19 février 2009

Quand vous serez au milieu de la grande vie paysanne.

 

 

Quand vous serez au milieu

de la grande vie paysanne,

au milieu d'un champ dans les loins

ou au coeur d'une forêt en automne,

vous comprendrez qu'il y a loin de vous

au coeur du monde

qu'il y a loin de votre coupe

aux lèvres de l'éternel,

et vous écouterez bruire l'automne

et vous entendrez les feuilles

tomber de vos arbres intérieurs

vous entendrez la voix de la terre

et le présent vous sautera aux yeux

comme un écureuil qui plonge

sur l'arbre de la vie.

Croyez en l'extase des nuages

qui traversent les grands horizons,

au petit vent du soir

au coeur de l'été chaud,

croyez à la douceur d'une amitié

ou d'un amour,

à la main qui serre votre main

car demain, mais n'y pensez pas

demain éclateront peut-être les nuages

et le vent emportera vos amours,

tenez-les serrés,

ne vous endormez pas

sur un reproche non formulé,

endormez-vous réconciliés,

vivez le peu que vous vivez

dans la clarté.

 

Julos Beaucarne

 

Lamouline, 26-10-2008 (02)

 

photo Cécile Bolly

 

11:14 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (7)

14 février 2009

Texte pour la Saint Valentin


Femmes et hommes de la texture

De la parole et du vent

qui tissez des tissus de mots

Au bout de vos dents, ne vous laissez pas attacher

Ne permettez pas qu’on fasse sur vous

Des rêves impossibles

On est en amour avec vous

Tant que vous correspondez au rêve que l’on a fait

sur vous alors le fleuve Amour coule tranquille

Les jours sont heureux sous les marronniers mauves

Mais s’il vous arrive de ne plus être

Ce personnage qui marchait dans le rêve.

Alors soufflent les vents contraires

Le bateau tangue, la voile se déchire

On met les canots à la mer

Les mots d’amour deviennent des mots couteaux

Qu’on vous enfonce dans le coeur

La personne qui hier vous chérissait

aujourd’hui vous hait.

La personne qui avait une si belle oreille

Pour vous écouter pleurer et rire

Ne peut plus supporter le son de votre voix

Plus rien n’est négociable

On a jeté votre valise par la fenêtre

Il pleut et vous remontez la rue

Dans votre pardessus noir.

Est-ce aimer que de vouloir que l’autre

quitte sa propre route et son propre voyage

Est-ce aimer que d’enfermer l’autre

Dans la prison de son propre rêve.

 

Femmes et hommes de la texture

de la parole et du vent

Qui tissez des tissus de mots

Au bout de vos dents

Ne vous laissez pas rêver

Par quelqu’un d’autre que vous-même

Chacun a son chemin

Qu’il est seul parfois à comprendre.

 

Femmes et hommes de la texture,

de la parole et du vent

Si nous pouvions être d’abord toutes et tous

Et avant tout et premièrement

Des amants de la Vie

Alors nous ne serions plus ces éternels

questionneurs, ces éternels mendiants

Qui perdent tant d’énergie et tant de temps

A attendre des autres, des signes

Des baisers, de la reconnaissance

Si nous étions avant tout et premièrement

Des amants de la Vie

Tout nous serait cadeau

Nous ne serions jamais déçus

On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même

Moi seul connais le chemin qui conduit

Au bout de mon chemin

Chacun est dans sa vie et dans sa peau

A chacun sa texture, son tissage et ses mots.

 

Julos Beaucarne

01:36 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

08 février 2009

Valeria, la petite punaise

Valeria, la petite punaise.

 

 

Tu te rappelles, j’avais une petite punaise apprivoisée.

Elle toquait toujours à ma porte car elle ne voulait pas toucher la sonnette.

Le chat me disait: « Attention ! il y a quelqu’un qui toque à la porte » et il faisait mine de se sauver.

