23 décembre 2011
Lorsque nous étions réunis à table
Lorsque nous étions réunis à table et que la soupière fumait
maman disait parfois:
"Cessez un instant de boire et de parler."
Nous obéissions
"Regardez-vous", disait-elle doucement
Nous nous regardions sans comprendre, amusés
"C'est pour vous faire penser au bonheur" ajoutait-elle.
Nous n'avions plus envie de rire.
"Une maison chaude, du pain sur la nappe
des coudes qui se touchent,
voilà le bonheur" répétait-elle à table.
Puis le repas reprenait tranquillement.
Nous pensions au bonheur qui sortait
des plats fumants et qui nous attendait
dehors au soleil et nous étions heureux.
Papa tournait la tête comme nous,
pour voir le bonheur jusque dans le fond du corridor,
en riant parce qu'il se sentait visé, il disait à ma mère:
"Pourquoi est-ce que tu nous y fais penser à c' bonheur ?"
Elle répondait
"Pour qu'il reste avec nous le plus longtemps possible".
Félix Leclerc
Extrait de « Pieds nus dans l’aube »
Julos à l'anniversaire de André Vincent, maire de Hargnies, entouré de sa famille, le 23 octobre 2011
22:50 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (18)
15 décembre 2011
Qui suis-je?
Je me présente, je m’appelle Julos .
Toute ressemblance avec des personnages ayant déjà vécu est purement fortuite. Je suis équipé de 210 os creux et de 455 muscles, quand je souris je fais travailler 14 muscles, je suis également équipé de 500 milliards de cellules. Je vis en compagnie de 9 milliards de femmes et d’hommes, j’espère que je n’ai oublié personne, à bord du vaisseau spatial terre . J’habite de temps en temps au 2 rue des brasseries à 1320 Tourinnes la grosse, longitude 4 degrés 44 minutes 55 secondes, latitude 50 degrés 46 minutes 45 secondes en Brabant, Wallonie, Belgique. Les rayons du soleil, quand il y en a, mettent 8 minutes pour me parvenir .
Dites le saviez vous ?
Je suis descendu du ventre de ma mère un 27 de juin en 1936, je suis d’un autre siècle et en secret j’espère vivre encore longtemps tant que l’Univers persiste. Je marche à petits pas dans la blanche lumière qui me transperce encore et le corps et l’esprit, j’espère rebondir chaque jour davantage, garder ma mémoire fraîche comme le coeur d’un fruit.
Vous savez tout sur moi maintenant.
Julos

20:56 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)
14 décembre 2011
Ma réponse aux évènements tragiques de Liège du 13 décembre 2011
Il n’y aura jamais assez
De caresses ni de doux baisers
Sur cette terre
J’aimerais ne partager que
Tendresse, joie, sérénité
Ma vie entière
Ni toi ni moi ne sommes faits
Pour la guerre
Nous sommes faits pour marcher
Résolument vers la lumière
Je ne veux plus entre toi et moi
Une quelconque intifada
Je ne veux plus te parler sabre
Je veux la grande paix sous les arbres
Il n’y aura jamais assez
De caresses ni de doux baisers
Sur cette terre
J’aimerais ne partager que
Tendresse, joie, sérénité
Ma vie entière
J’veux respirer l’air du matin
Tout frais, tout neuf qui fait du bien
Je veux remplir mes poumons d’air pur
J’veux de l’amour et pas des murs
De janvier jusqu’en décembre
Je ne veux naviguer que tendre
Je ne veux plus la moindre fusée
De longue ou de moyenne portée
Je veux un ciel bleu dégagé
Que le soleil puisse y jouer.
Il n’y aura jamais assez
De caresses ni de doux baisers
Sur cette terre
J’aimerais ne partager que
Tendresse, joie, sérénité
Ma vie entière
Ni toi ni moi ne sommes faits
Pour la guerre
Nous sommes faits pour marcher
Résolument vers la lumière
Je ne veux plus entre toi et moi
Une quelconque intifada
Je ne veux plus te parler sabre
Je veux la grande paix sous les arbres
Julos Beaucarne
Pour toutes celles et ceux qui ont été victimes de ce carnage hier, place St Lambert à Liège.
