23 avril 2011

Je suis l'homme

 

Je suis l’homme, je suis l’enfant,

Je suis la femme noire, la femme jaune,

L’homme noir, l’homme jaune,

L’homme blanc

 

Je suis l’oiseau

Et le poisson et la tortue

Et le cheval qui court.

Je suis l’herbe et l’arbre.

Je suis la mer et la montagne.

 

Si je fais du mal à une partie de moi,

A l’enfant qui est en moi,

A la femme qui est en moi,

De n’importe quel pays,

De n’importe quelle couleur,

Je me fais du mal à moi-même.

 

Aussi ai-je souvent mal

A toutes ces parties de moi

Mutilées, torturées, affamées,

En quelque lieu du monde.

 

Le jour approche

Où je serai entière et entier,

Où j’aurai assumé ma féminitude,

Ma mâlitude, ma négritude,

Ma jaunitude.

 

Je suis l’homme, je suis l’enfant,

Je suis la femme noire, la femme jaune,

L’homme noir, l’homme jaune,

L’homme blanc

 

Julos Beaucarne



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19:31 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (7)

11 avril 2011

Un baiser presque sur la bouche

 

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

C'est pas grand chose, ça change rien

Mais je sens que ça me fait du bien

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

 

Un baiser presque sur la bouche

Qui dit presque “oui ”, presque tout

Un baiser doux comme une promesse

Qui n’vous engagerait pas du tout

Un baiser tendre au bord des lèvres

Pas un baiser ... juste un bisou

Un p’tit message  qui transgresse

Un frisson timide plus que doux

“J’ t’ai reconnue un point, c’est tout”

Un appel tendre, un p’tit coucou

Sans l’obligation d’y mettre tout

Un baiser sans insistance

Un baiser qui rend pas jaloux

Qui déploie les ailes de l’enfance

Un sourire qui transperce tout

Un baiser qui s’arrête à temps

Pour que le charme dure longtemps.

Au moins jusqu'à la fin des temps

 

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Il me semble que ça fait 3 fois

Un baiser presque sur la bouche j'aime ça

 

Julos Beaucarne et Barbara d'Alcantara

6 avril 2011

19:34 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (8)

01 avril 2011

Poisson d'avril ?

Tout d’abord ce que j’écris ici n’est pas un poisson d’avril.

Ce vendredi 1er avril 2011, nous, les belges  sommes sans gouvernement depuis plus de 290 jours et on se souviendra longtemps encore de toi ô Fukushima qui est comme notre pays, tu es en alerte maximale.

La bombe  qui a mis à mal notre pays, c’est le nationalisme et le nationalisme est un cul de sac politique. Les pesticides de Monsanto  si nous n’y prenons  garde  feront l’effet d’une bombe atomique sournoise au nom du pèse et du fisc et du sacro saint bénéfice. On a empoisonné notre pays et la terre elle-même, notre planète bleue est en danger .

Le nuage nucléaire de Fukushima  semble faire le tour du monde .

Te souviens-tu de Tchernobyl? Avant ça, je n’avais jamais entendu parler de cette ville. Souviens-toi des bébés difformes, souviens-toi de l’horreur, comme on oublie vite! Souviens-toi d’Hiroshima, mon amour, le 6 août 1945, j’avais juste 9 ans: 140.000 morts. Souviens-toi  de Nagasaki : 70.000 morts . Souviens-toi des essais nucléaires français sous terre du côté de l’atoll de Mururoa, des essais américains à Bikini en 1946.

On pensait que le nouveau siècle allait faire réfléchir les êtres humains. J’ai vu l’empereur du Japon s’agenouiller avec humilité devant les irradiés de la centrale de Fukushima. L’empereur de carton Ysokras premier, l’autoproclamé  prêche, lui, que  les centrales nucléaires sont ce qu’il y a de mieux, qu’en sait-il?

Il sait assez celui qui sait s’il sait qu’il ne sait rien. Il faut être fou aujourd’hui pour encore construire des centrales nucléaires après toutes les catastrophes et ces millions de morts.. Nous autres, nous avons Tihange, Doel mais le gouvernement français a eu la délicate attention d’installer une centrale à Chooz  un village de France mais très proche de la frontière belge.

Voilà, le poisson d’avril est cuit, bon appétit! Avez-vous un compteur genre  “compteur Geiger” pour nourriture,  pour déceler les pesticides qui se seraient glissés subrepticement dans votre poisson d’avril ?

