25 janvier 2008

Eventail rouge

 

 Textes_Eventail

 

Quand elle ouvrit son éventail rouge.....  et il me semblait qu’elle ouvrait la moitié du monde, le geste était gracieux et la porteuse d’éventail japonais souriait. Je ne sais à quoi elle pensait. Pensait-elle à l’hémisphère sud ou à l’hémisphère nord? Elle se déplaçait à petit pas, elle remuait l’espace de la grand salle, ses lèvres étaient peintes avec la même  couleur rouge que celle de l’éventail, elle avait de tout petits yeux noirs, sa chevelure longue  allait de droite et de gauche selon ses mouvements, elle était revêtue d’une longue robe blanche qui parfois se gonflait en laissant flotter dans la salle un parfum subtil, un frisson sauvage.

Julos

15:18 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)

18 janvier 2008

Les oiseaux

JaseurOiseaux 
Dessin de John James Audubon (1785-1854)

 

Les oiseaux sont les messagers et l'expression vivante de l'immense subtilité de notre esprit, ils sont commes nos pensées qui s'envolent et qui traversent l'air avec facilité. Les oiseaux sont nos maîtres et j'aimerais avoir leur rapidité, leur vélocité. Qu'y a-t-il de plus fort que cette traversée de l'espace d'une pensée qui instantanément touche son destinataire bien plus vite encore qu'un oiseau. Chérir une personne éloignée est possible, rien que par la pensée et en plus instantanément. La pratique de l'internet nous fait oublier la toute puissante télépathie, avec rien dans les mains, avec rien dans les poches sans risque de rupture de contact ni de panne d'électricité. Tant que nous sommes vivants, nous sommes dans le direct total.

Julos le 18 janvier 08

 

12:40 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (7)

08 janvier 2008

Alphabet hiéroglyphe


Voulez-vous marcher dans la forêt des hiéroglyphes, écrire comme les scribes accroupis, remonter le temps, envoyer des lettres d’amour, à Nephertiti et à Nefertari, voulez-vous construire votre pyramide personnelle au coeur de ce désert moderne? Voilà donc, ci-joint, les clefs pour écrire en langue Pharaon, pharaoner en quelque sorte, ânonner des phrases, aujourd’hui inintelligibles sauf par quelques fous des mots, du langage, de la parole ancienne. Les hiéroglyphes: c’était de la bande dessinée avant la lettre. Avez-vous entendu parler de Champollion le décripteur, celui qui a ouvert les portes du mystère ? Est-ce que ça vous dit quelque chose : la pierre de Rosette? Déjà les vautours du “A” tournent autour de moi et les vipères à cornes traversent la pièce, quand ce ne sont pas des serpents si tant vénimeux que ce n’est pas peu dire, tout un peuple de lions, de lassos, de poussins, d’hiboux, de choux, de genoux traversent la rue des brasseries et aussi le Nil toujours majestueux dans le paysage, le Nil ce dieu qu’on a discipliné à Assouan et qui se retient de couler, on ne sait pas pour combien de temps, oui, le Nil en pleine rétention, le Nil ce fleuve Pharaon, le Nil légendaire et prestigieux, le Nil et ses crues et ses alluvions et ses félouques. Que faisiez-vous à Abou Simbel en décembre de l’an 7 ?

Julos 8 janvier an huitième.

Texte_hieroglyphique

13:51 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

La chevelure abondante du grand esprit des eaux


 

 Texte_Cascade

photo Josy Grenard

J’ai vu la chevelure abondante du grand esprit des eaux à Baumes-Les-Messieurs dans le jura  français. J’ai écouté longtemps la musique aquatique qui régènere  tant âmes que corps... Les cheveux de la terre sont blancs car la terre  n’est plus une enfant, elle est si tant ancienne, elle remonte depuis si longtemps le courant de la nuit des temps, l’eau qui coule n’est jamais la même. Je suis resté longtemps à l’écouter couler. O la coulance de l’eau, j’ai dit à l’eau de donner mon bonjour à la mer... l’eau va toujours quelque part, elle se laisse couler, elle est transparente comme le vent, elle lave nos deux cerveaux  le droit,  le gauche,  on devrait faire passer la musique de l’eau à la radio pour endormir les bébés  et les êtres inquiets et agités. Les auditrices, les auditeurs seraient si tant apaisés qu’ils n’auraient plus la moindre peur.  

