27 mars 2012

le procès d' Alexandra Guillemin

 

C'est une sale affaire de violence et de misère. Une de celles auxquelles on rechigne à s'intéresser parce que tout cela semble trop loin, trop moche et qu'on en a bien assez comme ça. C'est ce que l'on pensait, au début. Comme sans doute les six jurés - quatre femmes, deux hommes - tirés au sort devant la cour d'assises du Nord pour juger Alexandra Guillemin, 32 ans, qui comparaissait pour le meurtre de son mari, Marcelino.

Un soir de juin 2009, dans la cuisine de leur appartement à Douai, cette mère de quatre enfants a dit à son mari qu'elle voulait le quitter. Il a explosé de fureur, a cherché à l'étrangler, elle a saisi un couteau de cuisine. La plaie dans le cou mesurait 13,5 cm de profondeur. Il est mort sur le coup, "dans une mare de sang", dit le procès-verbal des policiers. Voilà pour les faits.

Le procès s'est ouvert mercredi 21 mars. Alexandra Guillemin comparaissait libre après dix-sept mois de détention provisoire. Elle s'est assise dans le prétoire, le visage légèrement incliné, ses longs cheveux sombres noués sur la nuque, les yeux baissés, les mains posées sur les genoux et elle n'a plus vraiment bougé. Dehors, c'était le printemps, le ciel était bleu tendre. Le soleil inondait les murs clairs de la salle d'audience. C'est là, dans cette lumière si blanche, si crue, qu'une cour et des jurés ont plongé dans la nuit d'une femme.

Alexandra avait 17 ans, elle était en première, au lycée, quand elle a rencontré Marcelino, un Gitan sédentarisé, de quatorze ans son aîné. Elle est tombée amoureuse, a claqué la porte de chez sa mère qui ne l'aimait guère et rompu avec son père qui était en colère. Quelques mois plus tard, elle s'est mariée, le premier des quatre enfants est né et Alexandra Guillemin a renoncé à passer son bac. Le reste est un long calvaire. Une épouse que l'on viole, frappe, insulte et humilie. Que l'on menace lorsqu'elle murmure des confidences à sa sœur au téléphone ou cherche à voir son père. Que l'on épie quand elle tente de se confier à l'assistante sociale. Que l'on écrase et engloutit. Au XXIe siècle, dans une ville française, une ombre dans une caverne.

Pendant trois jours, un homme ne l'a pas quittée des yeux. Luc Frémiot est avocat général. Cela fait plus de dix ans qu'il se bat contre les violences conjugales. Qu'il essaie de secouer les consciences. Qu'il tonne à l'audience, bat les estrades, s'invite dans les colloques. Qu'il donne des instructions écrites aux policiers pour transmettre systématiquement au parquet les "mains courantes" déposées par les femmes, afin de ne pas laisser échapper la moindre chance de briser le silence, d'endiguer la violence dès le premier coup porté. Pour qu'il ne soit pas suivi d'un deuxième, puis d'un troisième, qui fait plus mal, détruit plus profond.

Il l'a regardée, Alexandra Guillemin, lorsqu'à la barre elle triturait son mouchoir, en répondant d'une voix faible aux questions de la présidente, Catherine Schneider. Lorsque des larmes roulaient sur son visage à l'évocation par les voisins, par les rares amis, par les dépositions de ses enfants, de ce qu'avait été sa vie. Lorsqu'elle chassait de la main les images qui l'assaillaient, honteuse de devoir expliquer ce que son corps avait subi et qu'elle avait toujours tu. Luc Frémiot observait tout, aspirait tout. Il a dévisagé aussi ces femmes assises dans le public, dont soudain s'échappait un cri, presque un ordre : "Parle, Alexandra ! Parle !" Il a crucifié du regard cet officier de police judiciaire concédant un "dysfonctionnement" quand on lui a demandé d'expliquer comment et pourquoi son service n'avait pas jugé nécessaire de donner suite à la plainte que voulait déposer Alexandra Guillemin contre son mari. Elle avait l'œil tuméfié, on lui a conseillé une main courante et on l'a renvoyée chez elle parce que "ça ne saignait pas".

Vendredi 23 mars, l'avocat général s'est levé. Ou, plus justement dit, il s'est jeté. Les notes sur le carnet ne disent ni la voix qui enfle et se brise, ni les silences, le souffle qui emporte, les mains tendues qui escortent les paroles jusqu'aux visages concentrés des jurés, le regard suspendu de l'accusée.