 

Julos en ce 1er avril 2011

19:48 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (10)

14 mars 2011

Que les nuages ne tuent pas les hommes

Je me souviens c'était en 2011, j'avais presque septante cinq ans, soixante quinze ans comme vous autres vous dites, un ami a frappé à ma porte,  je lui ai ouvert, il était tout en affaire comme on dit chez nous, inquiet, nerveux, essoufflé : " Regarde vite la télé, le réacteur d'une centrale nucléaire a sauté au Japon ". Alors je me suis souvenu du vieux poète Turc Nazim Hikmet et de son poème "Que les nuages ne tuent pas les hommes "

 

Celles qui font de nous des hommes sont les mères

Elles vont devant nous comme clarté des cieux

Aux mères ne devez vous point d'être sur terre

Alors ayez pitié des mères, beaux messieurs

 Que les nuages ne tuent pas les hommes

 

Un enfant de 7 ans court dans les pâturages

Et par dessus les bois vogue son cerf-volant

N'avez-vous point connu

Ces jeux du premier âge

Alors ayez pitié, beaux messieurs des enfants

Que les nuages ne tuent pas les hommes

 

En peignant ses cheveux la jeune fiancée

Au fond de son miroir cherche un visage doux

Ne vous a-t-on cherché de même un jour passé

Alors ayez pitié beaux messieurs, des époux

Que les nuages ne tuent pas les hommes

 

Quand on vieillit et que la vie atteint sa grève

L’on doit toujours penser aux souvenirs heureux

Vous aussi vieillissez, votre époque s'achève

Alors ayez pitié, beaux messieurs, des époux

Que les nuages ne tuent pas les hommes

 

Nazim Hikmet traduction en français de Hasas Gureh

Mise en musique Julos Beaucarne

 

Cette chanson se trouve sur le disque: Front de libération des arbres fruitiers

Ce disque est disponible chez Mme Claude Duchateau tel 00 32 10 41 73 74

 

17:45 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (16)

10 mars 2011

Jean-Pierre Von der Becke

 

Lors de l'enterrement de mon ami Jean-Pierre Von der Becke qui a vécu longtemps avec les gorilles dans les montagnes du Rwanda, j'ai chanté et lu ces deux textes. C'était le 25 février 2011.

 

C'est le premier jour

De ton grand voyage

Tu ouvres les yeux

Dans l'autre univers

Tu as fait le tour

De tous nos mirages

Tu vois bien mieux

Le monde à l'envers

Tu as perdu corps

C'est pour prendre espace

Tu as trouvé mort

Mais vis Dieu sait où

Adieu faux décors

L'esprit cherche place

Dans le désaccord

De ce qui fut nous

 

Texte de Liliane Wouters

 

 

J'ai vécu à Nyagatare quand s'allumaient les candélabres des euphorbes.

J'ai vécu à Kakitumba en compagnie des clapotis des hippopotames.

J'ai vécu à Kigali dans le parfum des eucalyptus.

J'ai connu Biumba et la montagne et ce parc de l'Akagera où avec Jules Hannotier nous récoltions les mouches tsé-tsé pour les laboratoires.

J'ai chevauché dans mes imaginaires ces antilopes impala aux grâces singulières.

J'ai vu de mes yeux vu, le buffle, le zèbre, le lion.

J'ai entendu les griots de toutes les Afriques improviser sur les villes lointaines si attrayantes pour les gens du bout des mondes.

 

C'est Jean Pierre Von der Becke mon ami de toujours qui m'a présenté ses amis les gorilles des hauts plateaux. Et j'ai parlé avec eux le langage universel de l'amitié et de la chaleur.

 

Ô mes gorilles alanguis dans vos siestes sacrées, les regards que vous m'avez lancés m'ont donné singulièrement à penser.

Où s'arrête le pays de la conscience ?

Où l'homme commence-t-il ?

Où finit l'animalité ?

L'homme est-il un primate qui a poussé trop vite ?

Le gorille a-t-il hésité à devenir un homme devinant peut-être que passée la frontière entre la bête et l'homme, il devrait renoncer à sa sacro-sainte liberté ?

Qui a commencé sur la terre ?

Le poisson ? Le gorille ? L'homme ?

Qui a commencé cette singulière aventure qui nous a conduit au jet, à l'ordinateur, à la lune, à la comète de Halley et Dieu sait où encore ?

Qui décide de l'heure de notre mort?