13:17 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (17)
03 novembre 2011
Le parloir universel
Je suis un obsédé textuel, j'aime les mots, je les dorlote, je les fais passer par mon "gueuloir " à tout bout de champ.
Je me gargarise de mots, de textures, je m'endors en murmurant des textes, de moi, de toi, de mon papa, de mon frère quand il était soldat, de ma grand mère quand elle n'était déjà plus là. Je dis des textes en papou avec un accent genevois, je ne vois pas pourquoi, on ne pourrait pas dire à haute et intelligible voix, également des textes albigeois, des textes cathares, des textes d'antan, du bon vieux temps, des textes que disaient des vieux français avec un accent si tant rocailleux qu'on les écoutait en riant, en s'esclaffant .
Chacun parle et chante comme son bec est fait, même si ce sont des textes plein de tournures archaïques, avec des mots qui ont cassé leur pipe et qu'on n’a pas voulu dictionnariser parce qu'on a eu peur de se faire rire de soi, de se faire moquer.
Tous ces mots qui ont été oubliés, qui ont été jetés dans la poubelle du temps à "cause qu'ils n'étaient pas assez relevés", pas assez aseptisés et tout étonnés, abasourdis, sciés, voilà qu'ils reviennent comme des raz de marée et tout à coup, on ne sait pourquoi, rappliquent avec une verdeur, une force de geysers. Ces mots qui balaient tous les dictionnaires, ces mots qui giclent avec un aplomb, une joie, ces mots qui, tombant juste, ferment le débat.
Oui c'est vrai, je dis avec plaisir des textes d'autres parfois, parce qu'ils ont mieux dit que moi ce que je voulais dire. J’aime parler précis. Ces vieux mots, ces textes des vieux poètes disparus ont dit ce que moi je voulais dire ... c'est pour cela que je donne de la voix dans d'autres langues, dans d'autres idiomes, dans d'autres parlures, en wallon, en grec, en latin.
Je suis un murmurant, un murmureur, un diseur, un colporteur de mots, de phrases. Je profère des mots, je les préfère, ils sont mes amis, ils sont mes frères de lait, je les rassemble, ils font un chahut pas possible, ils crient des injures parfois, ces mots osés qui sont à la limite de l'écoutable pour ceux qui épépillent les mots et les phrases.
Parfois un mot ancien est plus fort que le mot actuel. Les mots qui viennent du passé ont encore beaucoup à nous dire, leur vibrance est intacte et puissante, ils n'ont pas encore tout dit. " Les vieux mots, les anciennes rimes" ont encore quelque chose à dire à nos oreilles contemporaines .
J'aimerais recréer des lieux de grande écoute où les personnes présentes vibrent et tremblent de joie, de bonheur. Le chanteur, l'aède est celui qui aide à vivre, à traverser tous les labyrinthes de ce temps. Les mots, les mélodies, la poésie sont les matériaux du chanteur, du poète, de l'aède. Je les mets ensemble, je les mêle à mes mots, je suis fou de patois, de tournures, de proverbes, de ratournures, de comptines, de virelangues. Je rassemble tout un peuple de mots, je conduis tous les mots d'hier et d'aujourd'hui et toutes les musiques, les anciennes et les nouvelles au grand parloir universel.
Julos Beaucarne la nuit du 1 au 2 novembre à Tourinnes la grosse Belgique
13:12 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)
16 octobre 2011
Sommes-nous l'Univers?
Des gens qui me disent en savoir long sur la vie et sur la mort m’affirment que l’âme ne meurt pas, qu’elle est imputrescible. Puis-je les croire ?
L’épreuve du départ, de la mort de celles et de ceux qu’on aime, est-elle indispensable aux vivants pour qu’ils avancent en sagesse? Pourquoi devons-nous passer par le trou de ces cruelles aiguilles pour continuer à vivre et à progresser sur le chemin de la grande Vie et de l’Amour? Pourquoi ces massacres dans le monde entier, pourquoi ces cris poussés, chaque jour, par celles et ceux qu’on égorge, qu’on tue froidement sans même savoir précisément pourquoi?
Le monde tourneboule-t-il? Est-ce la drogue qui serait devenue la maîtresse de l’humanité et ferait des humains des machines à tuer sans que celui qui tue ne puisse réfléchir et se retenir avant d’accomplir l’irrémédiable, comme s’il perdait le contrôle de lui-même, comme s’il était possédé? Or, être vivant, c’est justement aller au bout de la maîtrise de ses propres gestes.
