11 janvier 2015

Je suis l'homme


 

Je suis l’homme, je suis l’enfant,

Je suis la femme noire, la femme jaune, la femme blanche,

L’homme noir, l’homme jaune, l’homme blanc.

 

Je suis l’oiseau

Et le poisson et la tortue

Et le cheval qui court.

Je suis l’herbe et l’arbre.

Je suis la mer et la montagne.

 

Si je fais du mal à une partie de moi,

A l’enfant qui est en moi,

A la femme qui est en moi,

De n’importe quel pays,

De n’importe quelle couleur,

Je me fais du mal à moi-même.

 

Aussi ai-je souvent mal

A toutes ces parties de moi

Mutilées, torturées, affamées,

En quelque lieu du monde.

 

Le jour approche

Où je serai entière et entier,

Où j’aurai assumé ma féminitude,

Ma mâlitude, ma négritude, ma jaunitude.

 

Je suis l’homme, je suis l’enfant,

Je suis la femme noire, la femme jaune, la femme blanche,

L’homme noir, l’homme jaune, l’homme blanc.

 

Julos Beaucarne

21:55 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Beau texte, merci. Bien sûr on pense à John Donne, qui exprimait déjà ce sentiment en Angleterre au 16° siècle: " Nul homme n’est une île, un tout en soi; chaque homme est partie du continent, partie du large; si une parcelle de terre est emportée par les flots, pour l’Europe c’est une perte égale à celle d’un promontoire, autant qu’à celle d’un manoir de tes amis ou du tien. La mort de tout homme me diminue parce que je suis membre du genre humain. Aussi n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi. (Devotions upon Emergent Occasions, 1624)"

Écrit par : F.Poutot | 14 janvier 2015

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Voici le texte d'origine, encore plus beau en anglais, et je revois la trad tirée de Wikipédia: Nul homme n’est une île, un tout en soi; chaque homme est partie du continent, partie de l'ensemble; si une parcelle de terre est emportée par les flots, pour l’Europe c’est une perte égale à celle d’un promontoire, autant qu’à celle d’un manoir t'appartenant ou appartenant à tes amis. La mort de tout homme me diminue parce que je suis membre du genre humain. Aussi n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi.
No man is an island,
Entire of itself,
Every man is a piece of the continent,
A part of the main.
If a clod be washed away by the sea,
Europe is the less.
As well as if a promontory were.
As well as if a manor of thy friend's
Or of thine own were:
Any man's death diminishes me,
Because I am involved in mankind,
And therefore never send to know for whom the bell tolls;
It tolls for thee.

John Donne

Écrit par : F.Poutot | 14 janvier 2015

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je ne sais s'il serait plus beau, chaque commentaire ou traduction agrandit l'ensemble, ce qui est àpréserver et agrandir , c'est l'ensemble, je pense,j'espere que nous sommes d'accord

Écrit par : jak | 16 janvier 2015

Plus beau parce que la traduction ne rend pas justice à la musique du texte anglais, simplement. Et ns sommes d'accord.
F. Poutot

Écrit par : Françoise Poutot | 20 janvier 2015

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