"Alexandra Guillemin, nous avions rendez-vous. C'est un rendez-vous inexorable, qui guette toutes les victimes de violences conjugales. Ce procès vous dépasse parce que derrière vous, il y a toutes ces femmes qui vivent la même chose que vous. Qui guettent les ombres de la nuit, le bruit des pas qui leur fait comprendre que c'est l'heure où le danger rentre à la maison. Les enfants qui filent dans la chambre et la mère qui va dans la cuisine, qui fait comme si tout était normal et qui sait que tout à l'heure, la violence explosera.

Elles sont toutes sœurs, ces femmes que personne ne regarde, que personne n'écoute. Parce que, comme on l'a entendu tout au long de cette audience, lorsque la porte est fermée, on ne sait pas ce qui se passe derrière. Mais la vraie question, c'est de savoir si l'on a envie de savoir ce qui se passe. Si l'on a envie d'écouter le bruit des meubles que l'on renverse, des coups qui font mal, des claques qui sonnent et des enfants qui pleurent.

Ici, dans les cours d'assises, on connaît bien les auteurs des violences conjugales. De leurs victimes, on n'a le plus souvent qu'une image, celle d'un corps de femme sur une table d'autopsie. Aujourd'hui, dans cette affaire, nous sommes au pied du mur, nous allons devoir décider.

Mon devoir est de rappeler que l'on n'a pas le droit de tuer. Mais je ne peux pas parler de ce geste homicide sans évoquer ces mots des enfants : 'Papa est mort, on ne sera plus frappés'. 'Papa, il était méchant'. 'Avec nous, il se comportait mal, mais c'était rien comparé à ce qu'il faisait à maman'. On n'a pas le droit de tuer, mais on n'a pas le droit de violer non plus. D'emprisonner une femme et des enfants dans un caveau de souffrances et de douleur.

Je sais la question que vous vous posez. 'Mais pourquoi Alexandra Guillemin n'est-elle pas partie avec ses enfants sous le bras ?' Cette question est celle d'hommes et de femmes de l'extérieur, qui regardent une situation qu'ils ne comprennent pas et qui se disent: 'Mais moi, je serais parti !' En êtes-vous si sûr ? Ce que vivent ces femmes, ce qu'a vécu Alexandra Guillemin, c'est la terreur, l'angoisse, le pouvoir de quelqu'un qui vous coupe le souffle, vous enlève tout courage. C'est sortir faire les courses pendant cinq minutes, parce que celui qui vous envoie a calculé exactement le temps qu'il vous faut pour aller lui acheter ses bouteilles de bière. Et c'est à cette femme-là que l'on voudrait demander pourquoi elle est restée ? Mais c'est la guerre que vous avez vécue, madame, la guerre dans votre corps, dans votre cœur. Et vous, les jurés, vous ne pouvez pas la juger sans savoir les blessures béantes qu'elle a en elle. C'est cela être juge, c'est être capable de se mettre à la place des autres. Alexandra Guillemin, il suffit de l'écouter, de la regarder. De voir son visage ravagé. Mais un visage qui change dès qu'elle parle de ses enfants. On a beaucoup dit qu'elle était 'passive'. Mais c'est une combattante, cette femme ! Ses enfants, elle leur a tenu la tête hors de l'eau, hors du gouffre. Il n'y a pas beaucoup d'amour dans ce dossier, mais il y a le sien pour ses enfants, et ça suffit à tout transfigurer. Sephora, Josué, Saraï, Siméon ont 13, 11, 8 et 6 ans aujourd'hui, ils vous aiment, ils seront votre revanche.

Nous, la question que nous devons nous poser, c'est : 'De quoi êtes-vous responsable, Alexandra Guillemin ?' Quelle serait la crédibilité, la légitimité de l'avocat de la société qui viendrait vous demander la condamnation d'une accusée, s'il oubliait que la société n'a pas su la protéger ? Alors, je vais parler de légitime défense. Est-ce qu'au moment des faits, Alexandra Guillemin a pu penser qu'elle était en danger de mort ? Est-ce qu'en fonction de tout ce qu'elle a vécu, subi, elle a pu imaginer que ce soir-là, Marcelino allait la tuer ? Mais bien sûr ! Cela fait des années que ça dure. Alexandra a toujours été seule. Aujourd'hui, je ne veux pas la laisser seule. C'est l'avocat de la société qui vous le dit : vous n'avez rien à faire dans une cour d'assises, madame. Acquittez-la !"

Vendredi 23 mars, six jurés - responsable de paie, retraitée, techniciens, ingénieur, assistante d'achat - et trois magistrats professionnels l'ont écouté. Et d'une sale affaire de violence et de misère, si loin, si moche, ils ont fait un grand moment de justice, si proche.