Julos 8 janvier, an 8

11:02 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

04 janvier 2008

Aujourd'hui tu as un an de plus

 

Images_FeteDesEnfants

12:02 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

28 décembre 2007

Le dernier rouge à lèvres de Benhazir Bhutto

La libération de l’homme et de la femme se fera le jour où tous les hommes et toutes les femmes marcheront le front dans le front comme une armée de roses  qui embaument l’espace. Un jour, tout de suite, icitte.
Je ne marche plus sur les épines de la violence  et je passe à travers les bancs de neige et la poudrerie de bombes et de balles pour aller construire ma maison dans l’amour. Car l’Amour est la totale totalité, totalisant totalement le tout, tout le temps.

Texte de Raoul Duguay
 


 Benhazir Bhutto à 18 ans avec à sa droite son père Zulficar Ali Bhutto

J'ai tenté à distance de pacifier le lieu où fut déplantée de ce monde Benhazir Bhutto ce jeudi 27/12/07 à Rawalpindi dans la banlieue d'Islamabad au Pakistan. Comment était le visage de celui qui s'est fait bombe, quel âge avait-il? Comment a réagi sa mère quand elle l'a su? Savait-elle déjà qu'il allait se faire sauter. Pourquoi l'a-t-il fait? Pourquoi ne l’a-t-elle pas empêché? Quelle détermination occulte l’a conduit à agir dans le sens de la mort plutôt que dans le sens de la Vie. Quel est le visage de son instructeur: celui qui lui a appris comment il fallait faire, comment déclencher le détonateur? Quel est le visage du précheur qui l'a persuadé? Quels arguments a-t-il developpé pour le convaincre? Que signifie cette épidémie de gens très jeunes, souvent, qui s'envoient en l'air pour qui, pour quoi? Tuer pour apprendre à vivre est-ce cela l'argument massue en cet absurdisthan. J'ai vu une photo où Benhazir Bhutto se met du rouge à lèvres avant de parler à la foule. C'est à la sortie du lieu où elle avait parlé que le jeune homme s'est approché..... tout a été très vite... l'explosion 21 22 23 vies fauchées... on a roulé Benhazir dans un linceul blanc ensuite, on l'a mise dans un cercueil avec une petite fenêtre pour qu’on puisse l’apercevoir et le corbillard a roulé vers son village natal: Larkana où repose déjà son père alors Musharraf s'est mouché et c'est du sang qui a coulé de son nez et Bush aussi s'est mouché à des milliers de kilomètres de là et ce fut pareil, c'est du sang qu'il a mouché, un sang rouge comme le dernier rouge à lèvres de Benhazir Bhutto, les Etats-Unis sont les alliés-clef de Musharaff. 20 cercueils, peut-être plus, ont quitté aujourd'hui Rawalpindi, ce sont les cercueils de ceux qui accompagnèrent Benhazir sur le chemin de l'ailleurs, il s'est fait un grand silence après le Chaos. Les mères, les soeurs, les frères, les pères, les enfants après ce désastre, après ce massacre, après ce séisme marchaient en titubant, ils se tâtaient pour vérifier qu'ils étaient encore vivants. C'était le 27 décembre de l'an 07.
Souviens-t-en.

Julos

18:20 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (8)

27 décembre 2007

Le “Slam”

 

Le “Slam” ou assumer sa slamitude sans créer la lassitude.


