04 avril 2008

Ce matin qu’en est-il du tibet ?

 

Texte_Tibet
 

 

Ce matin qu’en est-il du tibet ? Le sais-tu toi, qui épluche la dernière édition du journal qui sent encore l’encre en sirotant un café noir ? Et vous autres, qui tenez le haut du pavé, qu’alliez-vous faire dans le palais d’un dictateur à Bucarest ? Pourquoi faire sortir du placard la sinistrose ancienne, ce décor sent la naphtaline et les relents de  règne triste. Par le choix de ce sordide lieu maudit et mégalo-maniaque minable et de sinistre mémoire, vous reconnaissiez à la face du monde que vous êtes des dictateurs, des étouffeurs de société, et toute l’imagerie militaire y était, tout le pathos pathétique de vos cervelles à sens unique, vous n’étiez que des soldats de plomb, des pantins articulés, télécommandés, des robots avec rien que du plomb dans la cervelle, des acteurs sans texte, même quand vous parlez, vous êtes désespérément muets, vous êtes les promoteurs d’un monde mort qui cherche à faire mourir ce qu’il reste encore de vie sur la terre. Vous ne connaissez que le cinéma muet, vous n’avez rien à dire, vous êtes les gardiens cahotants du chaos,  vous règnez sur les cadavres de milliards d’abeilles : « Monsanto subito met la terre sur le dos ». Vos rires sonnent faux, vos embrassades sont factices, vous n’êtes que carton pâte et pur décorum, vous avez des ambitions de boutiquiers stupides, vous avez été à l’école pour être bête mais..... dans de grandes universités où vos parents payaient les professeurs pour que vous réussisiez. Il fallait sauver les apparences. Vous êtes et vous restez arrêtés sur votre image, vous êtes des hommes mécanisés.  Des robots authentiques et pathétiques, vous faisaient la haie, vous paradiez, vous gonfliez vos égos sur fond de musique militaire asexuée et exangue. Derrière vous en filigrane des millions de fantômes de celles et de ceux que vous avez déplanté de ce monde volaient autour de vous, hurlaient dans le silence mais vous n’entendiez plus rien, il y a longtemps que vous êtes sourds aux voix familières de la grande Vie. Vous êtes des abonnés de la mort. Vous ne réusissez pas à cacher le petit bout de la faucille qui sort de vos costumes amidonnés. Vos voix sonnent comme le glas. Et ce glas résonne et prend toute la place, hélas ! Et malgré tout ce qui est dit plus haut, j'affirme que rien n'est perdu, que tout est à faire, c'était juste un texte pour nous pousser à retrousser nos manches, à aller plus loin dans le total amour, car "l'amour est la totale totalité totalisant totalement le tout tout le temps".

Julos 4 avril 2008

10:17 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

03 avril 2008

Te souviens-tu des frissons de l'hiver

 

