05 janvier 2009

Les 24 perles rouges

 

Te souviens tu de tes 24 perles rouges? Elles formaient ton collier et restaient sagement autour de ton cou pendant que tu vivais ta vie que tu parlais de ceci, de cela, pendant que tu t'exclamais, que tu riais de bon coeur, que tu galéjais, on aurait pensé qu'elles allaient y rester trois siècles, ces 24 perles de ton collier, que dis-je trois siècles mais qui sait peut-être davantage et tout à coup, on ne sait pour quelle raison, le lien qui les tenait ensemble s'est dénoué et toutes heureuses, toutes libérées, elles ont roulé sur le plancher.... les perles qui faisaient le tour de ton cou, elles ont fait le tour de mon plancher en chêne d'Amérique, elles ont roulé avec une telle joie qu'elles tonitruaient gaiement jusqu'à ce qu'elles s'arrêtent et que le silence vint souligner leur débridance, tu perdais tes billes... elles étaient sur le plancher et nous regardaient fixement comme 24 yeux arrêtés sur l'image, 24 yeux rouges et railleurs, qui avaient l'air de dire : « Vous voyez ce que nous, les perles, on est capable de faire? ». J'aurais cru que tu allais te précipiter pour ramasser les cerises rouges de ton débridé collier, non, tu étais comme prostrée, tu te sentais comme soudainement déshabillée, tu mettais tes mains à ton cou dans l'espoir secret de cacher sa nudité soudaine, (car un cou sans collier de perles, c'est indécent et impensable) tu pensais que ce n'était qu'un rêve, une illusion d'optique, une "Optical illusie", ce départ des perles, cette révolution des perles qui criaient :"Indépendance tchatcha". Y avait-il eu chez elles une quelconque préméditation sourde? Qui sait! Se parle-t-on entre perles entre chien et loup dans la chaleur d'un beau cou?... Et elles étaient ensemble toute la journée, est-ce qu'elles avaient prévu le coup? Peut-être que ça jase les perles, ça jase, peut-être même terriblement boréalement? Peut-être que tu dormais avec ton collier même la nuit oui ou non? Que sais-je? Sans doute tu dormais avec ton collier pour ne pas montrer ton cou nu aux étoiles de la nuit. Elles en auraient pâli. Quelle pudeur! Eh oui, il fallait se rendre à l'évidence: même les perles veulent se libérer, choisissent-elles le cou qu'elle veulent orner...? Mon Dieu comme les temps changent! Peut-être que les perles n'aiment pas être prisonnières d'un cou, pensai-je, fut-il le plus beau qu'il fût, qui l'eut dit, qui l'eut cru? Aucun cou ne peut retenir les perles d'un collier, me disais-je et que dire des perles que sont les larmes? Aucun oeil fut-il expert en rétention lacrymale ne peut retenir les perles que sont les larmes qui prennent le chemin de la liberté. Je pensais naïvement que tu allais ramasser ces perles, les reprendre pour les réorganiser en collier quand tu serais rentrée chez toi dans ton village éloigné, au diable vauvert...? Non, basta! Ce collier c'était déjà le passé "Monsieur mon passé laissez-moi passer" tu ramassais déjà tes bagages et tu repartais sans un regard en arrière, sans le moindre regret, les 24 perles rouges pleuraient face à ton indifférence tartare. Je les ai mises dans un verre et j'ai mis le verre sur le bord d'une fenêtre... pour que les perles puissent regarder passer les chalands et les perles de la pluie. 

Julos  5 juillet 007


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10:20 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

01 janvier 2009

Belle traversée de l'an 9

 

A tous les belges du bout du monde, je souhaite une belle traversée de l’an 9, le monde aujourd’hui, hélas!, n’est pas souvent neuf, il est plutôt veuf, guerre par ici, guerre par là, je pense que toute arme aussi perfectionnée soit-elle est anachronique.

Trop d’enfants, trop de femmes, trop d’hommes tués, pourquoi?

