20 décembre 2010

Le petit Jésus

 
 
Mon Dieu Seigneur quel' affaire!
C’était un beau petit enfant, sais-tu, çuila le p’tit Jésus.T’en rappelles-tu? T’en rappelles-tu?
Note bien, il a tout changé sa tête, ça dépend des églises. Tu vas le voir dans une église n’est pas l’même que dans l’autre, sais-tu! Faut croire que des petits Jésus y’ en a autant qu’il y a d’églises.
Mais quand tu r’gardes l’ histoire-là, le monde, y n’a pas de suite dans les idées.
C’est vrai ça faisait des milliers d’années qu’on l’attendait....
Tout le monde s’écriait:: ”Attention les gars, il arrive, ce sera pas long”. Il était attendu comme le messie, c’ t’enfant là!
On pensait que quand  il s’rait venu au monde, on aurait dû refuser du monde, qu’ il s’rait né à bureaux fermés ... ”soldout” quoi !
C’ est vrai, tout le monde criait” Hosanna! Hosanna!
Il arrive, pas un chat, deux p’ tits moutons et un berger! Et pourtant un beau p’ tit enfant comme celui-là, sais-tu, on n’ en avait  jamais vu: de belles petites crolles, de belles petites menottes: Poucet, Laridet, grande dame, Jean d’Aiseau, petit couteau, petit couteau, tout y était......
Moi, c’ qui m’ a fait le plus de peine, c’est que c’ t’enfant-là a eu l’idée de v’nir au monde en pleine nuit de Noêl! Et même il est tombé sur l’ premier Noêl de tout!
Y n’a pas eu un cadeau, il a braillé, il a braillé  mais c’est pas parce qu'il n’avait pas d’cadeaux, mais j’ voudrais bien t’y voir moi, naître dans une étable en plein mois de décembre!
Pour avoir des cadeaux, il a été obligé d’attendre après les Rois, les Rois mages “les grands efflanqués” d’ l’ écriture sainte. Y z’ étaient partis six mois à l’avance sur deux gros chameaux:
“Où c’est qu’ vous allez ?” 
“On s’en va porter des cadeaux à l’enfant Dieu” 
”Allez-vous le trouver seulement?”
”Suffit d’ suivre l’ étoile”
Mais y’ en avait un maudit paquet d’étoiles: Véga, Arcturus, Kohoutek, la comète de Halley, tout le bazar. Ils se sont trompés dix fois d’ chemin, ils sont arrivés dix jours en retard. Mais c’ t’ enfant là aurait pu mourir d’une pneumonie en les attendant! Heureusement ça ce n’était pas écrit dans l’ évangile.
Et puis les v’là qu’ils arrivent avec leurs cadeaux, mais devine un peu quels cadeaux? De la myrrhe et de l’encens pour un bébé naissant! Heb bi st’elle-ci ! N’avaient pas fait les magasins longtemps pour trouver ça! De la myrrhe et de l’encens? N’auraient pas pu apporter des chaussons comme tout le monde ...
Note bien que dans un sens, avec les deux animaux qu’étaient dans l’étable, un peu d’encens et un peu de myrrhe, ça n’a pas fait d’ tort!
Mais quand même si j’avais été St Joseph, je leur aurais parlé. Mais pauv’ St Joseph! Y n’ avait pas la tête à ça, sais-tu, il n’en revenait pas encore.Y s’ demandait bien comment ça avait bien pu arriver. Y disait  ”Pourtant j’ n’ y suis pour rien”. Et surtout ce qui ne lui plaisait pas c’était le boeuf qui le regardait tout le temps en riant.
Note bien pour moi, personnellement, la personne que je plains le plus là-dedans c’est la Vierge Marie, c’ est pour elle que ça a été le plus pire! C’est elle qui a eu le plus difficile à passer ”out” de tout ça. C’est vrai: une toute jeune fille! 18 ans, 17 ans, peut être même 16 ans, on ne sait pas! Pas d’expérience, dans l’temps, les filles sortaient pas, y avait pas des émissions de télévision pour t’expliquer comment ça se passait.
Quand le grand Gabriel est v’nu, celui-là y fait épais ousqu’y s’perdrait, sais tu, quand le grand  Gabriel est venu, il a dit ”Veux-tu, veux-tu?” Elle a répondu: ”Oyi oyi dji vou bin”, elle savait pas qu’après y r’ viendrait pu jamais!
C’est quand même malheureux, même dans les anges on ne peut pas avoir confiance! ça c’est malheureux .
 
