22 juin 2009

dessin du dessinateur Suisse Burki

 

Burki190609

 

Nous sommes tels que vous nous fîtes

O vous grands de la terre

Vous nous avez pétris bien vite à votre manière

Et si nous disons quelques mots

De suite, il faut que l'on nous mate

Et nous buvons à vos tonneaux

Le vin amer et la matraque

Nous ne sommes pour vous que gueux

Que matériaux, que cochonnailles

Vous nous aimez au fond si peu

Vous faîtes donner la mitraille

Et nous restons sur le pavé

Nous qui n'avons que nos pensées

Sans argent pour les démontrer

Sans généraux ni grande armée.

 

 

Julos 

Dans le disque "L'enfant qui veut vider la mer"

 

16:10 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

05 juin 2009

La dame qui voulait se marier avec le printemps

 

Il était une fois une dame qui voulait se marier avec le printemps. O la belle idée!.... mais aucun maire, aucun bourgmestre, aucun pontife pontifiant et mitré, aucun président blablateur, aucun chef de gouvernement ne voulait officialiser ni consacrer cette union, ce mariage hors du commun, il y eut juste un scribouilleur, un scribe, un écriveur, un magicien qui accepta de bénir mystiquement l'union de la dame enchantée avec le
printemps lui-même, excusez du trop, celui-ci portait un habit de fleurs et laissait derrière lui un sillage, un parfum fort de lavande fraîche à moins que ce ne soit une forte odeur de menthe, cette mystérieuse plante qui dissipe les menteries, les mensonges et autres inconvénients qui brouillent les élans généreux de l'âme.
Il y eut un grand cortège sous les arbres centenaires d'une allée verte pleine de la souvenance d'anciennes fêtes.
Ce matin-là était plus clair que les autres. La mariée avait un sourire radieux et marchait avec une douce lenteur et une grande certitude intérieure sous les arbres qui se penchaient pour l'admirer.
A son bras s'accrochait amoureusement le printemps espiègle, il était escorté d'une
foule d'oiseaux aux ailes battantes qui grimpaient allègrement au zénith du ciel en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et se laissaient descendre en planant, en pleine extase existentielle, ces sourires volants jouaient avec les jouets que sont l'air et le vent et tout cela avec une telle grâce qu'on les regardait béatement en se disant qu'ils avaient bien
de la chance d'être aussi libres et d'embrasser l'air sur la bouche à tout moment, les uns venaient du sud, les autres du septentrion, les autres du ponant (qu'est-ce qui est plus libre que l'oiseau? L'esprit peut-être? Quand il n'est pas engourdi par l'alcool, la bêtise, la cruauté et la convoitise humaine). Les volatiles étaient mille ou des millions, ils plongeaient sur les amoureux par surprise provoquant peurs et rires.
A la fin du cortège, l'hiver, tout enrhumé, marchait, il tâchait de faire bonne figure. Un choeur de femmes et d'hommes entonnait la marche nuptiale d'un certain Mendelssohn. La mariée ressemblait à une vestale, à une prêtresse elle souriait, c'était une manière de Joconde sortie de quelque musée du Louvre, elle saluait tous les arbres de l'allée et souhaitait la bienvenue à toutes les nouvelles feuilles vertes qui musiquaient dans la
brise légère de ce matinet d'exception et envoyaient aux 4 points cardinaux leur verdeur primordiale.
Les oiseaux frôlaient la longue chevelure de la mariée et lui donnaient généreusement des baisers, des becs avec leur bec et accordaient leurs chants à l¹harmonie universelle. Les passants se retournaient et croyaient rêver, ils posaient des questions aux gens de la
suite qui leurs répondaient: « Mais vous ne voyez-vous donc point que c'est le printemps lui-même qui se marie avec une belle du jour? » et ils retournaient chez eux avec des éclairs dans les yeux.
Des infantes et des enfants et des infantelettes jetaient des pétales de fleurs fraîches à intervalle régulier sur les époux, l'air était embaumé et subtil.
Et le printemps amoureux jouait du pipeau, puis il prenait sa belle par la main, l'enlaçait, improvisait un menuet et à compter de ce moment-là, tout ne fut que danse.

Julos Beaucarne  lundi 1 juin 2009

 

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11:49 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

10 mars 2009

La fourmi qui voulait boire la mer.

