21 juin 2011

Je lance une fusée d'alarme

Bien sûr je lance une fusée d’alarme pour tant de langues oubliées qui disparaissent avec la mort des anciens qui s’en sont allés, chuchotants sous terre la langue “silence”, plus loin que loin en éternité-land, ce pays  plus que jamais surpeuplé car plus que jamais les massacres font recette et l’éternité affiche de plus en plus complet.

Parfois ils ne veulent pas se taire, les morts, ils chahutent dans les nuits d’été; ils disent aux humains qui restent  "arrêtez de vous trucider, il n’y aura bientôt plus d’histoires faute d’avoir des gens pour les raconter ". Et vous les gardiens du sacro saint ciboire vous vous êtes saoulés à force de boire le mauvais vin des messes noires.

Je voudrais que ma langue wallonne persiste et dure jusqu’aux abords de l’éternelle éternité . Dites existe-t-il l’éternel? On demande dans l’au-delà des greffiers en pagaille qui savent écrire droit et lire les méchantes écritures des dictateurs, des tueurs. De ces tueurs dites-moi est il important de parler ?

Dommage qu’on ait inventé les armes à feu et celles, pires encore, atomiques  qui nous poursuivront peut être dans des siècles et des siècles quand nous serons 999 999 fois morts et oubliés le même nombre de fois.

La machine du silence avance et tout doucement s’oublie ... elle même . Anachronique le saltimbanque, crient les fous du faux progrès, du faux-semblant ! Le terroir n’a plus d’importance, la terre est devenue autoroutière, le dieu tout puissant “Béton” cache la terre et l’on coupe toutes les forêts d’Amazonie.  Sarayacu est cerné par les compagnies pétrolières qui n’hésitent pas à tuer pour imposer leur loi. Que deviendra notre chère terre-mère  sans sa chevelure de forêts ? Et notre mère l’eau indispensable va-t-elle garder sa pureté?

Maintenant que les musiques marchent au pas que deviendra la simple parole, celle qui voulait toucher le coeur des enfants que nous fûmes jadis. Sommes nous ”les acteurs de la vie économique et sociale” comme on dit ? La Belgique balbutie . 

Un mot peut il avoir du poids dans les oreilles contemporaines mises à sac par les bulldozers sonores de la guerre et des mentors menteurs de “la  politique “ cette vieille machine rouillée entretenue par des discoureurs populistes. Leurs mots sentent la naphtaline, ils ont un goût de revenez-y , il veulent ressusciter un certain passé totalement dépassé et sanguinaire, ils regardent leur avenir dans un rétroviseur sanglant.

 

Julos  samedi 18 juin 2011

18:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Oh JUlos,

Comme je vous sens si déçu. J'aimerais avoir les mots, les clés pour dénouer tous

ces conflits. J'ai un grand soleil intérieur à partager, du bon à donner..., j'aime entendre

les mots tout beaux tout chaleureux à mon coeur d'enfant d'hier et d'aujourd'hui. Aragon est

toujours présent et Ronsard l'est tout autant...et vos poèmes si doux à mon âme

m'accompagnent.

Et que dire de votre musique douce, vivante...et dynamique. Oui vous êtes là...présent.

Je vous embrasse pour tout ce bon reçu.

Anne Marie

Écrit par : Anne Marie | 21 juin 2011

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Comme les mots de Julos sont beaux et fraternels et que sa présence est chaleureuse! Et que cela est bon de savoir que de tels hommes existent

Écrit par : gazou | 22 juin 2011

Comme les mots de Julos sont beaux et fraternels et que sa présence est chaleureuse! Et que cela est bon de savoir que de tels hommes existent

Écrit par : gazou | 22 juin 2011

Merci Julos.
Quand on voit ce qui se passe dans le monde, on en oublie ce qui se passe chez nous.
Il n'y a pas d'enfants soldats chez nous, mais on en invente. Air Soft! On joue à la guerre avec des armes démilitarisées!!!
Je suis triste.
Nos petits enfants savent-ils encore faire des couronnes de pâquerettes?
J'ai peur, Julos, et je te l'ai déjà dit.
Bisous