Le “Slam”: des poèmes courts jetés à la figure des auditrices et des auditeurs comme des épluchures, de courtes séquences de mots, de phrases, de virelangues qui tanguent et taguent l’espace sonore du sud et du nord, encore et encore. Une boisson en échange d'un poème, cette bière vaut bien un poème sans doute! Et cela dans une limite précise de temps, une manière de troc : un demi litre de liquide en échange de phrases rapides, en échange de labiales percutantes et décisives, c'est une belle pub pour les mots que le slam et cela je le proclame haut et fort, de toute mon âme. “La pipe au papa du pape pie pue” . Les mots sont très sympathiques, ils gagnent à être connus. Le slam fut inventé pour déboucher les oreilles et les bouches de tous les " Bush":  pour bousculer les groupuscules d'enfonceurs de portes ouvertes, de dictateurs de playliste, d'automates de l'audimat arrêtés sur leur propre image, figés dans leurs fantasmes de pouvoir. Salam au slam qui fut inventé pour bousculer les Pinochets du son, les assassins de la mémoire, les retrécisseurs de comprenette. Le slam, c'est enfin la mise en oralité totale de l'âme sans souffleur, une concision proche de l'hai-ku et de l'aphorisme et sans la moindre musique juste la musique naturelle de la voix:   juste les sons qui sortent  du gueuloir  des sons tout nus, sans support : juste des voix nues  directement perçues par les oreilles sans le secours du moindre porte-voix, sans le secours  du moindre amplificateur, la voix sauvage comme autrefois, la voix nue  qui encourage l'art de la litote, l'art de dire peu pour exprimer davantage. Pratiquer le slam: slamer en quelque sorte, c'est tatouer les oreilles de mots frais et fringants qui mettent en branle les neurones languissants et bloqués des bloqués sur  l’image sonore fixe et fixée, figées dans la fixité  des prêcheurs à la vue courte, prisonniers d’une langue  pas du tout aérée aux frontières, à la lisière du lisier  du langage fourbe  des antipanoramiques,  slamer, c'est pactiser avec les mots et leurs sens pour activer les connexions fondamentales du cerveau droit pour mettre en branle les cerveaux lents, recréer le branchement primordial au cosmos fondamental en totale et globale expansion. La nouvelle parlure textuelle du slam enflamme les bars et les salons et les appartements de ceux qui jettent à la face des plus coriaces au langage bétonné, la souplesse de leurs personnelles textures. Le slameur est un acrobate verbal, un clameur qui surpasse la rumeur. Le slam, c'est le brame du cerf urbain verbal perdu dans la forêt bruitale et brutale, le slam, c'est le sésame du charme... L'exorcisme textuel. Rendez-vous à Slamabad: la mecque du Salamalecland,Slamabad, la ville qui s’autoproclame ville du Slam.

Julos Beaucarne  26 décembre 2007

20:22 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

25 décembre 2007

Noël 07

 