« Non, reste là, lui disais-je, c’est ma petite punaise ».

 

Ma petite punaise s’appelait Valeria.

Je l’avais rencontrée chez Silvia, tout près de l’Equateur, vous connaissez?

Elle aimait se balader sur les chemins, escalader les montagnes.

Parfois, elle relevait ses longs cheveux et l’on voyait son long cou tout blanc.

Elle était très coquette Valeria.

Elle était très jolie aussi, elle avait deux longues jambes fines.

Quand nous partions ensemble dans ma vieille voiture rouge, elle s’allongeait parfois pour faire un petit somme. Et l’on voyait ses deux jolies jambes qui dépassaient par la vitre arrière.

S’il m’arrivait de conduire un peu brusquement, elle entrouvrait les yeux, regardait où on se trouvait, puis, rassurée elle refermait les yeux avec délectation et se rendormait sur son petit coussin bleu.

Valeria avait un secret: elle savait confectionner des gâteaux-crumble comme personne n’a jamais su jusqu’à ce jour, tout le monde se régalait.

Je me demandais comment en si peu de temps elle pouvait faire naître un dessert aussi délicieux.

Et dire qu’il y a des hommes et des femmes qui dépensent des fortunes dans des pâtisseries de luxe pour des gâteaux qui n’ont même pas de goût ! Dites !

 

Des punaises, il y en a des dizaines dans les rosiers, mais aucune vraiment aucune

comme ma petite punaise Valeria.

Elle aimait me faire plaisir et prenait soin de ma santé.

Quand j’étais un peu souffrante, elle me portait des bonnes plantes qui soignent pour faire des tisanes parfumées de soleil.

Il n’est de si belles rencontres qui n’aient, hélas, une fin.

Un jour que nous nagions ensemble, je la perdis de vue, et j’eus beau accélérer, accélérer, je ne pus la rattraper et perdis sa trace.

Je revins plusieurs fois scruter les profondeurs bleues mais je ne retrouvai pas sa trace.

 

Et puis, un jour, le chat tout essoufflé accourut et me dit :

« C’est elle, c’est ta petite punaise qui a touché la sonnette! ».

Je lui ouvris; lorsqu’elle entra dans la maison, ce fut comme si le soleil en personne pénétrait dans tous les murs.

Et, depuis ce jour, je ne perdis plus jamais la trace de ma petite punaise.

Et son sourire est devenu une jolie fleur couleur de l’Amitié.

 

 

Pour ma punaise Valeria, le 26 janvier 2008

Paula Marquet

22:21 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

01 février 2009

Chandeleur 75, il y a 34 ans

 

lettre à mes amis bien aimés

 

lettre à mes amis bien aimés

 

 

Le texte de la "Lettre à mes amis bien-aimés"

est dit par Claude Nougaro

dans l'album "Ils chantent Julos".

 

 

Ce message de la Chandeleur, de la Chandelouze, ce message qui a 34 ans est pour toutes celles et ceux qui ont perdu en pleine jeunesse un enfant, une soeur, un frère, une amoureuse, une mère, pour toutes les Loulou assassinées et les Camille et les bébés innocents de Termonde jetés hors du monde avec la dame qui veillait sur eux, pour tous les parents "désenfantés", pour les femmes et les enfants de Gaza, d'Afghanistan, du Congo, du Rwanda, pour toi la petite Clara de Tubize, pour ta maman, pour ton papa. Pour les enfants Albinos d'Afrique, pour toutes ces mortes et tous ces morts victimes de l'absurdité en ces pays d'Absurdhistan.

 

Julos 1/2/9

 

 

14:33 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (12)

28 janvier 2009

ange féminin

 

Un ange féminin annonce le matin, la nuit est faite

Il réveille le soleil avec sa tonitruante trompette

Le soleil s’habille vite, il n’a pas entendu son réveil

Il enfile son habit de lumières

Il envoie ses rayons

Dans toutes les directions

Il peint le ciel en rouge

Et s’apprête à prendre position dans le ciel

La lune lui demande s’il a bien dormi

Le soleil n’a pas l’envie de lui répondre

On l’a réveillé trop tôt, alors il bougonne.