Texte_FrissonsHiver

Te souviens-tu des frissons de l’hiver, crois tu que l’hiver est parti? Chez nous dans notre hémisphère terriblement nordique, il pénètre jusqu’au coeur de nos os, le coeur de nos petits os d’êtres humains ont froid en ces temps-ci, on a l’envie d’être enveloppé par les rayons du soleil, on a l’envie d’être dorloté, chouchouté. Parfois, en plus de l’hiver du froid, il y a aussi l’hiver de l’âme quand on entend qu’on tue tout partout, des femmes, des enfants, quand on parle la bouche en coeur de boucliers anti-missiles quand les hommes de guerre, les semeurs de mort et de haine, ces anachroniques en leur logique imbécile veulent qu’il y ait encore davantage de froid sur la terre... ils tiennent le haut du pavé et nous on est là avec nos petites mains, chacun, chacune.....  on en a que deux, c’est peu pour essayer de réchauffer le pauvre monde. Comment faire pour atteindre la joie parfaite, la chaleur intérieure parfaite ? J’ai reçu les papiers pour payer les redevances radios et  télés, on nous demande de payer et si nous ne payons pas nous avons des amendes mais.... nous n’avons rien à dire sur ce qui passe à longueur de jours à la télé et à la radio... ces films de haine et de violence aux heures où les enfants regardent avant d’aller dormir, ces bombes qu’ils regardent éclater dans les films éclatent aussi dans leur sommeil, nous n’avons rien à dire sur ce qui passe à la radio bien sûr.... mais c’est nous qui payons, il n’y a que deux ou 3 programmateurs à la radio ce sont des tueurs de la mémoire, ils sont les oreilles de la Belgique francophone, c’est eux qui représentent nos goûts paraît-il, on a beau leur téléphoner, ils écoutent, disent oui oui oui.... mais ne changent rien, ils tiennent l’avenir des artisans de la chanson entre leurs mains, ce sont les nouveaux empereurs, les nouveaux dictateurs sonores, ils pactisent avec les “Majors” comme on dit, les “Majors” qui font du “sur mesure”, du ”prêt-à-diffuser”, du ”formaté” pour bien formater le public, pour que le public marche au pas et envoie ses enfants combattre en Afghanistan pour les dollars de Bush et agrandir encore davantage notre servitude, nous sommes les larbins de l’Amérique, nous sommes colonisés, on entend principalement des chansons bien formatées, des chansons qui “formatent” le public, des chansons qui ne pètent pas plus haut que leur cul pour ne pas troubler  le ronron formaté. Nous sommes les cochons de payants, ceux qu’on ne respecte pas, qu’on méprise, tout ça pour faire de l’argent pour engraisser quelques Crésus, quelques sacs d’or sur notre dos et sur le dos de nos enfants, tout ça pour engraisser encore davantage ceux qui nous tiennent en laisse et veulent nous posséder jusqu’au trognon, et je ne parle pas de ces jeux vidéos pour nos enfants et petits enfants, ces jeux où l’on apprend électroniquement la haine et la violence. J’ai froid ce matin et le soleil n’est pas encore levé.

Julos,
6 heures 36 du matin, jeudi 3 avril

08:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

Papier à lettre d'emballage d'orange

 

Texte_PapierOrange_2

08:09 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

26 mars 2008

Pagode de glace

 

Pagodes_PagodeDeGlace

Au milieu de l'immense chevelure
des eaux de l'Orbe dans le jura suisse
mon ami Jean-Yves Piffard
a planté sur une île de roche
une pagode de glace qui symbolise M.C. Goyen
enfermé à tort depuis 20 ans
dans les couloirs de la mort aux USA.
Je pense aussi aux torrents du tibet et à ses habitants
en souffrance ces jours-ci.
O que j'aimerais que nos pensées
soient plus fortes que la souffrance, que la haine
et les supplices que subissent les hommes
et les femmes du monde.

Julos  26 Mars 2008

22:48 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

22 mars 2008

Et le wallon, réservoir de mots de la langue française

 

Vu l’immense succès du film "Bienvenue chez les chtis", ce texte sur le wallon me semble avoir une importance capitale. J’ai commencé mon spectacle avec ce texte hier à la maison du peuple de Frameries.

Julos



Et le wallon, réservoir de mots de la langue française, savoureux et pétillant. Le wallon, ce champagne continuel du langage, cet esprit qui ne se prend jamais au sérieux et que les snobinards de service regardent du haut de leur grandeur avec leur langue pointue et pharmaceutique de discours académique. Si Louis XIV s’était installé à Namur, toute la France parlerait le wallon de Namur. Le français, c’est un patois qui a réussi, qui s’est imposé au « hit-parade » des langues et qui, par ailleurs, s’il ne se défend pas, finira par se faire manger par l’anglais. Une chanson, c’est peu de chose mais ça peut y faire pour la langue. Le wallon, c’est « le langage naïf et doux qui nous vient de nos mères, de nos premiers amis du village natal, c’est un langage qui supplée aux lacunes du beau parler et qui a toujours un mot spirituel à mettre là où défaillent les dictionnaires ». Le wallon dans ses différences, c’est l’originalité d’une région qui refuse de mettre l’uniforme, d’être copie conforme, duplicata, c’est « Un certain tour d’esprit aussi ancien que les outils de silex ». Le wallon, c’est le latin venu à pied du fond des âges.