Souvent on tue au nom du pèse et du fisc et du saint bénéfice, on tue au nom d’une religion ou bien pour enrichir les marchands d’armes et de larmes qui foisonnent dans notre monde, hélas souvent bas de plafond.

Chaque personne influence le cosmos tout entier, nos comportements personnels influencent toute la planète. Nous ne sommes pas des touristes sur la terre, nous faisons partie de l’équipage du vaisseau spatial terre, nous avons chacun, chacune notre rôle à jouer, nous sommes nés pour beaucoup plus que ce que l’on nous propose.

Nous avons 365 jours devant nous pour nettoyer la planète et nos esprits de tout le négatif qui n’en finit pas de mettre le feu au monde, de gangrener notre société contemporaine, de mettre en péril la vie de nos enfants et celle de tous les habitants de cette planète bleue.

Belle traversée de l’an 9 à vous toutes et tous.

 

Julos en Tourinnes-la-Grosse le 1 du 1/09

  

image

Julos a dit ce texte sur l’antenne de la RTB

dans l’émission du jovial Joveneau

« Les Belges du bout du monde ».

21:59 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

9/9/09

 

ange

 

J’ai l’espérance que le 9 du 9 /09

le monde soit plus neuf que veuf.

 

Julos 1/1/09

 

18:08 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

27 décembre 2008

Brigitte de Crawhez

 

ArbresEntreCielTerre

 

Brigitte de Crawhez qui avait fait les photos
du livre ”Les arbres chemins entre terre est ciel”
a fait le saut dans l’autre monde un peu après Noël.
C’est mardi qu’elle sera mise en terre en même temps
que 150 palestiniens qui ont trouvés la mort
dans la bande de Gaza aujourd’hui même.

Ce samedi 27 décembre 08
j’étais à manger chez André Goosse
le grammairien et France Bastia,
son épouse à Hamme-Mille,
la radio était allumée et la nouvelle est tombée
comme un couperet.
Allumez vos bougies mes amis de tout partout
que les en allées et les en allés se sentent soutenus.
Le monde est toujours une triste boutique
et j’ai toujours chevillé au corps et à l’âme
l’espérance folle que le 9 du 9 /09 le monde sera enfin 9.

Julos Beaucarne

17:00 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

25 décembre 2008

Les sans-papiers

 

SansPapiers

 

Les sans-papiers


Tu as débarqué chez nous
avec dans ton maigre bagage
une grande espérance,
tu sais que si on te renvoie chez toi,
tu seras emprisonné, torturé
peut-être ou bien tu disparaitras
et plus personne, peut-être,
n'entendras parler de toi.
A peine es tu arrivé chez nous
qu'on t'enferme,
parfois avec femmes et enfants.
On te tabasse, on te refait
ce que tu as déjà enduré chez toi.
Tu supplies qu'on te donne un laisser- passer,
un visa pour la vie pltôt que pour l'éternité,
tu es un demandeur d'asile,
si tu ne trouves pas asile ici,
tu trouveras asile de l'autre côté,
tu attends un billet pour la mort ou pour la liberté.
Mon voisin me dit:
"Qu'est-ce que tu racontes.
Ce que tu dis ça se passe ailleurs, pas ici ?"
Hélas mon voisin ça se passe tout près,
à deux pas de chez toi et toi,
tu marches libre dans le soleil.
Sais-tu que rien n'est sûr sur cette boule ronde,
sais-tu que ce qui est certain
c'est que rien n'est certain
et que nous pourrions devenir
toi comme moi des sans papiers?
Que sait-on de l'avenir dans le tohu-bohu de ce temps?
Si cela arrivait par malheur,
alors il ne faudrait pas nous étonner
que nous soyions traités comme nous avons traité
chez nous les sans-papiers.

