14 juin 2011

Mon voisin facteur prend sa retraite

Moi, Freddy Gilson vous remercie toutes et tous pour votre accueil pendant mes 44 ans de bons et de loyaux services à la poste d’Hamme-Mille. Je peux me vanter de connaître à peu près tout le monde et je dois vous avouer que je suis triste de ne plus faire ma tournée comme à l’accoutumée. Ce 16 juin je me retirerai dans ma maison de Tourinnes juste en face de chez Julos et je penserai très fort à vous.

Je suis le plus vieux des facteurs de l’est du Brabant Wallon, j’ai eu beaucoup de bonheur à vous rencontrer, à parler avec vous de rien et de tout.

Je voulais vous dire ma reconnaissance, je resterai toujours dans l’entité et je ne vous oublierai jamais . J’ai vécu tant de beaux moments d’amitié avec vous et avec celles et ceux qui hélas ont déjà pris le chemin de l’autre monde .

Celui qui signe ces remerciements, c’est Pélot, Freddy Gilson votre facteur dévoué. Je serai très heureux de vous revoir au hasard de mes promenades à Hamme-Mille et j’espère vous croiser à nouveau. J’entre dans ma nouvelle vie et je vais m’occuper de mon jardin. et de mes pigeons. Mille mercis à vous.    

Votre Freddy

 

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15:03 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

30 mai 2011

Dogan Özgüden

 

"Aujourd’hui  nous sommes le 9 septembre 2008, il est 7 heures du matin,  c’est le cinquantième anniversaire du début de ma carrière de journaliste . J’ai cédé aux insistances d’Inci qui débouchaient parfois sur des disputes . Il y a exactement 57 ans  je commençais à travailler comme correspondant provincial à Izmir et j’ai continué ma vie tempétueuse à Istanbul puis, il y a 38 ans  j’ai pris le chemin de l’exil.

Le temps est venu pour moi de passer la main à mes amis plus jeunes, c’est eux qui défendront la cause que j’ai défendue toute ma vie et le moment est venu pour moi de regarder mon passé dans mon rétroviseur, mon passé de journaliste socialiste forcé à vivre en exil par la junte le 12 mars 1971 et déclaré “apatride”  le 12 septembre 1980.  


“Vatansiz gazeteci”  le titre du livre de ma vie veut dire en français “Le journaliste apatride”."

 

Roman autobiographique et documentaire signé par Dogan Özgüden, journaliste socialiste, qui réside actuellement en Belgique.         

Malheureusement ce livre écrit en turc n’a pas encore été traduit en français ni même dans une autre langue et je me suis permise de traduire moi-même  les premières lignes de l’introduction.

Le premier tome de ce roman passionnant raconte la moitié de la vie de Dogan Özgüden, depuis sa naissance  dans un petit village d’Anatolie jusqu’à son départ illégal de laTurquie suite à la menace de condamnation par les tribunaux de la loi martiale . Il a connu une vie tempétueuse, il a vécu tout ce qui peut arriver à un journaliste dans un pays où ni la liberté de presse, ni la liberté d’opinion n’existent  ni celle d’association ni celle d’expression.                                                              

Extrait d'un article d' Info-turk

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17:30 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

07 avril 2011

Témoignage d'une française vivant au Japon

 

«La vie ces jours-ci à Sendai  est plutôt surréaliste... Mais j'ai la chance d'être entourée d'amis qui m'aident énormément. J'ai d'ailleurs pris refuge chez eux puisque ma bicoque délabrée est maintenant totalement digne de ce nom.

Nous partageons tout : eau, aliments, ainsi qu'un chauffage d'appoint au fuel.

La nuit, nous dormons tous dans une seule pièce,  nous dînons "aux chandelles", nous partageons nos histoires. C'est très beau, très chaleureux. Le jour, nous essayons de nettoyer la boue et les débris de nos maisons.

Les gens font la queue pour s'approvisionner dès qu'un point d'eau est ouvert, ou ils restent dans leur voiture, à regarder les infos sur leur GPS.

Quand l'eau est rétablie chez un particulier, il met une pancarte devant chez lui pour que les autres puissent en profiter.

Ce qui est époustouflant, c'est qu'il n'y a ni bousculade, ni pillage ici, même si les gens laissent leur porte d'entrée grande ouverte, comme il est recommandé de le faire lors d'un séisme.

Partout l'on entend: "Oh, c'est comme dans le bon vieux temps, quand tout le monde s'entraidait! "

Les tremblements de terre continuent: La nuit dernière, nous en avons eu tous les quarts d'heure. Le hurlement des sirènes était incessant, ainsi que le vrombissement des hélicoptères au dessus de nous.

Hier soir, l'eau a été rétablie pendant quelques heures, et aujourd'hui pendant la moitié de la journée. Nous avons aussi eu droit à un peu de courant cet après-midi. Mais pas encore de gaz. Les améliorations dépendent des quartiers. Certains ont de l'eau, mais pas d'électricité et d'autres le contraire.

Personne ne s'est lavé depuis des jours. Nous sommes crasseux, mais c'est de peu d'importance.

J'aime ce sentiment nouveau, cette disparition, desquamation du superflu, de tout ce qui n'est pas essentiel. Vivre pleinement  intuitivement, instinctivement, chaleureusement et survivre, non pas en tant qu'individu, mais en tant que communauté entière...

Des univers différents se côtoient étrangement :

Ici, des demeures dévastées, mais là, une maison intacte avec ses futons et sa lessive au soleil!

Ici, des gens font interminablement la queue pour de l'eau et des provisions, alors que d'autres promènent leur chien.

Puis aussi quelques touches de grande beauté : d'abord, la nuit silencieuse. Pas de bruit de voiture. Personne dans les rues. Mais un ciel étincelant d'étoiles.  D'habitude je n'en distingue qu'une ou deux...  Les montagnes autour de Sendai se détachent en ombre chinoise, magnifiques dans l'air frais de la nuit.

Les Japonais sont eux-mêmes magnifiques : chaque jour, je passe chez moi, comme en ce moment même où je profite du rétablissement de l'électricité pour vous envoyer ce courriel, et chaque jour, je trouve de nouvelles provisions et de l'eau sur le seuil ! Qui les a déposées ? Je n'en ai pas la moindre idée !

Des hommes âgés en chapeau vert passent de maison en maison pour vérifier que chacun va bien. Tout le monde vous demande si vous avez besoin d'aide.

Nulle part je ne vois de signe de peur. De résignation, oui. Mais ni peur ni panique!

On nous annonce cependant des répliques sismiques, voire même d'autres séismes majeurs dans les prochains mois. En effet, le sol tremble, roule, gronde.

J'ai la chance d'habiter un quartier de Sendai qui est en hauteur, un peu plus solide, et jusqu'à présent nous avons été relativement épargnés

Hier soir, autre bienfait : le mari d'une amie m'apporte de la campagne des provisions et de l'eau.

Je viens de comprendre à travers cette expérience, qu'une étape cosmique est en train d'être franchie partout dans le monde. Et mon coeur s'ouvre de plus en plus.

Mon frère m'a demandé si je me sentais petite et insignifiante par rapport à ce qui vient d'arriver. Eh bien non ! Au lieu de cela, je sens que je fais partie de quelque chose de bien plus grand que moi. Cette "re-naissance" mondiale est dure, et pourtant magnifique ! »

 

Lettre envoyée par Pierre de Liberchies

11:20 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)