 
Le texte du petit Jésus a été écrit par le québécois Yvon Deschamps et aménagé par Julos Beaucarne pour les publics belges et français.
Ce texte se trouve sur le disque  ”Front de libération des arbres fruitiers”
Disponible chez Claude Duchateau  Tél : OO32 (0)10 41 73 74

15:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Quand le grand Gabriel est v’nu, celui-là y fait épais ousqu’y s’perdrait, sais tu, quand le grand Gabriel est venu, il a dit ”Veux-tu, veux-tu?” Elle a répondu: ”Oyi oyi dji vou bin”, elle savait pas qu’après y r’ viendrait pu jamais!
C’est quand même malheureux, même dans les anges on ne peut pas avoir confiance! ça c’est malheureux .

...tendrement nadine

Écrit par : nadine | 20 décembre 2010

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La première fois que j'ai entendu l'histoire du petit Jésus revisitée....par vous Julos...votre "parler" si proche de celui de mon grand-père....et bien j'ai beaucoup ri à m'en broyer les côtes.
Vous n'avez pas votre pareil pour me réjouir le coeur et l'esprit.
Je vous embrasse pour tout ce bon. Anne Marie

Écrit par : anne marie | 20 décembre 2010

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Un grand classique qui me fait toujours autant rire!
Joyeux Noël, Cher Julos.

Gilles

Écrit par : Gilles | 23 décembre 2010

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Oui cher Julos

Je vous souhaite une joyeuse fête de Noël entouré de tous les vôtres.

Plein de douceur à partager. Je vous ma tendresse en partage. Anne Marie

Écrit par : anne marie | 23 décembre 2010

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Ho là là je finis l'année avec des mots restés dans le clavier :-). J'ai l'amour en tête....oui oui...

Je recompose ma phrase...."Je vous donne ma tendresse en partage.". Plein de bon à vous Julos et à tous

ceux qui laissent un commentaire sur votre blog. La tendresse se partage. Joyeux Noël. Anne Marie

Écrit par : anne marie | 23 décembre 2010

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Ce n'est point le petit Jésus qui m'a offert "LA BELGIQUE DE PAPA" pour cadeau de Noël..c'est une de mes filles!!! Je viens de le "dévorer".. et je m'y suis retrouvée :-) J'ai le souvenir du fauchage...des blés en ballots...faits par des mains courageuses. Je vois encore ma mère...aux champs...moi avec... en douceur emportée (j'avais cinq ans..soixante-et-un maintenant:-)...les gens de la ferme d'en face... leurs enfants...tous réunis à l'angélus partageant le pain ...le café dans "le thermo", l'eau emportée dans des "gourdes". Je me revois gambadant..riant au soleil généreux ... au chant de l'alouette au ciel monté. Je nous revois tous fatigués du labeur... nous en retourner au foyer... au dessus des grandes "charrées" de blé à engranger... à mener au moulin pour la farine pour pétrir le bon pain... le savourer en grandes et épaisses tranches découpées...avec du bon beurre dessus. C'est la nostalgie que ce temps là...je pourrais toujours écouter Mozart...Chopin et ma mère Luis Mariano :-)...avec un simple transistor. Le saviez-vous Julos....le cheval tout en oeil de côté nous regarde dans les yeux...il y lit notre joie comme notre peine. Un peu de vague à l'âme...et je m'en vais le conter à cette vieille copine (unique cheval de trait que je connaisse dans mon village). Elle m'offre son regard silencieux... je m'en retourne toute apaisée. Ces quelques mots à vous offrir Julos comme cadeau de Noël. Je vous embrasse. Anne Marie

Écrit par : anne marie | 26 décembre 2010

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La première fois que j'ai entendu ce texte, c'était il y a trente ans. Je cherchais sa trace sur la toile et j'ai le bonheur de le retrouver ici, très vite.

Il n'a rien perdu de sa fraîcheur et de sa drôlerie. :)

Écrit par : Marilou | 23 janvier 2011

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je peux l'écouter des dizaines et des dizaines de fois, c'est toujours un pur bonheur.

Écrit par : sylvette | 23 mai 2012

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