Julos Beaucarne

 

22:25 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

23 décembre 2008

Le monstre du gain


MonstreDuGain

Le monstre du gain


Savez vous, ô vous les habitués de ce blog qu’en papouasie, le gouvernement indonésien veut interdire aux papous  de vivre nus comme le faisaient leurs ancêtres depuis la nuit des temps. On le sait les papous depuis toujours revendiquent leur nudité et la nue propriété de leur corps. Dites-moi, la nudité, n’est-elle pas le plus beau des costumes? Depuis qu’ils existent, et ça fait quelques siècles déjà, les papous sont nus, juste vêtus de leur étui penien, jusqu'ici personne n'y avait trouvé à redire, les papous apprécient d’être nu, on les comprend, c’est tellement plus facile de se faire des papouilles quand on a pas de vêtements mais voilà... signe des temps actuellement, on préfère la coercision à la liberté et si cet arrêt contre nature devait être promulgé par la cour suprême indonésienne les papous  pourraient déterrer la hâche de guerre et recourir hélas à la violence, tout le monde y perdrait car les papous n’auront plus ce contact intime avec l’air, avec le prana, on veut les empêcher d’être constamment en contact avec le cosmos par  tous les pores de leur peau. Aujourd'hui le gouvernement indonésien veut  interdire aux papous ces tenues plus que légères à la manière d'Adam qui jusqu'à plus ample informé est considéré comme le père premier de tous les pères et cette tenue, cet uniforme premier, cet acoutrement sans couture simplet et original cet « abacos » total, cette tenue si antique, si ancienne, si séante, peu coûteuse et si saine, facilement nettoyable si on dispose d’eau, cette tenue ne pourrait plus être tenue? Cette tenue, ce plus simple appareil, les sacro-saints censeurs du gouvernement indonésien l'appellent tout simplement « obscène », ne serait-ce point ces censeurs  eux-mêmes qui seraient en pleine obscénité ? Comment peuvent-ils sans rire proclamer nulle et non avenue la pratique quotidienne du nu, de la nudité  fondamentale et cette interdiction inadéquate et dictatoriale du gouvernement indonésien ne va-t-elle pas provoquer la révolution et la rébellion des papous?  Le gouvernement indonésien va-t-il obliger tous les habitants de l’Indonésie à prendre des douches habillés?  En proclamant  cette risible interdiction ne va-t-il pas faire rire de lui  dans le monde entier...  ils veulent interdire aux papous de goûter la caresse du vent et de l’eau sur leur corps et en y réfléchissant n’est-ce pas le costard-col-cravate qui est la plus obscène des tenues? Affublés d’un col et d’une cravate, les hommes d’affaires affairés s’étouffent eux-mêmes, étranglés qu’ils sont par leurs cravates-garot qui empêchent leur sang de voyager dans leur corps et de pulser jusqu’à leurs cerveaux  et c’est sans doute pour cette raison  que les gentlemen du gouvernement indonésien prennent des décisions semblables et veulent uniformiser les tenues de tout le monde, vous  rendez-vous compte que l’uniformisation totale du monde est allée se loger jusqu’en papouasie? Vraiment, il n’y a pas de quoi pavoiser. On assiste à la mort des croyances collectives  et traditionnelles. Le gouvernement central du monde veut que tous les humains marchent au pas selon leur diktats vestimentaires, bientôt, on obligera les papoux  de se vêtir bien sûr... mais uniquement avec un vêtement de « marque » au nom du sacro-saint commerce. Pourquoi le gouvernement indonésien se fait-il remarquer de la sorte ? Cette décison prête à rire, à s’esclaffer! Ceux qui proclament cette loi contre l’innocente nudité des habitants de papouasie  sont vraiment des obsédés sexuels qui refusent de voir la vérité en face. Parallèment et en suivant la même logique, ils osent insinuer que la nature est mal faite: « Cachez ce sexe que je ne saurais voir », ces révisionnistes d’un nouveau genre veulent nier l’originalité de chaque être humain, de la même façon qu’on a décidé dans les hautes sphères de l’Europe que l’homéopathie serait bientôt interdite ou presque... toujours l’uniformisation mondiale décidée par quelques blancs becs représentant de grosses multinationales en ce cas les grosses boîtes pharmaceutiques qui veulent qu’on se soigne avec les médicaments qu’ils produisent et rien d’autre: hors de l’allopathie point de salut, crient-ils aux 4 vents. Monsanto veut intoxiquer toute la planète au nom du commerce. « Monsanto subito met la terre sur le dos ». Et les OGM? Les OGM que les fonctionnaires de l’Europe hésitent à interdire toujours au nom du pèse et du fisc et du saint bénéfice et de la pression des hommes d’affaires américains, ceux-là même qui viennent de prendre la plus fameuse tatouille financière du siècle à cause de leur bêtise et de leur appât du gain? Les patrons de Monsanto sont les tueurs des abeilles et des êtres humains. Il en est de même des grands semenciers qui veulent être les seuls à règner et à vendre des semences. Celles qu’ils vendent sont trafiquées et hybrides et empoisonnent la terre. Qu’on se souvienne du procès qu’ils on fait fait à Kokopelli, ces marchands de semences anciennes, tout ça juste pour être les maîtres du marché de la semence. Comment peut-on supporter ces produits toxiques qui mettent la terre sur les genoux et sans dessus dessous, ces produits toxiques qui tuent les êtres humains et enrichissent quelques richards obèses qui veulent posséder toute la planète et qui veulent, on ne sait pourquoi, la mort de l’humanité et la leur aussi par la même occasion. Monsanto est le plus grand terroriste de la planète, al Qaida est un enfant de choeur à côté de lui, Monsanto prépare le plus grave attentat suicide de la planète. Vous avez sans doute remarqué que les boss de Monsanto ne sortent jamais de leurs bureaux que coiffés et avec un masque à gaz  car ils connaissent très bien l'immensité de la toxicité de ce qu’ils vendent.