Il y a des bruits dans la maison

Quelqu’un monte un escalier

Un autre le descend

Qui sont-ce ?

On entend des moteurs de voiture

Quelqu’un démarre en trombe

C’est qui? Et ou va-t-il? Se demande l’ange.

Et les oiseaux où sont-ils?

“Ils sont restés au chaud dans leur nid.”

Lui chuchote le vent froid de l’hiver.

 

Julos 5h 57 le mercredi 28 janvier 09

 

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09:08 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

26 janvier 2009

La traversée des 7 mers

 

Tant qu'on n'a pas traversé les 7 mers, on ne peut pas dire qu'on a voyagé, celui qui prétend qu'il a croisé le regard bleu de Dieu, est-il un imposteur ou un inventeur ou un fabulateur? Galèje-t-il en disant cela? Parfois la pensée crée des mythes mais souvent, hélas!, les mythes sont destructeurs.

Les mythes sont ils des images arrêtées qui empêchent la Grande Vie de spontaner, de jaillir, de fuser, les mythes sont-ils des freins puissants à la créativité, les mythes détruisent-ils le tissu naturel social et paralysent-ils l'invention perpétuelle et naturelle de la Vie et nous font perdre le goût de rebondir à chaque seconde, car la vraie Vie, c'est peut-être rebondir à chaque seconde.

Il y a un vent fou autour de ma maison ce matin, un vent si fort qu'il jetterait la lune par terre, c'est un vent « à décorner des bœufs ». Les cornes gisent sur les routes et provoquent des rocambolages car les voitures s'y prennent les pattes. Le vent musique dans les arbres si fort qu'on a l'impression d'entendre les 999 violons du Roi. 

Tant que tu n'as pas traversé les 7 douleurs fondamentales, peux tu dire que tu as vécu? As tu le droit de dire que tu as souffert?

Si la lune est cachée derrière les nuages, c'est qu'elle a peur quand le vent souffle d'être emportée hors de notre galaxie, elle voudrait y rester, elle s'y sent bien, ailleurs, dit-elle je ne pourrais pas m'adapter, c'est difficile de changer de vie et de trajectoire quand on n'est pas habitué. 

Et vous? Vous vous y plaisez dans cette galaxie où nous sommes, vous aimeriez habiter dans une exoplanète hors de notre système terriblement solaire? Vous aimeriez peut-être vivre dans une autre galaxie? J'aimerais aussi...  certains soirs quand le ciel est tout entier étoilé, quand les étoiles sont si grosses qu'on a l'impression qu'on pourrait les toucher, mais ce qui me fait reculer... c'est le déplacement.... car le voyage est long jusque l'alpha du centaure et encore plus long jusque l'oméga d'Orion, les voyages interstellaires polluent-ils autant que les avions de ligne ? Et puis c'est surtout le boucan que fait la fusée porteuse au départ car une fois qu'on est sur orbite c'est le silence le plus somptueux qui soit, les cosmonautes ont ils enregistré le silence intersidéral si tant sidérant? La méditation qu'on appelle transcendantale, est-ce se mettre sur orbite sans recourir à une fusée polluante et tonitruante, les méditants seraient-ils en fin finale des cosmonautes qui pour moins que rien peuvent se mettre sur orbite, ils montent à bord du vaisseau spatial de leur propre pensée et traversent tranquillement les mondes hors monde.

Avez vous remarqué le sourire paisible de celui qui revient d'une expédition jusqu'au fin fond de la galaxie de lui-même?

Notre esprit a besoin de « trampoliner » à l'intérieur de nous.

 

Julos Beaucarne 26 janvier en Tourinnes-la-Grosse.

