12 janvier 2013

Victor Jara

Victor Jara : la justice du Chili ouvre les yeux

Huit militaires seront jugés pour l’assassinat en 1973 du chanteur, après le putsch de Pinochet.

Dans sa chanson Lettre à Kissinger, le Wallon Julos Beaucarne faisait, en 1975, le récit du supplice du chanteur chilien Victor Jara  dans les jours qui suivirent le coup d’Etat du général Pinochet, le 11 septembre 1973.

Libération

 

 Lettre à Kissinger

Je veux te raconter, Kissinger,
L'histoire d'un de mes amis
Son nom ne te dira rien
Il était chanteur au Chili

Ça se passait dans un grand stade
On avait amené une table
Mon ami qui s'appelait Jara

Fut amené tout près de là
On lui fit mettre la main gauche
Sur la table, et un officier

D'un seul coup avec une hache
Les doigts de la gauche a tranchés


D'un autre coup, il sectionna
Les doigts de la dextre et Jara
Tomba, tout son sang giclait
6000 prisonniers criaient


L'officier déposa la hache
Il s'appelait p't-être Kissinger
Il piétina Victor Jara
"Chante ! dit-il, tu es moins fier"

Levant les mains vides des doigts
Qui pinçaient hier la guitare
Jara se releva doucement
Faisant plaisir au commandant

Il entonna l'hymne de l'U
De l'Unité Populaire
Repris par les 6000 voix
Des prisonniers de cet enfer

Une rafale de mitraillette
Abattit alors mon ami
Celui qui a pointé son arme
S'appelait peut-être Kissinger

Cette histoire que j'ai racontée,
Kissinger, ne se passait pas
En quarante-deux mais hier
En septembre septante-trois

 

Julos Beaucarne  

Chandeleur septante cinq

 

16:39 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

ENFIN ! Espérons que justice sera faite. Merci Julos, de relayer le courage de ce militant.
Un poète, Bruno DOUCET, qui est aussi éditeur, a écrit en direction des jeunes lecteurs "Victor Jara, non à la dictature", publié chez Acte Sud Junior.
Tu connais ce livre, hein ?
Nadine

Écrit par : Nadine | 14 janvier 2013

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C'est tard, mais comme pour Barbie et Papon, il est nécessaire que le devoir de mémoire se fasse et que la justice passe, même quarante ans après.

Écrit par : Gilles Poulou | 14 janvier 2013

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Oui, mieux vaut tard que jamais... Mais il faudrait aller jusqu'au bout , condamner ces crimes et tous les politicards criminels et
les gouvernants qui ont soutenu et favorisé de tels massacres, ceci pour que les nouvelles générations connaissent la vérité.

Écrit par : Paula | 18 janvier 2013

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Bonjour à tous,
Il faut être traiter ça comme si ça datait d'hier et ne pas laisser le temps effacer ce qui n'est pas effaçable...

Écrit par : Jemangevivant | 19 janvier 2013

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Bonjour ! Barbarie, quand tu fais la loi !!! Comment nos peuples peuvent-ils trouver paix et sérénité quand "l'atrocité" se veut doctrine de certaines minorités... Oui, il faut un devoir de mémoire !

Écrit par : Vanillon | 22 janvier 2013

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