Comment arrêter ce jeu cruel ? Pourquoi ces provocations, ces viols, pourquoi ces massacres, ces pogroms , ces programmes de guerre, pourquoi ces persécutions, pourquoi cette jouissance à faire mal, pourquoi ces mosquées et ces églises qui brûlent?
Je suis effrayé et inquiet face à cette pulsion de mort qui n’en finit pas . Les hommes et les femmes sont-ils perfectibles, oui ou non?
S’il vous plaît, pouvez-vous m’expliquer ce jeu cruel, pourquoi cet engouement des journaux à parler de tout ce qui ne va pas au lieu de parler de tout ce qui va bien.
Les astrophysiciens parlent depuis peu de l’accélération de l’Univers. Nous sommes tous et toutes faits de la même matière que l’Univers et non seulement nous faisons partie de l’Univers mais plus que ça, nous sommes l’Univers lui-même! Rien que ça.
Nous ressentons, que nous le voulions ou non, dans notre chair cette accélération. Et plus nous prendrons conscience de notre place unique dans l’Univers, plus nous aurons de l’avenir … comme l’Univers.
En résumé, notre terroir c'est les galaxies.
Julos Beaucarne
Tourinnes la grosse ce samedi 15 octobre 2011 à 18h06

17:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (7)
29 septembre 2011
Wangari Maathai
Wangari Maathai celle qu’on appelait au Kenya ”Makewa l’optimiste” a pris son envol en l’autre monde à l’âge de 71 ans dimanche dernier le 25 septembre 2011 à Nairobi.
Tous les arbres de toute la terre ont fait une minute de silence et ont penché leurs cimes au passage de son âme généreuse.
Je remercie de toute mon âme cette amie que je n’ai jamais vue en vraie vue, celle qui a pris la défense de tous les arbres, de toutes les femmes, de n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur, celle qui a pris la défense de tous les arbres de n’importe quelle essence et originaire de n’importe quelle région du globe. Celle qui a pris la défense de toutes les forêts de la terre jusqu’à Sarayacu le-village-des-arbres-en-fleurs en Equateur.
Sarayacu, village en péril face aux pétroliers pétroleurs qui assiègent depuis longtemps le village, ces prêtres de la mort harcèlent ceux qui protègent la Vie avec un grand “V” . Wangari a mobilisé toutes les femmes kenyanes pour un reboisement massif, elle a éveillé les consciences sur le thème de la conservation des forêts. Elle fut la première africaine à recevoir le prix Nobel de la paix en 2004 .
En 1977 elle a créé le mouvement international “green belt” (ceinture verte) qui a permis de planter en Afrique plus de 40 millions d’arbres pour lutter contre l’érosion et la déforestation. Son métier c’était de dire que tout est possible si l’on s’y met et si on y croit.
Julos
le mercredi 28 septembre à TLG en Brabant Wallon Belgique.

08:35 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (10)
23 septembre 2011
Jalalabad
Es tu déjà allé à Jalalabad ?
C'est où Jalalabad?
C'est là-bas, très loin.
Pour y aller, faut louer un avion, ça veut dire décoller, atterrir, repartir, plusieurs fois, faut aimer ça .... jusqu'à ce qu'on soit arrivé là à Jalalabad.
Et là à Jalalabad que feras-tu, voyageur sans but ?
Tu réponds: "On verra, inquiète-toi pas, les évènements viendront vers moi."
C'est plein de turbulences ces pays là, ils te raconteront tout d'abord l'assassinat de Rabbani.
Il a été assassiné par qui Rabbani ?
On ne sait pas encore qui l'a assassiné et pourquoi et pour qui … Où sont les Moudjahidines à la barbe blanche? Ils sont à Kandahar et pour eux ce n'est pas des vacances, ils sont toujours accompagnés par leurs fusils à répétition, ça rigole pas dans ces pays ! Pour habiter ici, il faudrait avoir 99 vies....
Tu visiteras quand même Kunduz ? Est-ce qu'on se la coule douce à Kunduz?
Que nenni, mon ami, là-bas tout est pourri, ça crépite du matin au soir et même la nuit.
Y a -t-il quelque part des relanceurs de paix?
