10 mars 2011

Jean-Pierre Von der Becke

 

Lors de l'enterrement de mon ami Jean-Pierre Von der Becke qui a vécu longtemps avec les gorilles dans les montagnes du Rwanda, j'ai chanté et lu ces deux textes. C'était le 25 février 2011.

 

C'est le premier jour

De ton grand voyage

Tu ouvres les yeux

Dans l'autre univers

Tu as fait le tour

De tous nos mirages

Tu vois bien mieux

Le monde à l'envers

Tu as perdu corps

C'est pour prendre espace

Tu as trouvé mort

Mais vis Dieu sait où

Adieu faux décors

L'esprit cherche place

Dans le désaccord

De ce qui fut nous

 

Texte de Liliane Wouters

 

 

J'ai vécu à Nyagatare quand s'allumaient les candélabres des euphorbes.

J'ai vécu à Kakitumba en compagnie des clapotis des hippopotames.

J'ai vécu à Kigali dans le parfum des eucalyptus.

J'ai connu Biumba et la montagne et ce parc de l'Akagera où avec Jules Hannotier nous récoltions les mouches tsé-tsé pour les laboratoires.

J'ai chevauché dans mes imaginaires ces antilopes impala aux grâces singulières.

J'ai vu de mes yeux vu, le buffle, le zèbre, le lion.

J'ai entendu les griots de toutes les Afriques improviser sur les villes lointaines si attrayantes pour les gens du bout des mondes.

 

C'est Jean Pierre Von der Becke mon ami de toujours qui m'a présenté ses amis les gorilles des hauts plateaux. Et j'ai parlé avec eux le langage universel de l'amitié et de la chaleur.

 

Ô mes gorilles alanguis dans vos siestes sacrées, les regards que vous m'avez lancés m'ont donné singulièrement à penser.

Où s'arrête le pays de la conscience ?

Où l'homme commence-t-il ?

Où finit l'animalité ?

L'homme est-il un primate qui a poussé trop vite ?

Le gorille a-t-il hésité à devenir un homme devinant peut-être que passée la frontière entre la bête et l'homme, il devrait renoncer à sa sacro-sainte liberté ?

Qui a commencé sur la terre ?

Le poisson ? Le gorille ? L'homme ?

Qui a commencé cette singulière aventure qui nous a conduit au jet, à l'ordinateur, à la lune, à la comète de Halley et Dieu sait où encore ?

Qui décide de l'heure de notre mort?

 

Julos Beaucarne

Extrait du livre de Ben Verhé  « les mille merveilles du Rwanda »

 

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14:16 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

La mort n'a pas d'heure. Elle fige un temps fugace, raidit nos membres et détruit nos corps en une fraction de seconde. Notre vie n'est qu'une fraction de siècle et un millénaire n'est qu'un millionième de temps.Le dénominateur est le vide sidéral et l'éternité.
Que le numérateur soit un ,un million, un milliard ou des centaines de millions de milliards, il égale zéro.
Zéro est donc la somme de tous nos efforts depuis l'aube des temps . C'est le temps revêtu.
Il n'y a rien à compter et l'homme s'ingénie à chiffrer et d'équations en équations à tenter de comprendre..Tout cela n'est que vanité. .
Il suffit de contempler et se taire .....humblement !
L'homme commence où il finit.. C'est le temps révolu.
Jacques

Écrit par : Jacques | 10 mars 2011

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Bonjour Julos,

Un ami qui s'en va pour l'au-delà, "il est mort...il est invisible, il est dans mon coeur" ce sont les paroles de mon petit-fils, complice des moments joyeux passés au jardin...au secret d'une cabane, il a quatre ans...c'est un sage. Pour vous ses mots en partage. Je vous embrasse. Anne Marie

Écrit par : Anne Marie | 10 mars 2011

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