Le sais tu? Je vis éperdu parfois au milieu de la foultitude des êtres dont j’entends les chuchotements et les cris même à travers le silence,  j’ai mesuré l’épaisseur du silence  après l’explosion d’une bombe,  ce silence était suivi de cris stridents, de gens qui avaient mal ensuite venaient les ambulances et ceux qui courageusement essayaient de réparer l’irréparable, essayaient de ramener à la vie. Depuis ce jour je travaille plus que jamais à la paix, à la réconciliance entre les êtres. Je sais, mes mots ne sont que des mots, je voudrais qu’ils soient des caresses pour les oreilles mais en ce monde de violents, de violence et de viol  les mots “Douceur” et “Amour” semblent  n’être plus de saison. Découragez-vous pas pour autant voyageurs intermittents sur cette boule ronde  car il faut qu’il reste encore  quelques voyageurs du possible pour réchauffer celles et ceux qui ont froid à l’âme. On a dépassé le solstice d’hiver  les jours vont s’allonger, nous allons marcher heureux dans les jours qui s’allongent. Chaque jour l’éternite nous fait des petits signes  avec nos amis qui tout à coup se taillent et se taisent, ils sont là paisibles dans leur fauteuil en train de lire un livre passionnant et le livre leur échappe des mains soudainement, le livre choit, tombe par terre, quelqu’un a entendu le bruit mat, il s’approche, il crie le nom du lecteur, il croit que s’il crie fort son nom,  son ami l’entendra et reviendra, il est peut-être parti juste pour quelques minutes, il dort peut-être, il a eu un malaise,un évanouissement......   mais le lecteur est ailleurs déjà, il court dans l’autre monde à toutes jambes, on ne peut plus le rattraper, il lit un autre livre, il a largué les amarres,  le grand bateau de l’éternité le transporte illico presto hors des eaux territoriales de son quotidien de vivant, il  est parti en une picoseconde, l’être si sûr de lui, si plein de santé, si jovial, chavire et sombre. Il est parti aussi vite qu’une pensée qu’on envoie dans l’espace et qui se rend directement chez celui ou celle à qui elle est destinée. O le profond silence  et les souvenances qui montent à la surface de la mémoire du coeur. La voix de l’en-allé résonne comme un écho dans un tunnel, on essaie de se ressouvenir des derniers mots qu’il a dit, des dernières phrases qu’il a proféré, on essaie de savoir s’il y avait dans ses dernières parlures la moindre prévision de partance, le moindre au revoir. Oui le moindre “au-revoir”, il nous a brulé la politesse, on ne sait pas où on va le revoir sur quelle île, en quel continent perdu des au-delà du monde? Nous reverrons-nous quand nous aurons à notre tour dépassé le cap de toute espérance de vie ? Je suis sur la table d’écoute de toutes les en-allées, de tous les en-allés et le vent d’hiver passe sous la porte férocement comme s’il hurlait des injures. Pourtant tout un monde gronde dans les villes pavoisées pour Noël, y a de la lumière partout, les avenues sont illuminées, la féérie lumineuse est-elle dans ton propre coeur? Toi qui t’interroges sur l’avenir des mondes,  tu penses à un village de la bande de Gaza, tu penses aux enfants de là-bas, tu penses aussi à ceux qui les  harcellent et les assiègent,  la loi du plus fort est toujours la loi du moindre effort, il n’y aura pas le moindre cadeau pour les enfants perdus dans les guerres inventées par des menteurs et des marchands. Tu lis dans ton quotidien que le ministère de l’intérieur aurait reçu un fax comme quoi Ajax un homme de Sfax totalement désaxé aurait posé une lapin en basse Saxe sous prétexte de lutter contre l’axe du mal et le mal pour lui sais-tu que c’est ton bien, ça tombe mal...... Le paisible se retourne 9 fois dans son lit en dormant car le vacarme  des fusillades lui parvient  du Pakistan, de l’Irak, du Kurdistan, l’absurdhistan est en marche, il est tout près, parfois, dans une rue voisine de la tienne,  un jaloux tue sa femme et ses enfants  et se déplante lui même de ce monde  par la même occasion... Joyeux Noël ! Que faire devant le massacre quotidien des saints innocents ? Nous restons prostrés dans notre impuissance  devant cette avalanche d’apocalypses. Mais alors que faire?  Il reste l’arme de la paix:  la pensée d’amour  qu’on envoie aux 4 points cardinaux  et aux 4 coins de son propre corps et l’espérance opiniâtre  qu’un jour toutes les pensées d’amour deviennent  plus fortes que les pensées de haine, de destruction, de désamour. Si les pensées d’amour dépassaient de loin le nombre des pensées de discordance  et de scission.... ce serait le grand changement, le grand chambardement à l’envers  tout redeviendrait possible  et ça.... ce serait le vrai printemps du monde.

Julos Beaucarne Noël 07

 

Guernica de Pablo Picasso 

13:31 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

20 décembre 2007

Lettre pour mettre du coeur au ventre des Wallons



BRABANCONNE WALLONNE sur l’air de la petite gayole

On nous l’avait toujours promis
Un pays grand ouvert
Un pays grand ouvert
On nous l’avait toujours promis
Un pays grand ouvert sur l’univers
Avec des habitants heureux
De vivre sur cette terre
De vivre sur cette terre
Avec des habitants heureux
De vivre sur cette terre
Les yeux grands ouverts
Ce ptit bout, D’terre qui bout
C’est la Wallonie
C’est à nous, C’est à nous
De lui donner Vie.