 

Julos Beaucarne

Extrait du livre de Ben Verhé  « les mille merveilles du Rwanda »

 

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14:16 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

08 mars 2011

8 mars journée de la femme

 

Les femmes sont les premières maisons des hommes et des femmes.

Elles sont leurs rampes de lancement, leurs ponts, elles leur donnent leurs âmes.

Ainsi les hommes pendant 9 mois ont été qu'ils le veuillent ou pas, des femmes.

Une fois sortis d'elles, hélas, il arrive qu'ils les profanent, les massacrent, les violent, les damnent.

Ô vous, qui que vous soyez, c'est aux femmes que vous devez la fête et le fait de naître, de marcher sur la terre et de transmettre.

Ne laissez pas se faner les fleurs qui vous ont portés si tendrement vers la lumière.

Elles vous disent : "Je vous ai faits". A vous, à présent, de vous faire.

C'est à vous, aujourd'hui, d'achever l'ouvrage déjà commencé.

A votre tour de vous faire naître.


Julos Beaucarne

16:14 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

26 février 2011

Jamais plus de fusils à répétition et à lunette

Nous sommes tels que vous nous fîtes

Ô vous grands de la terre

Vous nous avez pétris bien vite

A votre manière

 

Et si nous disons quelques mots

De suite il faut que l’on nous mate

Et nous buvons à vos tonneaux

Le vin amer et la matraque

Nous ne sommes pour vous que gueux

Que matériaux, que cochonailles

 

Vous nous aimez au fond si peu

Vous faites donner la mitraille

Et nous restons sur le pavé

Nous qui n’avons que nos pensées

Sans argent pour les démontrer

Sans généraux ni grande armée

 

Julos Beaucarne 

 

 

Kadhafi le massacreur, le tyran, le nombriliste, le malade mental s’est attaqué à son propre peuple.

Je pense à celles et à ceux qu’il a déplantés de ce monde par pur caprice.

Le drame pour moi c’est que ce sont peut-être des fusils fabriqués chez nous qui ont servi à tuer le pauvre monde.

Je suis de plus en plus persuadé que toute arme aussi perfectionnée soit-elle est anachronique.

Je crois qu’il serait utile de sortir au plus vite de toutes ces associations de tueurs, de snippers, d’assassins au nom du pez et du fisc et du saint bénéfice.

 

Julos Beaucarne le 26 février 2011

 

 

Ils supprimeront les fusils à répétition et à lunette.

Ils instaureront le règne et la fête.

Et toi tu seras tout petit avec ton fusil cassé à tes pieds, et tu mettras en joue ton ami avec l’amitié.

Tu donneras des coups de pieds au cul du chagrin.

Tu auras toute la vie devant toi pour dérouler ta vie comme un tapis volant.

Moi je serai comme un prêtre qui présente Dieu à califourchon sur un ostensoir, dans l’encens avec du grégorien derrière, chanté par des moines qui respirent ensemble comme des amoureux au zénith de l’amour.

Et toi mon tout petit, mon frère, mon fils, tu regarderas le monde dans la féerie lumineuse du coeur.

 

Julos Beaucarne 

 

 

 

22:46 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (9)

15 février 2011

La force de la poésie

 

La poésie n’est pas que belle, elle est rebelle a dit le poète québécois Raoul Duguay.

La poésie s’adresse en direct à l’âme, elle est plus forte que les armes, que les cataclysmes, que les tsunamis. La poésie est notre amie, notre grande soeur, elle est plus forte que la mort, la poésie traverse les temps.

Elle entre en scène avec les berceuses, avec les comptines enfantines qui défient les âges et la mémoire. Le familier des formulettes traverse toute sa vie avec ce bagage de mots, de consonances, de dissonances.

Se souvenir de ce proverbe breton qui dit que la poésie est plus forte que les 3 choses les plus fortes: le mal, le feu et la tempête.

La poésie a partie liée avec le rire, avec la débridance, avec la joie. Certains textes sont des docteurs de l’âme. Quel dommage quand la poésie est exclue  des écoles, des livres et des radios ... quand elle est mise en quarantaine .

“L’enfant promène le chien sous la lune d’été” cet haïku de Shoha en dit plus long qu’un livre entier.

