sont les fossoyeurs. Les pauvres quidams dont je fais partie assistent impuissants, mais pour combien de temps encore, à l'étalage de l'absurdité de nos "sinistres politiques" . Sans complexes ceux-ci (certains mais nombreux) paradent sur ce qui reste de scène nationale avant un dernier baisser de rideau! La claque est molle du côté des nationalistes et les guignols du 16 regardent leur nombril avec délectation. Rien ne va plus, mais pas étonnant dès lors que la désertion est devenu un sport...
Triste aussi l'absence de nos artistes, de toutes langues, sur les ondes "nationales"! On ne vous entend plus qu'à de rares (trop rares) occasions et vos plus belles chansons glissent doucemment vers la fosse de l'oubli. Je fredonne parfois encore quelques unes de vos chansons, mais leurs paroles s'envolent au gré du vent de ma mémoire.
En presque voisin, j' habite Piétrain, je vous remercie pour tout ce que vous m'avez apporté et vous souhaite bien de bonnes choses.
Patrick.

Écrit par : Patrick | 10 septembre 2010

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c'est le narrenschiff, comme on dit en Rhénanie : le nef des fous, et le plus deviendra capitaine…

Écrit par : le babel | 15 septembre 2010

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Je suis belge... et fière de l'être...c'est le pays de mes ancêtres...avec des origines françaises. Mais voilà j'habite la Belgique depuis mon enfance..j'ai peu voyagé...sauf dans ma tête et mon coeur. Je trouve cela bien triste de ne pas pouvoir entendre nos différences...qui pourtant sont des richesses. Nous avons trois langues reconnues et beaucoup de patois dans ces langues. Je fais briller mon espérence de voir se concilier ce que les autres appellent... "l'inconciliable". Je suis peut-être naïve mais je formule des voeux pour que la Belgique sorte plus forte de cette crise. Et se rappeler que nous sommes des être humains de communication...un pas vers l'autre..oui c'est MAINTENANT. Je vous embrasse.
Anne Marie

Écrit par : anne marie | 18 septembre 2010

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