Écrit par : aurelie | 22 juin 2011

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Chaque langue nous dit une forme du monde. Un exemple : on connaît l'humour juif. La culture juive est faite d'humour. Elle est faite aussi de bricolages savants. Ainsi l'hébreu est la seule langue à n'avoir qu'un seul verbe régulier. Un seul verbe régulier ! Tous les verbes sauf un sont des exceptions. Le seul verbe régulier, donc qui obéit comme obéit un bon soldat, est le verbe qatal, qui veut dire « tuer ». Mais l'hébreu n'est pas en danger, par contre…
En Amazonie survivent des langues qui meurent à mesure que brûle la forêt qui abrite ceux qui les parlent. Il en est une qui ne contient comme nombre qu’Un, deux, cinq et beaucoup. Ça leur suffit : ce n’est pas un peuple d’experts comptables ! Beaucoup de langues africaines ne disposent que de quelques couleurs : noir, blanc, rouge et vert, par exemple. Idem, ils vivent très bien sans jaune ni garance. Ces langues ont résonné des millénaires durant sous la futaie, parmi les cris de la vie, et les bruits de la jungle d’Amazonie. Les moteurs des half-tracks, des tronçonneuses, des ébarbeuses, des déforesteurs les éliminent : il faudra demain parler portugais ou espagnol. Avec ces langues meurent les légendes des Tribus d’Amazonie leurs mythes, leurs visions du monde, mais aussi leur connaissance des plantes qui soignent ou tuent, des animaux qui nourrissent l'homme ou s'en nourrissent.
Les groupes industriels de chimie récoltent les savoirs pour breveter de nouvelles molécules, offrent un maillot et une culotte à leurs précieux professeurs d'un jour, et s'en vont, heureux de les avoirs vêtus avant qu'ils ne se retrouvent seuls devant la « civilisation ». Pour tuer une langue, il faut mettre à mort physiquement ou socialement ceux qui la parlent. Souvent le second entraîne le premier.
Quand l'Amazonie ne parlera plus qu'espagnol ou portugais : combien d'arbres seront encore debout ? ? Les espèces animales et végétales qui n’ont de nom qu'en ces langues auront-elles disparu avec les tribus qui les tutoyaient ?
Je suis un des concierges de la tour de Babel, alors croyez-moi, Julos a raison.
Chaque langue nomme chacun de nous d'un nom particulier : cela qui nous permet d'être chacun quelqu'un et pas n'importe qui.
Qui voudrait d’une vie où il n’a plus de nom ?

Écrit par : le babel | 04 juillet 2011

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Chaque langue nous dit une forme du monde. Un exemple : on connaît l'humour juif. La culture juive est faite d'humour. Elle est faite aussi de bricolages savants. Ainsi l'hébreu est la seule langue à n'avoir qu'un seul verbe régulier. Un seul verbe régulier ! Tous les verbes sauf un sont des exceptions. Le seul verbe régulier, donc qui obéit comme obéit un bon soldat, est le verbe qatal, qui veut dire « tuer ». Mais l'hébreu n'est pas en danger, par contre…
En Amazonie survivent des langues qui meurent à mesure que brûle la forêt qui abrite ceux qui les parlent. Il en est une qui ne contient comme nombre qu’Un, deux, cinq et beaucoup. Ça leur suffit : ce n’est pas un peuple d’experts comptables ! Beaucoup de langues africaines ne disposent que de quelques couleurs : noir, blanc, rouge et vert, par exemple. Idem, ils vivent très bien sans jaune ni garance. Ces langues ont résonné des millénaires durant sous la futaie, parmi les cris de la vie, et les bruits de la jungle d’Amazonie. Les moteurs des half-tracks, des tronçonneuses, des ébarbeuses, des déforesteurs les éliminent : il faudra demain parler portugais ou espagnol. Avec ces langues meurent les légendes des Tribus d’Amazonie leurs mythes, leurs visions du monde, mais aussi leur connaissance des plantes qui soignent ou tuent, des animaux qui nourrissent l'homme ou s'en nourrissent.
Les groupes industriels de chimie récoltent les savoirs pour breveter de nouvelles molécules, offrent un maillot et une culotte à leurs précieux professeurs d'un jour, et s'en vont, heureux de les avoirs vêtus avant qu'ils ne se retrouvent seuls devant la « civilisation ». Pour tuer une langue, il faut mettre à mort physiquement ou socialement ceux qui la parlent. Souvent le second entraîne le premier.
Quand l'Amazonie ne parlera plus qu'espagnol ou portugais : combien d'arbres seront encore debout ? ? Les espèces animales et végétales qui n’ont de nom qu'en ces langues auront-elles disparu avec les tribus qui les tutoyaient ?
Je suis un des concierges de la tour de Babel, alors croyez-moi, Julos a raison.
Chaque langue nomme chacun de nous d'un nom particulier : cela qui nous permet d'être chacun quelqu'un et pas n'importe qui.
Qui voudrait d’une vie où il n’a plus de nom ?

Écrit par : le babel | 04 juillet 2011

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