Julos Beaucarne

Les citations sont de Henri Pourrat

11:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

Journée internationale de l'eau


Ce 22 mars
Journée internationale de l'eau

 

L’eau est le sourire de la terre
Elle appartient à l’univers
Nous sommes menacés
Dans notre bien le plus précieux : l’eau
Nous voulons la garder fraîche et pure
Nous ne voulons pas qu’elle soit vendue
L’eau est gratuite
L’eau est sacrée
Elle est nue
C’est pour ça qu’elle a besoin d’être défendue
L’intérêt du plus grand nombre doit prévaloir
sur l’intérêt de quelques uns.


Julos Beaucarne
et Eau secours

09:44 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

20 mars 2008

Le paysage mental personnel

 

Textes_JulosChapeauPeruvien

 

Texte_EnFaisantEvoluer_Noir

15:30 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

15 mars 2008

Le retour du Dalai Lama

 

burki481

dessin de Burki, dessinateur du journal "24 heures"

 

Affrontements ces derniers jours à Lassa
entre les moines tibétains et l’envahisseur chinois

 

Le retour du dalaï-lama
Il paraît qu’c’était le pays
Le plus haut d’altitude, d’esprit
Ce serait bien que tu t’y rendes
Toi qui t’envoles vers l’Asie
A la recherche d’une autre vie
L’Tibet bien sûr est toujours là
Il manque juste le dalaï-lama
Le grand Océan de sagesse
A quitté Lhassa, il ne reste
Là-bas qu’une poignée de moines
En tout 50.000 Tibétains
Traités, dit-on, comme des chiens
Par des envahisseurs de l’Est
Venus d’empires jadis célestes
Ca t’étonnera peut-être un peu
Des vrais Tibétains, y en a peu
5 millions sur le territoire
Mais 7 millions d’inquisiteurs
Campent désormais sur les hauteurs
Ils ont jeté par-dessus bord
Plus d’un million deux cent mille corps
Cela fait plus de 40 ans
Que ces colons montrent les dents
Tout en haut sur le toit du monde
Interdisant tout enfantement
Sans le permis de l’occupant
Qui étouffe systématiquement
Toute vie en son commencement
De même on donne des permis d’chasse
A quelques richissimes rapaces
Amateurs fous de trophées rares
Contre un gros paquet de dollars
Ils tuent leur content les richards
Yacks sauvages, moutons argali
Sont gommés au fil du fusil
Les plus grands fleuves de l’Asie
Prennent source au coeur du pays
Mais la terre est devenue chauve
On a mis la chimie aux champs
L’eau charrie les fertilisants
Beaucoup d’arbres ont été coupés
Le désert broute la forêt
Milliers de monastères détruits
Plus de 20 siècles d’art et de vie
Ont été réduits en poudre
Toute une civilisation
Raffinée, passée au pilon
Assassinat d’une mémoire
Trop vive pour la laisser voir
Le 14 ième dalaï-lama
S’inquiète de savoir s’il pourra
Avant la fin de ce siècle
Réintégrer son pays
Sans violence et sans conflit
Voir après cette longue nuit
Le soleil se lever chez lui.
Julos Beaucarne

 
Vendredi 18 juin 93
Extrait de l'album Tours, temples et pagodes post-industriels

 

20:14 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)

14 mars 2008

Les femmes de demain

 

Le journal « Femmes d’aujourd’hui » a juste 75 ans, juste 3 ans de plus que moi. Le journal « Femmes d’aujourd’hui » et moi nous sommes presque nés en même temps mais qu’est-ce, en fin finale, que le temps? Et je me pose la question: les femmes d’aujourd’hui sont-elles encore un petit peu les femmes d’hier et qu’y a-t-il encore de commun entre Néphertiti et la femme d’aujourd’hui  et ...  la femme de demain qu’elle sera-t-elle? Il y a trop de jours encore avant de dépasser sur l’autoroute du temps l’an 2999, pour imaginer fut-ce une picoseconde comment seront les femmes du nouveau siècle, les femmes du futur et certains se demandent: y ­a-t-il encore unfutur? Quelle pythie, quelle devineresse faudrait-il interroger pour savoir comment seront habillées non pas les femmes du temps jadis, bien sûr, cela nous le savons mais comment seront habillées les femmes de  demain, de ce demain qui ne ressemblera que très peu à notre demain actuel. Peut-être les OGM de Monsanto auront-ils semé la mort partout sur la Terre, peut-être que ce sera le silence sur notre bonne vieille planète massacrée par les bombes, les armes chimiques et bactériologiques, la terre notre mère, empoisonnée par ses propres fils, ces apprentis sorciers de la chimie qui travaillent au nom du pèse et du fisc et du saint bénéfice, ces apprentis sorciers qui sont les fils des femmes d’aujourd’hui. Peut-être que les femmes de demain devront prendre parti contre les massacres de toute farine, contre les géants de la chimie, les industriels de la guerre pour pouvoir encore avoir des enfants, pour pouvoir survivre, pour pouvoir croire en l’avenir. Pourrons-nous encore vivre en paix sous les arbres? C’est ce que je souhaite de toute mon âme à toutes les femmes d’aujourd’hui et de demain, d’ici et de partout, il n’est pas trop tard mais il est juste trop tard moins le quart.
 