Julos Beaucarne

19 décembre 08 TLG

22:33 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

21 décembre 2008

Allô Gaza

 

Masque



 Gravure de Maryline Coppée

 

 

Allô! Ici Gaza, dit la voix dans le téléphone, ici, il n’y a plus de trêves et s’il y en a, elles  meurent vite dans les combats. Ici il n’y a plus de rêves, ici se trouve être le coeur de l’absurdhistan mondial entretenu savamment depuis si longtemps déjà par qui? Par les marchands d’armes et les snipers? Ici, il n’y a plus de trêves, et s’il y en a, elles sont si brèves qu’on ne s’en  souvient pas, on croit que ça va finir et ça repart et ça s’éparpille et le bruit des armes nous vrillent les oreilles, nous percent les tympans et le corps et la tête et nous, nous vivons tant bien que mal dans l’entre deux, entre Vie et mort.  Tu me dis: "nous sommes enfermés dans la bande de Gaza, nous sommes juste une petite bande qu’ils appellent des "hors la loi" mais c’est ceux qui nous encerclent et qui nous visent, c’est eux qu’on devrait appeler des “hors la loi". Quelle est la loi des tueurs? Si ce n’est de tuer, le tunnel que nous avons creusé, me dit-il, près de la frontière a été fermé au bulldozer, plus d’issue, plus une seule voie ouverte vers la liberté, nous sommes faits comme des rats,  nous sommes enfermés à double tour dans la bande de Gaza  pour qui ? Pourquoi? Quelle absurdité! Nous vivons au plein coeur de l'absurdhistan. "Le ‘cessez le feu’ a-t-il vécu ?. Les nouvelles sont contradictoires mais nous ne sommes plus disposés à nous laisser assassiner. J’entends dans le téléphone le bruit sempiternel des armes automatiques, j’entends des cris au téléphone et les sirènes des ambulances du croissant rouge mon ami, me dit, il est possible que  tel sera notre Noël dans la  bande de Gaza “. Je regarde les photos des enfants tués... D’un côté, on assassine un peuple à qui on reproche de se défendre, et de l’autre, on tue des enfants et des femmes et des jeunes gens et des vieillards, pourquoi, comment ? Quelle est la logique de cette guerre qui n’en finit pas de faire semblant de finir....”Pendant ce temps, me dit mon ami au téléphone, vous buvez du champagne et vous faites la fête? Vous, vous avez le droit de rêver. Gardez au moins, si c’est possible, ajoute-t-il au téléphone, gardez un vide, un endroit un rien, derrière la fête un peu de silence étroit pour penser à nous, à toutes celles et à tous ceux, enfants, femmes et hommes, qui sont enfermés dans cette prison à ciel ouvert de la bande de Gaza. Nous vivons dans des ruines, ici, chaque homme, chaque femme, chaque enfant peut à chaque minute devenir une cible. Ne dites pas que c’est nous qui avons commencé...". La communication est très mauvaise, puis elle se coupe.