Julos © 2000

Image_GayolleCollant





Ce petit bout de terre qui bout c’est la Wallonie, j’aimerais bien qu’elle fasse partie de l’Europe sans pour autant perdre toutes ses racines: les pistolets du dimanche matin, les cuberdons, les macarons de Beaumont, la langue française, le wallon, toutes les bières brassées chez nous.
Jadis nous avons été les premiers à travailler le fer, les premiers à exceller dans l’extraction du charbon, les premiers à travailler la pierre, c’est pour cela que certains mots wallons sont passés dans le français comme coron, grisou, estaminet, rescapé, benne, chef porion etc, il importe que nous soyons les premiers à faire des choses que personne n’a faites auparavant.
Nous sommes acculés pour nous en sortir à l’ originalité.
Pour cela, il est important, à mon sens, de garder chez nous nos cerveaux, d’encourager les inventeurs, "Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent on en cherche" et il y en a beaucoup en Wallonie qu’on laisse partir aux États-Unis ou au Québec.
Il est important de donner aux enfants qui sont des inventeurs avant la lettre, de leur donner les outils pour qu’ils deviennent eux-mêmes et non quelqu’un d’autre, pour qu’ils deviennent leur propre rêve et non le rêve de leurs parents, de la société ou de la mode.
Si nous voulons que le chômage n’existe plus, il est de la plus haute importance que chaque enfant puisse s’inventer lui-même et accéder dès que possible à l'autonomie et pour cela la création de pistes cyclables pour que les enfants puissent aller à l’école en vélo est un pas vers cette autonomie.
À sa naissance chaque enfant reçoit une feuille de route.
La société, l’argent, la radio, la télévision, (L’école cathodique) font tout pour détourner l’enfant de lui-même. De 20H à 22H les films qui passent en ”prime time “ comme on dit sont des films où l’on tue, où l’on zigouille bref des films publicitaires pour sociétés de pompes funèbres et marchands d’armes.
On s’étonne naïvement qu’il puisse y avoir des vols à mains armée, des viols, des assassinats alors que ces films donnent quotidiennement le mode d’emploi.
Nous sommes un pays colonisé par l’argent par la nouvelle religion au nom du pèse et du fisc et du saint bénéfice. Seulement 6% de chansons francophones passent à la radio, le wallon tient encore moins de place sur les ondes, c’est important de garder notre identité face à l’Europe grandissante où l’anglais devient la langue de toutes et de tous.
Comment un pays peut-il s’unifier s’il n’a pas de culture propre, si sa culture quotidienne distillée par la télé et la radio vient d’ailleurs ?
Nous ne pourrons avoir notre place dans l’Europe que par notre originalité et pas par une imitation servile des sociétés riches et dictatoriales. Les programmateurs de radio sont d’aveugles conducteurs d’aveugles, des enfonceurs de portes ouvertes, des amnésiques qui ont trahi leur pays par snobisme et par arrivisme et parce que la loi du plus fort est toujours la loi du moindre effort. La programmation devient un modèle d’imbécillité, après une très belle entrevue avec un écrivain qui écrit en français, on passe une chanson en anglais qui n’a aucun rapport avec ce que vient de dire l’auteur. Est-ce cela de la radio intelligente? Et ces chansons interrompues abruptement par la sacro sainte publicité dictatoriale (comme si les potentiomètres n’existaient pas) Ne passent à la radio aux heures de grande écoute que des chanteurs qui ont vendu des millions de disques. Au lieu de faire connaître d'autres créateurs et faire bouger la comprenette du monde. "Pourquoi appelle-t-on les chansons à succès des tubes?" parce qu’ils sont creux. Ces chanteurs de grande écoute monopolisent les ondes hertziennes. Les