Julos Beaucarne, le 14 mars 2008

19:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)

Depuis longtemps j'aime caresser les livres

 

decoration

10:09 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

10 mars 2008

Bienvenue chez les Chtis

 

 

Le film: “Bienvenue chez les Chtis” de Dany Boon de Bergues dans le Pas de Calais (F) cartonne dans toute la francophonie. Personnellement, je m’en réjouis profondément. Ce film a fait davantage pour nos langues vernaculaires, pour nos dialectes et la reconnaissance des idiomes de nos pays que n’importe quel discours politique ampoulé et souvent méprisant vis-à-vis des patois, des accents et de ceux qui ont l’accent (l’accent n’est-il pas tout un pays qui sort d’une bouche?). Le film a révélé un sentiment profond d’appartenance et d’affinité réelle entre les habitants des régions du nord de la France et de la Wallonie, il a mobilisé et touché  une immense population qui s’est reconnue à travers les dialogues en langue picarde: cette langue si proche du wallon, d’ailleurs ces deux parlers ne sont-ils pas le latin lui-même venu à pied du fond des âges? Ca fait du bien de retrouver un langage qui semble venir de nos mères, de nos premiers amis du village natal et que les états centralisateurs ont voulu gommer pour mieux régner sur le plus grand nombre. Le wallon et le picard avec leurs différences et leur truculence couvrent un territoire qui va de Liège en Belgique aux  portes de Paris. Le succès du film prouve que les dialectes n’ont pas disparu ils ont juste été sciemment occultés. Le  film est porté par la force de la langue populaire réveillée, il est un véritable raz de marrée et les grandes productions à l’américaine ont étés dépassées haut la main par une parole si  ancienne, si profondément ancrée dans nos mémoires ancestrales, dans nos cellules, une langue qui semble venir du fin fond des âges, du fin fond de nos régions, du fin fond de notre inconscient collectif: un langage populaire qui s’est frotté aux machines à battre, aux terrils, à la mine, à la guerre et au grisou. Une langue chaleureuse, humaine et fraternelle.

 

Julos Beaucarne Tourinnes-la-Grosse   

 

Textes_Chtis

 

09:48 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

09 mars 2008

Gilles Vigneault

 

Jo Dekmine avait appelé jadis Gilles Vigneault : ”Le crieur du Québec” mais Gilles n’est pas seulement “Le crieur du Québec”, c’est un jeune homme en lisière de ses  8O ans, c’est un gigueur magnifique, pas essoufflé pour un sous. Si vous voulez capter l’énergie du géant qui traverse allégrement les âges, il est encore ce soir à l’abbaye de Stavelot. Hier il a enthousiasmé toutes celles et ceux qui étaient venus le voir. Après le spectacle, nous nous sommes retrouvés au ”Mal aimé”, le lieu où se retrouvent les poètes depuis le temps où Apollinaire est parti à la “cloche de bois” c’est à dire sans payer. Vous souvenez-vous d’ Apollinaire le poète multigénérationnel qui traverse le temps allègrement comme font les poètes éternels. ”Les souvenirs sont cors de chasse dont meurt le bruit parmi le vent”.

Julos  9 mars

 

Images_JulosGillesVigneault

14:07 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)