Julos, 20 décembre 08

 

09:56 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

14 décembre 2008

Le livre de ma vie

 

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J'ouvre en panoramique le livre de ma vie, j'y vois des fonds et des bosses des tristesses si profondes parfois qu'il m'a fallu quelques années, non pas pour les oublier..... ça me semblait impossible et dangereux, mais pour essayer de comprendre, de percer le secret de l'absurdité qui fondait sur moi sans crier gare et me foudroyait, cependant malgré ces froids qui traversaient de part en part mon âme ,j'ai tenté de garder le cap de l'amour, de l'amitié et de la douceur nécessaire pour continuer à marcher sur ma propre route malgré le chiffre de mon âge qui s'affichait sur le compte-tours de mes jours.

A part le chiffre de mes jours je n'ai pas réussi à "faire du chiffre" comme disent les prêtres de la "marchandise" et du merchandising. Mais j'ai essayé d'envoyer aux 4 coins du monde des oiseaux de paix. Je ne voulais être qu'un parfumeur psychique. Ma mère bien aimée qui m'a débarqué sur les quais de ce monde le 27 juin 1936 ma mère qui m'a donné vie, est née, elle, en l'autre dimension en 1960 pendant que j'étais dans les Afriques et mon père, lui, en 1974  a laissé ses outils, son poste à souder et toute sa clientèle de fermiers bons vivants qui venaient le voir et piquaient volontiers une jasette avec lui dans l'atelier devant l'enclume ou autour du grand soufflet de la forge qui faisait rougir l'acier.

Me reste par bonheur ma grande soeur aînée et mon grand frère et je savoure le bonheur de les croiser au hasard la chance et nous rions ensemble et nous nous souvenons. 

Chaque minute est précieuse et se savoure comme un grand vin millésimé, savoureux qui nous donnerait des nouvelles du soleil.

Derrière nous dans les ans une forêt d'enfants grimpe vers la lumière et le bonheur est encore dans le pré malgré cette sourde peur de la déferlante violence du monde. Je pense beaucoup aux enfants aux petits comme aux grands que l'on tue ou qui se donnent mort à eux-mêmes ou qui deviennent soldats à l'âge ou d'autres vont encore à l'école, je pense à celles et à ceux qui se mutilent et s'enlaidissent, je pense à eux le soir à la solitude de celles et de ceux qui ont perdu leurs parents dans d'absurdes guerres et que plus aucune maman ne vient border et embrasser au seuil de la nuit. Ils sont à la merci des violeurs, des tortionnaires et leur petite âme n'est pas en mesure de surmonter leur peine. C'est à elles, c'est  à eux que je pense quand je m'endors tranquillement dans mon lit, dans ma maison, dans mon pays.

Je leur envoie des pensées d'amour. Je sais que c'est peu mais je sais aussi que c'est beaucoup.

 

Julos le 12 décembre 08

 

00:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

02 décembre 2008

Dogan 0zgüden

 

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Que c’est doux de rentrer dans un immense oeuf, fut-il troué tout partout, c’est comme si on rentrait dans le ventre de sa mère, que c’est doux de marcher dans un oeuf: on se sent protégé en ce monde où l’on est à la merci de tout, au nom d’une religion, d’une idée fixe, au nom du pèse, au nom du fisc. Je pense aux voyageurs occidentaux de Bombay en Inde, massacrés la semaine dernière dans l’hôtel Taj Mahal, la barbarie est partout et des innocents paient de leur vie les arrêts sur l’image d’êtres détournés d’eux mêmes par des idéaux destructeurs, c’est chaque jour le massacre des innocents.