C’est aujourd’hui l’anniversaire de Barbara d’Alcantara

 

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La lune méditait au fond d'un puits de 25 mètres

au musée Piconrue à Bastogne.

22:00 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

23 janvier 2009

La jeune fille au cheval

 

La jeune fille au cheval s'était perdue dans l'autre dimension, elle était partie comme du lait qui se sauve, elle avait juste emporté son sourire, elle s'était glissée dans le brouillard de l'autre monde, elle s'était tue.

Hélas! On ne lui a pas laissé le choix.

Comment se fait-il que ce soit ta meilleure amie qui t'ait déplantée de ce monde? Ton âme fusée a quitté le pas de tir de ta ville en quelques secondes pourquoi tant de coups de couteau dans ta peau douce, pourquoi tant de coups de marteau sur ton corps si doux de jeune fille, qui n'avait besoin que de caresses, le monde tout à coup perd la boule, la guerre sort de l'écran de la télévision et éclate au beau milieu de notre salon. Ce fut si rapide que personne n'a pu te dire au revoir.

Il y a au bout du compte deux victimes: celle qui frappe et celle qui est frappée, mais aussi d'autres victimes: ta maman, ton papa, ton frère et toutes tes amies et tous tes amis et nous, si nombreux dans les distances et qui ne pourrons plus jamais te voir, en vraie vue, nous, qui ne pourrons plus jamais te rencontrer, te parler... et en même temps, nous, qui ne pourrons jamais t'oublier, comme ton cheval préféré qui lui aussi ne t'oubliera jamais, aujourd'hui il te pleure, esseulé, dans son écurie parce qu'il a perdu son écuyère.

A-t-on enregistré ta voix? Que nous puissions l'entendre et dire comme dans les contes: "Il était une fois une jeune fille qu'on appelait Camille. Elle est partie escortée par 999 roses blanches, elle a été suivie par une foultitude de pensées d'amour en provenance de tout partout: elle a tiré derrière elle les oiseaux blancs de l'innocence, de la tendresse et de la joie, cette joie qui survit quoiqu'il en soit, oui, chère Camille, te voila  définitivement partie même si en apparence, il ne reste de toi qu'une photographie, celle d'une jeune fille et d'un cheval. 

 

Julos Beaucarne 21-1-09

  

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12:22 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

20 janvier 2009

Lettre du papa de Camille

                                                                                                       Le 20 janvier 2009

 

 

Bonsoir Julos

 

Je suis le père de Camille, la lycéenne tuée le 8 janvier par sa meilleure amie.

Ton blog en a fait part via l'article du Figaro.

 

Une de nos premières réactions, hormis la douleur et la souffrance atroces de perdre une enfant de 18 ans, a été de nous replonger dans la lettre que tu as écrite à la chandeleur 75 pour Loulou.

Ce texte a été notre moteur pour répondre à des journalistes qui attendaient que je ne prononce que les mots haines et colères. Aujourd'hui ces mots ont été bannis de notre vocabulaire.

 

Nous souffrons de cette disparition précoce d'une petite femme qui faisait plein de projets. Aujourd'hui, nous sommes plutôt dans l'incompréhension, comme tu peux l'imaginer nous sommes "au fond du panier des tristesses".

 

Alors nous nous sommes permis de te contacter car nous avons usé et utilisé tes mots dont tu trouveras ci-joint une adaptation que nous avons dite lors du dernier voyage de notre Camille.

 

Pardon de ne pas avoir demandé ton autorisation mais ces mots ont touché beaucoup de jeunes car notre fille était d'abord une bonté pour les autres avant de s'occuper de soi, elle a glissé sur un je-ne-sais-quoi que je ne connais pas encore.

La "meurtrière" Constance, puisqu'il faut l'appeler comme cela, était sa meilleure amie. Camille la portait peut-être trop. Nous saurons peut-être un jour.