 

souche

 

Que faisiez vous sous la souche d’un arbre millénaire avec vos gobelets de pierre pour boire la liqueur qui ressuscite, le simple fait de boire nécessite la présence d’une grue pour soulever ces récipients taillés dans le roc et remplis d’Ambroisie: cette boisson qui fait jubiler tous les neurones et réveille la mémoire et lui donne cette incandescence incroyable de l’Amour et prépare la réplique qui tombant juste et à pic, clôt merveilleusement le débat.

L’Asie, qu’en sais-tu, qu’en sait-on...? En fait, j’en sais si peu que c’est peu de le dire à haute et intelligible voix.

Que faisiez vous avec ce chapeau presque chinois de riziérien rieur en ces pays asiates où vous aviez le goût vertigineux de voyager, d’écrire, de rire, de boire, avec les yeux, les paysages, de scruter les visages, de rencontrer des âmes. Vous aviez reçu un visa et un passe-droit de scrutaison, un droit d’enregistrer des langues et des voix inconnues, et parfois au bord d’être perdues, faute de locuteurs, faute d’écouteurs, en résumé, j’avais reçu permission de percer le secret des civilisations nouvelles et aussi le secret de celles qui sont en voie de presque disparition sous la pression des pouvoirs ayattoliques qui veulent privilégier la voie unique au détriment des milliards de voix naturelles qui prolongent et raffinent et perfectionnent l’art archaïque du vivre.

Mais ceux qui monopolisent les ondes hertziennes s’attaquent à ce qui est naturel et vient du fond des âges, ils sont persuadés d’être dans le vrai pour le bien, disent-ils, de l’humaine humanité. Ils sont voraces c’est le combat des voraces contre les coriaces........ ils entretiennent et perpétuent avec voracité les causes mégalomaniaques et fricailleuses en prétendant qu'elles sont les meilleures et ce faisant mettent en péril la traditionnelle recherche personnelle du vivre meilleur et mieux, peut-être chaque personne est une civilisation à elle toute seule, chacun a son mot à dire dans le concert mondial, chacune, chacun a un secret à révéler à la face du monde mais les contrôleurs de secrets veillent, le rêve serait-il devenu illégal pour les promoteurs de la voix unique pourtant...... plus il y a d’êtres sur terre plus il y a de pistes, plus il y a d'éclairages variés de l'humaine condition.

Peut-être pensez vous que vous êtes juste une petit fourmi alors que vous êtes aussi large que l'univers lui-même et vous vous demandez aussi parfois si une fourmi est capable de boire la mer? La question reste posée.

Si vous croyez pouvoir répondre à ces questions monumentales, envoyez vos réflexions au bureau du journal.

Une seule chose me semble certaine : "Si la mer bouillait 3 heures, il y aurait pas mal de poissons cuits."

 

Julos ce lundi 9 mars 09

 

 

20:42 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

14 février 2009

Hommage à Camille assassinée à Rouen par sa meilleure amie, hommage aussi aux bébés de Termonde

 

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi.

 

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi du temps que j’étais mort, paisible et sans menace aucune en amour total avec le cosmos.

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi et je me suis parlé comme on parle aux vivants dans la candeur d’un langage pur.

Je me suis rendu souvent sur la tombe de moi du temps que j’étais mort dans la lumière mauve, il y avait des jeunes gens morts dans des accidents de voiture, des jeunes filles nouvelles qui ressemblaient à des jonquilles sauvages de printemps.

Il y avait des bébés qui venaient de naître et de beaux regards adolescents.

J’ai pris par la main ce peuple disparu et nous avons couru comme des fous à la recherche de rien, à la recherche de tout, riant, pleurant heureux et intarissables, infinis.

Nous n’étions plus ces êtres périssables qui avaient peur, nous avions bel et bien péri, elle était finie l’angoisse incoercible du néant.

Quand tu iras sur la tombe de toi du temps que tu seras mort, quand tu iras dans le jardin joli de la taciturne et tant bavarde mort si tant ancienne, quand tu auras franchi la dernière barrière

et quand les fleurs et les oiseaux de la nuit t’accompagneront en cortège, pense au regard de la lune et à l’adolescence du soleil.

Quand l’ici et le maintenant seront partis, quand ils auront fait le saut par la fenêtre, quand les portes de tes beaux yeux seront closes quand tu naîtras ailleurs, te souviendras-tu du temps où nous étions toi et moi si tant vivants, enroulés l’un dans l’autre comme des amants dans la parfaite joie du vivre.