 

Pascale Robert-Diard

Article paru le 25 mars 2012 dans "le Monde"  

 

18:44 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

18 mars 2012

Sauvons radiojulos

 

Radiojulos est menacée !

Il n’y a pas assez d’audience pour le moment et le diffuseur menace de supprimer radiojulos.com du serveur si l’écoute n’augmente pas suffisamment dans les prochains mois .

Aidez-nous à sauver radiojulos en vous branchant sur www.radiojulos.com dès que vous allumez votre ordinateur et en restant connectés même si vous n’êtes pas devant votre écran.

Faites passer l’info !

Merci pour votre soutien.

 

20:18 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (29)

L'excision

Depuis qu’Lumumba fut tué

Pour avoir dit sa vérité

Depuis qu’Lahaut est là en haut

Parce qu’il avait parlé tout haut

Depuis qu’on étouffa une fille

Dans un avion pour pas qu’elle crie

Les loups ont des têtes de mouton

Derrière les roses y a des chardons

 

C’est celui qu’est tout en haut

Qui tient le manche de la faux

Si ce que tu dis cause souci,

Tu seras vite raccourci

Celui qui r’garde jouer aux cartes

S’il pète un mot d’trop on l’écarte

Les ptits r’gardants n’ont rien à dire

Su l’ jeu des grands ça c’est bien pire

 

Celui qui se tient haut perché

Il a le droit d’vous supprimer

De beaux enfants sautent sur des mines

Mais on n’arrête pas la machine

D’autres sont drogués pour tuer

Et la cocaïne les défait

Nous vivons en pleine barbarie

Les soldats violent toujours les filles

 

C’est celui qui est tout en haut

Qui tient l’manche de la faux

Si ce que tu dis cause souci

Tu s’ras vite raccourci

Celui qui r’garde jouer aux cartes

S’il pète un mot d’trop on l’écarte

Les ptits r’gardants n’ont rien à dire

Su l’jeu des grands ça c’est bien pire

 

Chez nous un jeune homme fut visé

Tiré comme lièvre en un pré

Pour le diamant Kisangani

A été totalement détruit

Y a des fabriques et des boutiques

De fusils à deux pas d’ici

La mort fait vivre nos ouvriers

L’emploi est sauf, on laisse couler

 

C’est celui qu’est tout en haut

Qui tient le manche de la faux

Si ce que tu dis cause souci,

Tu seras vite raccourci

Celui qui r’garde jouer aux cartes

S’il pète un mot d’trop on l’écarte

Su l’ jeu des grands ça c’est bien pire

 

Des femmes sont tuées à chaque jour

Par jalousie par leurs amours

Y a des p’tites filles qui sont forcées

Et toute leur vie en est gâchée

Y en a d’autres à qui on enlève

Le clitoris, leur vie s’achève

A trois ans, on tourne la page

Leur vivance est déjà veuvage

 

Tout le monde veut être tout en haut

Pour tenir le manche de la faux

Une fois qu’il l’tient, il veut faucher

Et l’cauchemar de recommencer

Les ptits r’gardants devenus grands

Veulent jouer au grand jeu des grands

Y en a pas un qu’est épargné

Tout le monde veut être le premier

 

Nous sommes six milliards tout en bas

Maraboutés au nom de quoi

Au nom du pèse, au nom du fisc

Et du sacro saint bénéfice

Mineurs et majeurs détournés

Par des bonimenteurs roués

Qui veulent que nous marchions au pas

Et dans les souliers de leur choix

 

C’est celui qui est tout en bas

Qui est bien plus fort qu’il ne croit

Si nous le voulons toi et moi

Le cauchemar s’arrêtera

6 milliards de p’tits regardants

Peuvent devenir acteurs puissants

6 milliards de gens conscients

Ensemble changent le cours du temps

 

JULOS BEAUCARNE

 

Extrait de l'album Le Jaseur Boréal

 




16:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

16 mars 2012

Le droit des femmes en Arabie Saoudite

 

En Arabie Saoudite, les violations des droits des femmes sont nombreuses, tant dans les lois qu’en pratique. En effet, il demeure à l’heure actuelle interdit aux Saoudiennes de conduire un véhicule. Elles ne sont pas autorisées non plus à se marier, à effectuer des études supérieures, à travailler ou à voyager, sans la permission d’un tuteur de sexe masculin.

La suite de la journée Internationale des femmes du 8 mars est l’occasion de demander aux autorités saoudiennes de prendre en compte les demandes des femmes qui souhaitent garantir leurs droits fondamentaux et mettre un terme à la discrimination qu’elles subissent dans leur pays.