programmateurs de radio mettent les chanteurs de chez nous au chômage (Pourtant Dieu sait s’ils sont nombreux et talentueux), l’état demande à chaque personne de payer une redevance pour écouter la radio et regarder la télévision (en Wallonie en tout cas) mais personne n’a son mot à dire sur les programmes qui passent. Est-ce là une société démocratique ? Quand on passe des chansons en anglais, on ne donne même pas la traduction, ça nous permettrait au moins de savoir ce que disent des gens qui vivent à 8.000 kilomètres de chez nous. Quand un groupe américain sort un nouveau disque aux États-Unis, on le sait le lendemain dans le monde entier et dans notre pays, par contre très peu de chansons en langue française passent aux Etats-Unis, il n'y a pas d'échange, ni de réciprocité. Et si un chanteur sort un disque à Houtsiplou, on le saura dans 10 ans ou quand il sera mort, et encore... Les jeunes n’ont plus de mots français à mettre sur leurs sentiments nous sommes envahis par une culture qui n’est pas la nôtre, nous ne soutenons pas nos poètes, nos créateurs.
Nous devrions être les premiers à populariser les voitures non polluantes, les voitures au gaz (un effort a déjà été fait dans ce sens) les voitures hybrides (Essence électricité) je sais que ces modèles sont plus chers que les autres mais les gens riches s’ils étaient originaux pourraient mettre leur point d’honneur à montrer l’exemple. On dépense des fortunes pour faire de la pub pour des voitures très belles mais qui polluent et on pleure comme des vaches malades (on sait ce que c’est) quand il y a un pic de pollution à Bruxelles, il faudrait savoir ce qu’on veut. Pour les transports cargo ne serait-il pas utile d’innover, de privilégier les péniches et les dirigeables qui sont des transports non polluants et plus silencieux et les routes seraient désencombrées.
Des milliers de personnes emploient des herbicides alors que d’autres moyens écologiques existent, on peut brûler les herbes par exemple. Si nous ne faisons rien les nappes phréatiques se pollueront et nos enfants et petitsenfants n’auront plus d’eau potable. Nos rivières et nos ruisseaux qui sont le sang de la terre sont pollués, quand j’étais enfant on jouait dans le ruisseau on se baignait dans la rivière, les rivières et les ruisseaux étaient nos jouets grandeur nature.
Nous n’aurons d’intérêt pour l’Europe que si nous trouvons des solutions avant les autres, que si nous sommes des inventeurs perpétuels, des trouveurs de solutions, l’homme n’a pas été au bout de tous ses possibles. La Wallonie est le pays le plus riche en inventeurs et en poètes mais qui défend les inventeurs et les poètes de chez nous ? Qui connaît les poètes, les chanteurs, les écrivains de notre pays ? Nous ne défendons pas ce qui nous est proche. C’est pourtant l’esprit qui mène la danse.
Mettre la Vie avec un grand V à la mode chez nous me semblerait un objectif primordial pour cette Wallonie en plein essor au sein de l’Europe. Les jeunes qui veulent créer leur propre entreprise devraient être encouragés plutôt que d’être découragés par des fonctionnaires dictateurs qui malheureusement souvent défendent leur petit pouvoir et sont comme des “abs”, des freins puissants à tout progrès, des gens moisis et acariâtres qui n’ont pas l’envie que le monde change puisqu’ils ont chaque mois leur salaire fixe et qui abusent de leur pouvoir pour écraser le pauvre monde. Ils ne sont pas tous semblables mais il faut reconnaître qu’ils sont encore nombreux dans notre pays de travaux inutiles.
Heureuses initiatives que ces pistes cyclables qui se tissent dans toute l’Europe, chez nous le Ravel obtient un franc succès et je rêve d’une piste cyclable d’ici à la méditerranée...