 

Julos Beaucarne


je

Spectacle ce dimanche 15 février à 15 heures

maison de la Culture et des loisirs 02430 GAUCHY(F)

 

22:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (11)

16 janvier 2009

Lever de soleil

 

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"Certains jours, il n'y a que dans la nature

qu'on peut lire la paix"

V.Hennuy

photo: Lever de soleil à Givry le 12 janvier

 

 

21:42 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

05 janvier 2009

Chemin de neige

 

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Le chemin de neige

qui va au spectacle

du 9 9 9 à 9 heures 9

17:11 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

07 décembre 2008

Un vélo roule dan le ciel

 

un vélo roule dans le ciel

Photo de Ben Goffart

 

Rouler en vélo au dessus dans l'immense espace, se dégager du poids des choses, tel est le travail des chercheurs de rêves. Le tapis volant des mots et des images nous emmène bien plus loin que nous en un lieu où tout serait possible..... même l'impossible. Le monde aujourd'hui s'écrit souvent, hélas, en négatif! Comment faire pour retourner la peau des forces déployées pour détruire?

Un être qui meurt sous les balles, c'est bien plus qu'un livre qu'on ne lira jamais, c'est une partie de nous qui s'échappe en fumée. Au départ, nous étions chacun, chacune l'univers en son entier, mais voilà que des forces obscures nous grignotent peu à peu l'âme et le corps et aussi la terre sur laquelle nous marchons qui ne peut plus nous donner des fruits purs pour nous donner force et joie, les chevaliers de l'Apocalypse ricanent dans leur rictus devant l'innocence des fleurs. Comment garder l'espoir devant ce démontage organisé de la Vie avec un grand V?

Des bûcherons maussades déplantent les arbres humains et déboisent d'immenses forêts, à chaque arbre qu'on coupe, on me coupe en dedans, un vaisseau, une veine, c'est un peu de mon sang, chaque arbre humain qui tombe nous laisse incomplet. Comment souffler sur les braises de notre devenir quand les faiseurs de bombes, de fusils et de balles envoient leurs messagers de mort aux 4 coins des mondes?

"Garder le roseau vert entre les dents?"... oui.... mais comment? A ce jour, il ne nous reste que notre "petit lopin de peau" dont nous sommes momentanément les princes et les princesses stagiaires, "notre petit lopin de peau" c'est vrai que c'est juste ce qu'il nous reste pour nous occuper de nous et nous pousser vers la lumière au milieu de ce déferlement mondial de balles, de bombes, de bazookas, de missiles sol-air, de bêtises formatées et industrialisées, d'insecticides et de fongicides qui sont des armes de destruction totale et massive de notre planète "Terre".

Toute arme aussi perfectionnée soit-elle est anachronique. L'intelligence de l'homme sert de plus en plus souvent à le détruire à le pourrir.

"Notre petit lopin de peau", c'est juste ce qu'il nous reste pour nous occuper de nous, pour nous conduire vers la lumière, pour réussir à nous mettre en joie. "Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là" à remonter le courant sous les huées des gens bien en place, des suiveurs et des enfonceurs de portes ouvertes, je voudrais être ce derviche tourneur qui crée sa protection en tournant sur lui même. Je voudrais aller au bout de moi, je voudrais aller au bout de ce que j'ai à faire et je suis persuadé que tous et toutes nous avons quelque chose de particulier à faire et si chacun, chacune allait au bout de ce qu'il a à faire...... le plan général serait un succès, je nous souhaite à tous et à toutes d'aller au bout de notre propre chemin.  

 

Julos Beaucarne

le 6 décembre 08 jour de St Nicolas.........

 

11:10 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

27 novembre 2008

Neige

 

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Un chien enneigé  surveille une oeuvre de Claude Rahir.

  

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Le clocher de l'église romane de Tourinnes-la-Grosse est

en réparation, il a des airs de pagode.

Nous voilà transportés en Extrème-Orient.

 

 

 

17:03 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

26 novembre 2008

Anges

 

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13:35 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

25 novembre 2008

La vie de l'homme

 

la

 

LA VIE DE L'HOMME EST COMME UN OEUF DANS LA MAIN D'UN ENFANT. 

 

21:05 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

08 novembre 2008

Feuilles du figuier

 

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"Par un déclin pompeux du vaste automne",

les feuilles du figuier jonchent le sol.

Julos


15:17 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

06 novembre 2008

pirogue de la dernière chance

 

pirogue

 

Pirogue de la dernière chance de Miguel Barcelo

16:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)