28 mai 2011

Massacre en Syrie

 

Au moins sept personnes, dont deux femmes, ont été tuées par les forces de sécurité qui bombardent indistinctement quatre quartiers de la localité de Tal Kalakh, à 150 km au nord-ouest de Damas et près de la frontière avec le Liban, a dit un militant à l'AFP citant des témoins. Il a affirmé que le nombre de victimes pourrait être plus important, précisant que sept avaient jusqu'ici été identifiées. Trois des victimes ont été tuées "alors qu'ils quittaient la mosquée Othman Ibn-Affan dans le centre de Tal Kalakh", selon un témoin joint par téléphone par l'AFP. Il a précisé que les tireurs "étaient des membres des services de sécurité".

 

"La situation est très mauvaise, des chars ont été déployés dans plusieurs quartiers", a dit cet homme qui semblait terrifié, avec des tirs résonnant en bruit de fond. "Il y a beaucoup de gens blessés dans les rues et nous ne pouvons pas aller les chercher", a-t-il ajouté.

 

DÉPLACEMENTS AU LIBAN

 

A la frontière avec le Liban, une Syrienne a été tuée et six autres personnes blessées, dont une fillette, un soldat libanais et trois Syriens, par des tirs venant de Syrie alors que quelques dizaines de Syriens fuyaient à pied Tal Kalakh. Des tirs sont partis du côté syrien au moment où les déplacés traversaient le point de passage d'Al-Boqayaa, généralement utilisé par des contrebandiers, et à travers lequel transitent depuis vendredi des centaines d'habitants de Tal Kalakh vers la localité libanaise de Wadi Khaled.

 

Selon une source des services de sécurité libanais, deux gardes-frontière syriens étaient parmi ceux fuyant le côté syrien. L'un d'eux a succombé à ses blessures à son arrivée au Liban. De son côté, le journal syrien Al-Watan, proche du régime, a affirmé que des hommes armés avaient fui Baniyas (nord-ouest) et Homs, et trouvé refuge à Tal Kalakh. "De lourds combats ont eu lieu hier (samedi) soir entre l'armée syrienne et des groupes armés, qui ont pris position à Tal Kalakh", a-t-il affirmé, ajoutant que des "combattants" étaient venus du Liban pour apporter un soutien aux groupes armés.

 

"UN RÉGIME QUI TIRE AU CANON CONTRE SA POPULATION PERD SA LÉGITIMITÉ"

 

Le mouvement de contestation en Syrie a débuté à Damas le 15 mars, à l'appel d'une page Facebook, avant de s'étendre à d'autres villes. Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l'état d'urgence et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime. La répression a fait en deux mois quelque 700 morts et entraîné des milliers d'arrestations à travers la Syrie, suscitant de vives critiques au niveau international.

 

Dans un entretien au quotidien panarabe Al-Hayat, publié samedi 14 mai, Alain Juppé a lancé un avertissement au président Bachar Al-Assad : "Un régime qui tire au canon contre sa population perd sa légitimité. Nous souhaitons une Syrie stable mais nous pensons que la vraie stabilité n'est pas dans la répression. Elle est dans la réforme."

 

Pour le chef de la diplomatie française, le régime syrien "va dans le mur" s'il "ne change pas de ligne politique, s'il persévère dans son analyse (...) que les mouvements auxquels il est confronté sont des mouvements séditieux, plus ou moins encouragés de l'extérieur". Alain Juppé souligne par ailleurs que le texte des sanctions adoptées par l'Union européenne contre treize membres du régime syrien "laisse ouverte la possibilité d'étendre la liste" à d'autres responsables, dont le président Assad.

 

Info du 27 mai, source "Stephanie B - Avaaz.org" <avaaz@avaaz.org>

14:46 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Aussi grave que les régimes qui brulèrent les livres dans les années 30 en Allemagne ..
Amicalement

Écrit par : aramis-echotier | 28 mai 2011

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Il est temps de laisser en nous l'orage gronder. La presse fait ses choix : on ne parle pas des Syriens assassinés. Et pourtant ! On le sait bien, le pire qui est déjà là, va gonfler dans l'étoupe du Liban du Sud tant que nous continuerons à regarder s'il y a de la lumière aux fenêtres dorées du Marquis de Strauss-Kahn. Je vais chercher les mots dans le silence des médias, et au moins le forum du silence, le tien, les accueillera, comme des réfugiés d'une guerre dont on ne parle pas…

Écrit par : le babel | 29 mai 2011

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Cher Julos,

Je n'ai point vécu "la guerre"...mon père oui... il n'en parlait beaucoup, la souffrance

était là...et difficile d'oublier tous les sévices vécus par nos familles quand elles daignaient

en parler un peu et que nous tendions l'oreille. Et cela continue au nom...de l'argent...de la

possession.

Je ne veux fermer les yeux...juste ne pas reproduire de violence. Je n'ai le pouvoir de

décision juste l'empathie envers tous ces blessés de la vie.

Je vous embrasse.

Anne Marie

Écrit par : Anne Marie | 04 juin 2011

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