Julos Beaucarne


julos

 

17:47 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

08 décembre 2007

Montaigne

 

Montaigne est né en février 1533, il est mort en 1592. Et pourtant ses textes sont d'une étonnante modernité. Ses essais viennent de reparaître chez Gallimard. Voici un extrait bien actuel pour nous qui craignons que la Belgique, notre cher pays d'enfance et d'âge mûr, ne soit de presque pieuse mémoire. Fasse le ciel et l'univers en son entier qu'il n'en soit rien. Sans Belgique, plus de craquelins, plus de cramique, plus de cuberdons, plus de tartes au maton, plus d'atomium et plus de chansons et cela ..... ce serait beaucoup moins comique ...... Espérons donc ensemble .....  

                                            

Montaigne(blog)



"La nature nous a donné à tous toute la terre pour demeure, elle nous a tous logés dans la même maison, nous a tous formés sur le même modèle afin que chacun pût se regarder et quasiment se reconnaître dans l'autre comme dans un miroir, elle nous a fait à tous ce beau présent de la voix et de la parole pour mieux nous rencontrer et fraterniser et pour produire, par la communication et l'échange de nos volontés."

                   La Boëtie, Discours de la servitude volontaire.

 

10:42 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

02 décembre 2007

Nos stons tertous des Zinneke

 

Nos stons tertous des Zinneke

 (Chanson d'actualité extraite du disque

"Le Jaseur Boréal")


Des purs wallons, des purs flamints
Y n'da ni deux, y n'da ni yun
Nos stons tertous des zinneke
Qu'on swet tcharlerwes ou de Brugge (bis)


Refrain:
Nos stons tertous des zinneke
Nos stons tertous des zinneke


Nos ancêtes ont frouchelé
Avu des dgins d'tous les costés
Si on r'monte totes les ADN
Nos stons tertous, tertous les mêmes


Refrain


Qu'on soit de Scaussenes ou d'Madras
Nos stons tertous del même extrace
Qu'on soit scaussinou ou hutus
C'est d'enne feume que nos v'nons tertous


Refrain


Qu'on djose français ou bi flamin
Arabe, bengali, éthiopien
Bambara, chinois ou malien
Nos ston tertous des zêtes humains


Refrain


Pouqou toudis cachi margaye
Pou in festu djouer bataye
Pouqou toudis s'emmarvoyi
Pou enne miette, pou mitan d'ri


Refrain


N'à ri a faire nos ston r'liés
Avu les dgins d'tous les costés
Avu toutes les estwèles du ciel
No stons tertous des arcs-en-ciel


Julos Beaucarne


froucheler : faire l'amour en bruxellois
hutu : prononcez "houtou"
Zinneke veut dire "champion de la race pas pure", le zinneke bruxellois c'est quelqu'un qui a des origines mélangées, ça se dit aussi d'un chien qui est le résultat d'un mélange de toutes sortes de races.
(Extrait du site de la Zinneke Parade :
www.zinneke.org)

 

Traduction des Zinneke

Des purs wallons, des purs flamands
Y en a pas deux, y en a pas un
Nous sommes tous des zinneke
Qu'on soit de Charleroi ou de Brugges

Refrain:
Nous sommes tous des zinneke
Nous sommes tous des zinneke

Nos ancêtres ont fricoté
avec des gens de tous les côtés
Si on remonte tous les ADN
Nous sommes tous, tous les mêmes

Refrain

Qu'on soit d'Ecaussines ou de Madras
Nous sommes tous de la même extrace
Qu'on soit Ecaussinois ou Hutus
C'est d'une femme que nous venons tous

Refrain

Qu'on parle français ou bien flamand
Arabe, bengali, éthiopien
Bambara, chinois ou malien
Nous sommes tous des êtres humains

Refrain

Pourquoi toujours chercher misère
Pour un fétu de paille, faire la bataille
Pourquoi toujours s'enquiquiner
Pour une miette, pour la moitié de rien

Refrain

Y a rien à faire nous sommes reliés
Avec les gens de tous les côtés
Avec toutes les étoiles du ciel
Nous sommes tous des arcs-en-ciel


17:21 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

27 novembre 2007

Dimanche passé, c'était la journée contre la violence faite aux femmes

 


                          L'histoire de Sadia

Sadia , toi t'avais juste vingt ans, tu habitais Lodelinsart, ta famille venait du Pakistan, on t'avait mariée contre ton gré à quelqu'un de là-bas, quelqu'un que tu n'avais peut-être jamais vu, toi tu voulais vivre
avec ton ami belge, ta famille te trouvait trop délurée, trop joyeuse, trop gaie, trop occidentalisée et c'est pour cela que le 22 octobre dernier ton
frère sous prétexte de te parler a voulu te voir et ... il t'a tuée.


 

22:19 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)