Je songe à mon ami Turc Dogan Ozgüden journaliste qui a du quitter la Turquie en 1971 et s’est réfugié chez nous parce que ses articles parlaient de justice, d’égalité, de fraternité et parler de tout cela en Turquie ne plaisait pas aux maîtres du pays qui n’aiment pas qu’on trouble leur eau. Une fois arrivé chez nous Dogan a créé “info-Turk“. En exil, il a continué à combattre l’injustice, l’antisémitisme et la xénophobie qui gangrènent son pays la Turquie et bien d’autres pays du monde.

A cause de ses idées de paix, Dogan est actuellement menacé de lynchage, ces menaces qui pèsent sur lui sont téléguidées par les maîtres d’Ankara qui n’en sont pas à leurs premiers écarts avec les droits de l’homme et de la femme qu’on se souvienne des raids aériens turcs contre des cibles kurdes dans le nord de l’Irak, qu’on se souvienne de la situation des femmes prisonnières dans les prisons turques.

Il n’y a pas qu’enTurquie que les droits de l’homme et de la femme sont bafoués, chez nous aussi, les sans-papiers souffrent et ils souffrent aussi en France. Les journaux racontent tous les viols quotidiens perpétrés par des militaires de n’importe quel bord en République du Congo. Alors quand aurons nous la paix?

En attendant ce jour nous marchons dans l’oeuf avec l’impression fausse, peut-être, d’être protégés comme si on était dans le ventre de sa propre mère.

 

 

Julos le 2 décembre 08

 

Oeuf

 

"Le grand ovoïde" est une oeuvre de Mostafa Hadi et Pol Marchandise

tel 0477 691 518.

L'oeuvre était sur la place de Beauvechain pendant

le mois de novembre.

21:20 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

27 novembre 2008

Des pas dans la neige

 

Où te conduisent tes pas dans la neige de l’hiver? Le passé vient de partir, le présent s’active, le futur se prépare pour rentrer en scène, tu regardes les arbres nus par la fenêtre de ta chambre, le jour se lève à peine, il te salue... Que dis tu? Que dit-on? Que dit-elle donc? Pas de soleil ce matin, il boude derrière les nuages épais.

Je pense à toi ô Ventoux, grand Paracatoa sacré, toi, notre Fuji Jama à nous, notre jamais oublié, tu as mis ton chapeau blanc, oui, c’est la saison, le bonhomme hiver déploie ses fastes. Qui pense à vous? Qui pense à toi en ce matin gris. Qui va t’envoyer le soleil dans une enveloppe fermée que tu ouvriras tout à l’heure quand Félicien notre facteur aura traversé la plaine blanche pour arriver chez toi et frapper à ta porte:  « Un paquet pour vous Julos ! », tu regardes le nom de l’expéditeur: « l’hiver ».Tu ouvres à la hâte. Dans le paquet rien que des flocons de neige fraîche... à peine as tu ouvert le paquet que déjà les flocons fondent et la neige se métamorphose en eau.

Félicien a déjà tourné le coin, il part joyeux dans la brume accompagné de la petite musique du moteur de sa pétrolette pet, pet, il y a à peine 2 ans il faisait encore sa tournée en vélo. Maintenant il pollue comme toi et moi. Bonjour le monde! Demain arrivent des amis du midi, j’espère qu’ils n’auront pas oublié de m’apporter le soleil. Le jour de l’an je donnerai une dringuelle à Félicien pour ses bons et loyaux services. Et il repartira dans la brume le sourire aux lèvres.

 

Julos  27 novembre 08


ou te conduisent tes pas

 

16:49 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

23 novembre 2008

Nirvikalpa Samadhi

Indications pour la lecture du texte qui va suivre.

Ce texte, pour qu’il atteigne les tréfonds de votre âme, doit être lu à haute et intelligible voix sinon le message terriblement subliminal qu’il contient ne traversera pas la paroi mince de votre corps physique et n’atteindra pas les frontières de votre corps éthérique or c’est l’au-delà du texte qui compte pour beaucoup ici (note du transcripteur).

