25 octobre 2007

Expulsion - alerte


Sur mes cahiers d’écolier j’écris ton nom : Liberté  
Eluard

  
   
Texte d’Olivier envoyé par Brigitte Segard brigitte.segard@toulouse.iufm.fr
 
Bonjour,
 
Un mot sur ce que j'ai vécu jeudi matin en arrivant dans ma classe.  Des élèves en pleurs, d’autres surexcités, de la tension et de la fragilité dans mon groupe CE2. L'instit du CE1 m'avait prévenu juste avant, à 8h, pendant  que je m'escrimais entre photocopieuse et massicot : tu n'auras pas Marseda  aujourd'hui, ses parents vont être expulsés aujourd'hui, les policiers sont  venus chercher son petit frère à l'école mardi soir à 17h.  J'ai noté l'information mais j'étais surtout concentré sur le déroulement de  ma séance de math, "comparer des longueurs sans règle graduée".
A peine les enfants assis en classe j’ai compris que ma séance millimétrée eh bah je pouvais m’asseoir dessus. Suzanne en larme me tend un dessin qu’elle a fait pour Marseda. Hugo violent dans ses paroles : « les flics sont venus chercher son petit frère à l’école on ne reverra plus jamais Marseda, elle va retourner en Albanie où c’est la guerre ». Fikria invectivant le reste de la classe : « Evidemment maintenant tout le monde aime Marseda ». Je demande aux enfants de m’expliquer calmement ce qui se passe. Je leur situe l’Albanie sur la carte. J’explique à Johan pourquoi il ne s’est pas fait arrêter quand il est allé en vacances au Portugal. On parle des papiers, de la nécessité des papiers, des passages difficiles qu’on peut traverser dans une vie. Je dis que la situation est complexe pour mettre fin au débat pro sarko/anti sarko. Je parle de l’injustice que je ressens : sortir brusquement une élève d’une classe, que les enfants connaissent depuis plus d’un an, bien intégrée dans sa classe, parlant bien le français puisque je ne m’étais pas douté une seconde que Marseda était d’origine étrangère.
 
L’après midi, le directeur de l’école, également l’instit de cette classe, est venu en classe parler de la situation, qu’il connaît bien puisqu’il était là quand les policiers sont venus mardi soir à 17h. Il répond à toutes les questions des enfants, rassure ceux qui ont peur pour leur propre sort. (!)  Il leur dit qu’il a vu Marseda, Armen et leurs parents au centre de rétention de Cornebarrieu, que le papa de Marseda s’est fait arrêter lors d’un contrôle routier. J’écoute avec attention ce dialogue entre la classe, apaisée, et leur maître. C’est fort, ces 10 minutes. Je mesure sans double décimètre la richesse de ce métier. Puis le directeur s’en va et les enfants dessinent et écrivent des textes qui seront transmis à Marseda. Evidemment je ne corrige pas les fautes d’orthographe mais ils peuvent me demander d’orthographier des mots au tableau. La seule demi-heure de calme de la journée. Mais pendant que les enfants dessinent en silence je sens en moi monter la colère.
 
Le lendemain une marche était organisée à 17h depuis l’école Buisson jusqu’à la préfecture, marche de protestation contre l’expulsion de cette famille. Associations, enseignants, parents d’élève, 300 en tout, c’est beaucoup pour Montauban. J’apprends que la famille de Marseda est en France depuis 3 ans, que le petit Armen n’a jamais été scolarisé en Albanie mais seulement en France. Que toute aide de l’état a été supprimée pour cette famille depuis quelques mois, famille qui depuis erre de centre pour sans domicile fixe en famille d’accueil, qui vit de la générosité de quelques parents d’élèves ou associations, famille qu’on a vu dormir dans sa voiture aux abords de l’école. En écoutant les discours à la préfecture je ne peux m’empêcher de penser à ce poème « liberté » d’Eluard, il faut que je le fasse avec les CE2, maintenant c’est trop tôt, mais plus tard dans l’année « sur toute chair accordée, sur le front de mes amis, sur chaque main qui se tend, j'écris ton nom ». Quand même ! Pourquoi envoyer des policiers chercher Armen à l’école (Marseda était malade et avec ses parents), devant les autres enfants ? Pourquoi séparer les enfants de leurs parents le mardi soir et la nuit de mardi à mercredi ! Est-ce juste de l’indifférence ? Est-ce volontaire ? Faire peur ?
 
Le soir, sur la table de la cuisine, je tombe sur la toute récente lettre du président de la République Française aux éducateurs. « Que voulons-nous que deviennent nos enfants ? Des femmes et des hommes libres, curieux de ce qui est beau et de ce qui est grand, ayant du coeur et de l’esprit, capables d’aimer, de penser par eux-mêmes, d’aller vers les autres, de s’ouvrir à eux». Nausée.
 
Voilà, il fallait que ça sorte, un peu de soleil, les températures qui remontent. Je vous souhaite un bon dimanche. On aimerait chanter, avec Barbara : « Regarde, quelque chose a changé, l’air semble plus léger, c’est indéfinissable ».
 
 Bien à vous,

 Olivier

17:05 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

12 septembre 2007

Les dernières découvertes du jour



Il y aurait une nouvelle sorte d’araignée en Belgique, elle s’appelle la ”Théradion asopi”, elle fut découverte en 1989 près de Namur par Herman Vanyten, elle fut aussi aperçue à Anvers mais elle a seulement été authentifiée maintenant.

On a décelé la présence de pollen transgénique dans les récoltes des abeilles locales en Maine et Loire (France). 11 hectares de maïs OGM ont été détruit par une commando anonyme dans la nuit du vendredi 7 au 8 septembre à Charcé Saint-Ellier sur Aubance dans le Maine et Loire. La variété de maïs génétiquement modifié, cultivée dans les deux champs visés est le Monsanto 810, la seule autorisée en France, à laquelle un gène confère une résistance aux attaques de la pyrale et de la sésamie, deux chenilles parasites. Il n’y avait aucune trace d’engins motorisés. La fronde anti-OGM monte depuis plusieurs semaines dans le Maine et Loire sous l’impulsion des apiculteurs, dit-on dans le Monde du 11 septembre, les apiculteurs sont exaspérés par la surmortalité de leur cheptel et l’autorisation rétablie du fipronil, un des insecticides qu’ils jugent responsable de cette hécatombe.

 

Se souvenir du slogan toujours d'actualité

Monsanto subito met la terre sur le dos

 

08:59 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)