Amnesty International salue la décision du Roi d’Arabie Saoudite d’autoriser les femmes à voter mais aussi à se présenter aux élections municipales à partir de 2015, en vue d’une nomination au Conseil consultatif. Cependant, les femmes saoudiennes subissent toujours de graves formes de discrimination, dans la législation comme dans la pratique, et sont confrontées à des obstacles qui les empêchent d’être sur un pied d’égalité avec les hommes.

Leur interdiction de conduire un véhicule n’est qu’une forme de discrimination parmi d’autres. Mais il faut toutefois noter qu’elle limite le droit de circuler librement et de réaliser des tâches quotidiennes. [Plus d'information...]

 

20:53 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

15 mars 2012

Aux enfants disparus

 

Je pense à vous, enfants disparus partis pour l'autre monde à l'entrée d'un tunnel en Switzerland.

Vous voilà partis pour toujours, vous voilà perdus.

Vos mamans, vos papas vous appellent dans la nuit et vous autres, vous criez  "papa, maman, où êtes vous?

L'absurdité ?

Vous étiez partis tout joyeux à la neige dans la féerie des vacances.

Je pense à vous.  

 

Julos 15 mars 2012

10:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (10)

14 mars 2012

Barrage en Amazonie

Mercredi dernier, le président de la principale autorité de régulation environnementale brésilienne a démissionné pour marquer son refus d'accorder une licence au projet qualifié par les experts de désastre écologique annoncé: le complexe de barrages de Belo Monte, qui creuserait au coeur de l'Amazonie une cicatrice plus grande que le canal du Panama.

Ce méga-barrage innonderait d'immenses étendues de forêt vierge et déplacerait des milliers d'Indiens d'Amazonie. Les entreprises qui tireraient bénéfice du projet ont maintes fois tenté de passer au bulldozer les anciennes lois environnementales toujours en vigueur -- et souhaitent démarrer les travaux dans les semaines à venir.

L'Amazonie est un trésor mondial, et nous devons nous mobiliser partout dans le monde pour le défendre. La récente démission pourrait faciliter l'autorisation du barrage ou au contraire, si nous sommes suffisamment nombreux à joindre nos voix, pourrait constituer un tournant dans la lutte contre ce projet. A nous d'en faire un moment décisif pour la nouvelle présidente brésilienne Dilma Rousseff face au monde. Signez la pétition d'urgence qui lui est adressée pour stopper le barrage de Belo Monte et protéger l'Amazonie -- elle sera remise de façon spectaculaire conjointement avec les groupes d'Indiens partenaires d'Avaaz dans la capitale brésilienne, dès que nous aurons atteint 300000 signatures:

http://www.avaaz.org/fr/amazon_under_threat_1/97.php?cl_tta_sign=bf6529975c8f74892691a7f6c0a021e8

15:51 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

13 mars 2012

Julos Beaucarne à Ribeauvillé

 

Spectacle à Ribeauvillé

Julos Beaucarne fait rêver le Parc

 

L’auteur-compositeur belge Julos Beaucarne a été l’invité du comité des fêtes d’Aubure à l’occasion d’un concert qui s’est déroulé au Parc de Ribeauvillé. Un beau moment assurément.

Samedi, 20 h 30, la salle du Parc à Ribeauvillé continue à se remplir bien au-delà des espérances de Jean-Pierre Segard, le président du comité des fêtes d'Aubure qui a eu l'idée d'inviter Julos Beaucarne (cf DNA mercredi).

Tout vêtu de rouge à la manière d'un moine tibétain, en contraste avec ses longs cheveux blancs, il arrive comme un oiseau libre du « Nordistan », là où le soleil met huit minutes à parvenir jusqu'à lui… et immédiatement immerge le public dans les arcanes de son inspiration polymorphe : une balade poétique jusqu'au « cercle clos de mes amours » précède une de ces picaresques cavalcades wallonnes, égayée de « Zim » - « Boum-Boum » (celle de Binche est inscrite au patrimoine de l'Unesco !), puis un rythme de samba sous les tropiques, « Cacao et chocolat ».