  

Pas plus tard qu’hier soir, un sage qui passait par là juste au coucher du soleil s’approcha de moi et me dit à l’oreille dans un sanscrit parfait: « Lorsque vous aurez atteint l’état du Nirvikalpa Samadhi… ». « Qu’est-ce donc que l’état du « Nirvikalpa Samadhi? » « Le Nirvikalpa Samadhi, me répondit-il, c’est la cessation du pouls  et de la respiration et cela tout en restant vivant et en pleine raison et en pleine possession de toutes ses facultances ». « Il fait bon être averti ! », lui répondis-je. « Donc, reprit-il, quand vous aurez atteint l’état du Nirvikalpa Samadhi, vous pourrez virer de bord, lof pour lof dans l’autre dimension, vous en aurez la permission. Je lui demandai: « Où se trouve l’état du Nirvikalpa Samadhi...? ». « C’est juste un état extrême et doux bien au-delà de tous les états même les plus doux, me dit-il, c’est un état classé 16 sur l’échelle de la douceur: en fait, c’est un état plus qu’extra-doux qu’on atteint le dernier samedi du mois d’août, ici ou au Tamilnadou, en bref: un état d’apaisement au-delà de tout ce qu’on peut rêver - un parfait redoux où tout s’apaise, un redoux plus que parfait, un état où l’on se trouve à l’aise comme si on gisait nu sur le lit d’une humide glaise dans la fournaise d’un étouffant été".

Il ajouta: « Quand nous aurons expérimenté toutes les douceurs avec et y compris les douceurs tendres de l’âme, du corps et du coeur, quand nous serons sortis des faubourgs de l’Amercoeur alors, alors, dit-il, alors seulement  nous serons dans ce qu’on appelle l’état du Nirvikalpa Samadhi, est-ce que ça vous dit, me dit-il, de faire cette expérience-là, ici même et maintenant? ». « Pourquoi lui dis-je? » « Parce que, répondit-il, notre devenir à vous comme à moi est de ne plus être... un jour ou l’autre..... « Le plus tard possible » pensai-je, à part moi.  « Donc, reprit-il, notre devenir à vous comme à moi est de ne plus être un jour ou l’autre, mais peut-être aussi pour être, peut-être, entièrement nous-même et en même temps peut-être pour être merveilleusement le tout, c’est à dire l’immensité du créé en son entier avec et y compris, l’ivre univers qui n’a peut-être ni début ni fin et le « mégavers » et tout ce qui n’a pas encore été trouvé, tout ce qui se cache encore dans le dedans et le dehors, dans le dessus et sous les dessous de la matière » et il ajouta, toujours en sanscrit, je transcris: « Ce que j’en dis, ce que j’en sais, est juste le fruit de mon inexpérience, de mes tâtonnements et de mes errances, ne dit-on pas souvent: « Il sait assez celui qui sait, s’il sait qu’il ne sait rien ». « J’ai un souhait, renchérit-il, je voudrais vous voir en pleine jubilation, en pleine jubilance, je voudrais vous voir rire dans la certitude d’être à votre place, à la bonne place et être aussi dans la certitude de ne pas perdre votre place partout, tout le temps, parce que tout un chacun et tout le monde est à la bonne place au bon moment dans le soleil » *

 Julos Beaucarne

Nuit du dimanche 16 novembre au 17 novembre O8

 

*citation de Raoul Duguay

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Sculpture de Kanwa

Kanwa est un sculpteur de Java qui s'est installé à Nodebais près de l'étang,

ses sculptures sont visibles à l'occasion des fêtes de St Martin

ces deux dernières fins de semaines de novembre 08.

 

11:50 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

16 novembre 2008

peinture

 

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Peinture de la picteresse coréenne Ju et texte de Julos

Nous sommes comme les arbres
Nous sommes bien plus larges
Que nous ne pensons
Nos racines remontent à la nuit des temps
Nos ancêtres chuchotent
Et crient encore au travers de nous.

14:11 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)