Ils ont pris l'avion hier pour la Floride et notre rendez-vous, c'est quand à Kandahar ?
Les décideurs de paix se saoulent au whisky ce soir … tant d'outrages à réparer, combien de siècles nous séparent de la paix ? Que de rancoeurs et que de heurts ... résisteras-tu, mon vieux coeur?
Pendant qu'on est ici dans les Asies, aux USA la cour suprême a fait exécuter Troy Davis, ils ne sont pas sûrs qu'il soit coupable ... mais Obama a donné son feu vert. Sans doute qu'il a regardé à la télévision son exécution comme il a regardé à la télévision l'exécution en direct d'Oussama Ben Laden. Ni le pape, ni Jimmy Carter n'ont pesé dans la balance pour le sauver, le silence du président donne froid dans le dos. "I am Troy Davis".
Les USA vont dans la lune et cela fait 30 ans que la France a aboli la peine de mort? Troy, hélas était trop noir à leur goût et le gouverneur du Texas Rick Perry a été applaudi à tout rompre quand un journaliste a dit à la foule que depuis qu'il était gouverneur du Texas 234 personnes avaient été exécutées dans cet état.
Il pleut des âmes dans l'au-delà.
Julos
Vendredi 23 septembre 2011
15:09 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)
10 septembre 2011
Mon terroir c'est les galaxies
Ô ma mémoire pourras-tu te souvenir avec clarté de ces riches heures, des nuits et des jours trop courts passés sous la caresse du soleil en Vaucluse et de la nuit sous la voûte étoilée incommensurable ?
J’ai dormi sur le toit plat de ma cabane de pierre et j’ai vu de mes yeux-vus d’un côté à l’autre du ciel cette immense plaine d’étoiles qu’on ne peut compter, qu’on peut juste admirer … Je n’oublierai jamais ce frôlement d’étoiles, cette abondance de lueurs, je n’oublierai jamais cette “immensitude”. Sans doute sommes-nous toi et moi, tous et toutes aussi immenses que le ciel étoilé. Pourquoi avons-nous fermé la lumière si vite pour nous enfoncer dans le sommeil ?
J’ai souvenance de cette nuit sacrée pleine de mouvances, pleine de satellites lancés à la vitesse grand V traversant en moins d’une heure tout le ciel. Je me suis baigné dans le lait de la voie lactée, j’ai vu naître des milliards d’étoiles, je me suis imprégné de l’immensité des mondes et j’ai fait rentrer l’univers dans ma peau. Je n’oublierai jamais ce frôlement d’étoiles, d'astéroïdes … Je me suis laissé envahir par l’univers lui même. Dites: sommes-nous l’univers lui-même et quand nous regardons le ciel n’est-ce pas nous-même que nous regardons? Que c’est bon d’étreindre la nuit, de retrouver cette immensité que nous sommes tous et toutes sans le savoir peut-être.
Au sortir de cette vision magique, il me semble que je suis neuf, renouvelé et davantage capable de remonter le courant des jours, même si les sirènes du souvenir du 11 septembre 2001 hurlent dans tous les journaux et semblent annoncer l’apocalypse … quand il tombait des hommes et des femmes du haut des hautes tours en flammes et que nous étions plongés dans la doutance totale face à l’humanité qui se déglingue et se fait violence et s’auto-détruit.
Au sortir de ma maison ce matin j’ai vu un vol triangulé d’oies sauvages en partance vers le sud.
Julos Beaucarne
Le vendredi 9 septembre 2011 en provenance de la station spatiale terrienne du 2 rue des brasseries à Tourinnes la grosse

14:48 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (12)
19 août 2011
Le premier vélo de Matteo
Il y a quelques années lorsque nous étions Barbara, son fils Matteo de 2 ans et demi, Patrick et moi en tournée en Suisse à Lutry, j'avais trouvé dans un magasin du bord du lac un très beau vélo sans pédales. En quelques jours Matteo apprit à se mouvoir à toute vitesse sur cette petite bécane que j'ai gardée précieusement et que vous voyez sur cette photo accoudée au contrefort de ma maison de Tourinnes.
Si vous avez un petit enfant de 2 ans et demi, n'hésitez pas à lui proposer cette belle machine pour les cyclistes en herbe.
Julos
23:19 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)