Car le « jaseur boréal » qui aime certes à « balbuzer » n'est pas seulement comme il fut dit un ciseleur de mots ; c'est le rêve tout entier qu'il sculpte en direct : « Un pays où personne n'est interdit de séjour » avec, en renfort, l'espoir, indissociable de l'humour. Partant du même constat, Beaucarne est Ferré à l'envers : il ne « dégueule » pas la quadrature, il l'embrasse ! Et ça marche…

Tout comme la merveilleuse harmonie du jeu scénique en trio avec Barbara d'Alcantara et le guitariste Patrick De Schuyter. Danseuse classique de formation, Barbara d’Alcantara a commencé à chanter avec Julos dans les années 90. Plutôt que de charme, c'est de grâce naturelle qu'il convient de parler quand elle chante en solo et de fraîcheur quand « l'Antoinette » accompagne Julos dans une guillerette promenade au bois pour voir courir les lapins, ou une comptine en patois wallon « Yvo meyeu s'bétchi, que s'cajouni, s'rabessi, s'margouni ». Il vaut mieux s'embrasser que se chamailler, se combattre, se « chercher misère ». Les hôtes welches pourront à cette occasion remarquer la similitude de ce dialecte endémique des brumes de la Meuse avec le leur…

C'est le résumé du message de Julos : le bonheur d'exister dans l'amour, et en prime de défendre la richesse de la langue (il énumère les pays où résident les 220 millions de francophones.)

Puis il attaque en duo une désopilante séquence boogie en américain de cuisine, prélude à une formidable démonstration de banjo de Patrick, improvisant un style cajun sur le « Folk Song » culte de « Délivrance ».

Pas avare d'imaginaire, Julos invente une partition avec des oiseaux siffleurs en bois, un horoscope pour animaux où le chat est scorpion et l'infernal bourdon des mouches mué en frétillement de… poissons. Se lance dans une série de formules en volapük apache (!) que traduit Barbara : « Eve s'est bien contentée du premier venu ! » Julos, vieux Peau Rouge « qui ne marchera jamais en file indienne » adaptant l'humour belge à la sagesse des « Natives » !

Avant-avant dernière facétie humaniste, le chevalier Beaucarne, septante six ans (anobli en 2002 après sa création d’un hymne wallon pacifique), le dernier barde vivant à interpréter Victor Hugo (« Je ne songeais pas à Rose ») est rejoint par Barbara qui ne l’accompagne pas au chant cette fois mais traduit la chanson en langage sourd-muet !

Il n’y eut pas de rappel, Julos étant revenu quatre ou cinq fois après avoir quitté la scène, mais le public parmi lequel Jean-Louis Christ en admirateur incognito, aurait pu rester toute la nuit à rêver tout éveillé.

DNA- édition de Colmar du 12 mars 2012 

 

julos-beaucarne-fait-rever-le-parc.jpg

Photo DNA

18:42 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

Fukushima

 Ce 11 mars 2012 mobilisation historique dans la vallée du Rhône.

60 000 participants ont manifesté contre le nucléaire. 

17:41 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

11 mars 2012

Fukushima ... un an déjà

11 mars 2011 ...  Fukushima sur la côte du pacifique au Japon.

Je ne me souviens plus si les mandariniers étaient en fleur, ce que je sais c'est que des ouvriers de la centrale sont intervenus courageusement pour refroidir les réacteurs .... Sont-ils encore de ce monde ?

Un tsunami avait inondé la centrale, c'était l'apocalypse  ... Les doses de millisieverts permises avaient été dépassées, parmi les ouvriers de la centrale certains ont été atteints de leucémie après une exposition de 50 millisieverts  .... Ces messieurs de TEPCO ont menti excessivement. Les ouvriers présents avaient-ils une connaissance précise des risques qu'ils couraient?

Monsieur Yzocras premier, le grand bateleur de France a-t-il conscience qu'en relançant les centrales nucléaires, il met la France et les pays limitrophes en grand danger?

 

Julos le 11 mars 2012 

11:10 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (7)

08 mars 2012

La journée de la femme

 

Les femmes sont les premières maisons des hommes et des femmes.

Elles sont leurs rampes de lancement, leurs ponts, elles leur donnent leur âme.

Ainsi les hommes pendant 9 mois ont été qu'ils le veuillent ou pas, des femmes.

Une fois sortis d'elles, hélas, il arrive qu'ils les profanent, les massacrent, les violent, les damnent.

Ô vous, qui que vous soyez, c'est aux femmes que vous devez la fête et le fait de naître,

de marcher sur la terre et de transmettre.

Ne laissez pas se faner les fleurs qui vous ont porté si tendrement vers la lumière.

Elles vous disent : "Je vous ai fait". A vous, à présent, de vous faire.

C'est à vous, aujourd'hui, d'achever l'ouvrage déjà commencé.

A votre tour de vous faire naître.

 

 Julos Beaucarne

16:11 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)