La musique est l’alliée de la poésie, elle projette les mots encore plus loin quand le texte devient chanson, elle élargit les oreilles et le cœur. Les mots tout seuls sont déjà très très forts mais si on y ajoute de la musique, ils prennent encore plus d’envergure, ils libellulent dans nos oreilles longtemps après le coucher du soleil, ils nous bercent, ils font la révolution dans nos âmes, ils caressent nos neurones quand nous avons à traverser des fleuves de tristesse et de peine.

N’hésitez pas à vous faire aider par les mots, laissez-vous bercer, abandonnez-vous à la caresse, à la tendresse des mots.

Bon voyage dans la textualité, dans la mélodie qui apaise. Vous vous endormez et les mots et la musique continuent .... vous n’êtes plus seul face à la nuit.

 

Julos Beaucarne   le jeudi 10 février 2011 

Tourinnes la grosse  Wallonie  Belgique

 

 

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09:17 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (17)

12 février 2011

Un merveilleux souffle de liberté

 

Pauvre Egypte si loin des pharaons et si proche des Etats -Unis!

Un souffle de liberté contagieuse a pris à bras le corps la jeunesse de l’Egypte et se répand de par le monde. J’espère que ce souffle de liberté gagnera également l’Iran où les femmes sont lapidées et maltraitées, où un tyran notoire martyrise tout un peuple. Les femmes de l’Iran vont faire leur révolution, soutenues par toutes les femmes opprimées de toute la terre.

 La pensée est le véhicule le plus rapide qui soit au monde, toutes nos pensées de libération vont inéluctablement envahir la terre entière. Le texte de Raoul Duguay est toujours d’actualité: 

“La libération de l’homme et de la femme se fera le jour où tous les hommes et toutes les femmes marcheront le front dans le front comme une armée de roses qui embaume l’espace .... un jour, tout de suite, “icitte”, je ne marche plus sur les épines de la violence et je passe à travers les bancs de neige et la poudrerie de bombes et de balles pour aller construire ma maison dans l’amour car l’amour est la totale totalité totalisant totalement le tout tout le temps.” 



Julos Beaucarne 12 février 2011

16:34 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

01 février 2011

Ma Loulou bien aimée

 

Ma Loulou bien aimée ,

Il y a 36 ans un homme t’a jetée dehors de ce monde, tu avais juste 33 ans, c’était le 2 du 2-1975, c’était il y a 36 ans mon chéri d’amour. 

Aujourd’hui je passais sur France Culture, je remuais mes souvenirs, je parlais de mes amis en chanson, ces enchanteurs incroyables : Félix Leclerc, Jacques Brel, Charlebois, Raoul Duguay, Pauline Julien et tant d’autres qui ont charmé nos oreilles et nous ont donné le goût du vivre.

Demain, j’allumerai 9 bougies au premier étage de notre maison paysanne pour te remercier et te rendre hommage, mon tendre amour, tes petits sont grands maintenant . Je t’aime.


                                                            Julos 1 février 2011
                                                     Tourinnes la grosse Belgique

 

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23:14 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (19)

13 janvier 2011

Les premières maisons des hommes et des femmes

 

Les femmes sont les premières maisons des hommes et des femmes.

Elles sont leurs rampes de lancement, leurs ponts, elles leur donnent leurs âmes.

Ainsi les hommes pendant 9 mois ont été qu'ils le veuillent ou pas, des femmes.

Une fois sortis d'elles, hélas, il arrive qu'ils les profanent, les massacrent, les violent, les damnent.

Ô vous, qui que vous soyez, c'est aux femmes que vous devez la fête et le fait de naître, de marcher sur la terre et de transmettre.

Ne laissez pas se faner les fleurs qui vous ont portés si tendrement vers la lumière.

Elles vous disent : "Je vous ai faits". A vous, à présent, de vous faire.

C'est à vous, aujourd'hui, d'achever l'ouvrage déjà commencé.

A votre tour de vous faire naître.

 

Julos Beaucarne

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13:19 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (16)

10 janvier 2011

Autrefois j'aimais bien les fraises

Autrefois j'aimais bien les fraises

Les andalouses de surcroît

J'aimais les manger à mon aise

Dans le parfum des fraisias

Mais aujourd'hui ne te déplaise

Monsanto est passé par là

Les fraises de l' Andalousie

N'ont plus le goût rare d'autrefois

Elles sont passées par la chimie

Ce fut le boum, le patatras!

Et pourtant faut-il que je te le dise

Autrefois j'aimais tant les fraises

Les andalouses de surcroît

J'aimais les manger à mon aise

Dans le parfum des fraisias.

 

Julos

 

 

17:41 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)