J'ai eu son père au téléphone, effondré car il ne comprenait pas non plus, folie ou préméditation, la justice le dira.

 

Pendant toutes ces journées, nous avons répété à qui voulait l'entendre qu'il fallait s'aimer à tord et à travers. Le message a touché beaucoup de jeunes vu le nombre de messages reçus, maintenant il ne reste plus qu'à cultiver la graine, il y aura du travail.

 

Voilà un peu l'histoire qui ne fait que commencer.

Je fais aussi partie d'une association qui organise un festival du conte, et mes amis ont décidé de nous emmener te voir en spectacle en février pour faire plaisir à mon épouse, mon fils et moi, nous serons au moins une vingtaine et j'attends avec impatience ce moment. J'espère pouvoir te rencontrer comme en 1992 à Rouen avec Irène Pergent si tu t'en souviens.

Mes amis nous soutiennent, ils veulent même te faire venir dans le cadre de notre festival (vraisemblablement le 2 ou 3 octobre 2009), ce serait pour moi le plus beau des cadeaux.

 

Actuellement, j'écoute en boucle « Chandeleur 75 », c'est tellement nous en ce moment que cela nous aide beaucoup.

 

Merci encore de m'avoir lu,

Cordialement,

 

Christian, Isabelle et Simon

 

 

Camille

 

Notre amour à nous, notre petite princesse comme nous l’appelions, s’est arrêtée en plein élan sur le seuil de ses 18 ans.

 

Notre Camille est partie pour le pays de l’envers du décor.

Quelqu’un a mal écrit l’histoire…

Quelqu’un l’a poussée dans le noir…

Fini sa vie, fini ses rires, son cheval tant aimé…

 

Parfois, nous avons envie de rejoindre l’autre côté,… mais nous n’avons pas encore usé tout notre temps.

Son corps s’est endormi mais son esprit vit la pleine liberté.

 

Nous sommes aujourd’hui au fond du panier des tristesses.

Nous allons devoir continuer nos vies avec Simon et ce poids à porter en plus.

Nous devons, parait-il, manger du pain noir pour aller au paradis.

Nous aimerions tant qu’il y ait un paradis et comme elles seraient douces les retrouvailles.

En attendant, nous gardons bien à l’abri son image rayonnante, son caractère joyeux et tonique, sa générosité.

 

Ne perdons pas courage, ni vous, ni nous.

C’est la société qui est malade, il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre… par l’amour… par l’amitié.

 

Sans vous commander, nous vous demandons d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches.

Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mobiliser pour reboiser l’âme humaine.

Nous prenons la liberté de vous dire aujourd’hui que nous pensons de toutes nos forces qu’il faut s’aimer à tord et à travers.

 

Au risque de nous répéter: « attachez vous à reconnaître le caractère précieux de chaque journée ».

 

23:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (10)

17 janvier 2009

Les loups ont des têtes de mouton

 

Armes

 

 

Nous sommes six milliards tout en bas

Maraboutés au nom de quoi

Au nom du pèse, au nom du fisc

Et du sacro saint bénéfice

Mineurs et majeurs détournés

Par des bonimenteurs roués

Qui veulent que nous marchions au pas

Et dans les souliers de leur choix

 

Refrain :

C’est celui qui est tout en bas

Qui est bien plus fort qu’il ne croit

Si nous le voulons toi et moi

le cauchemar s’arrêtera

6 milliards de ptits regardants

peuvent devenir acteurs puissants

6 milliards de gens conscients

Ensemble changent le cours du temps.

 

Julos Beaucarne

 

 

Extrait de la chanson ”Les loups ont des têtes de mouton” dans le disque "Le jaseur Boréal".

20:38 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

15 janvier 2009

Camille

Une lycéenne sans histoire accusée d'avoir tué son amie

De notre envoyée spéciale à Rouen, Agnès Leclair

14/01/2009  journal le Figaro

 

Décrite comme «joyeuse» et «discrète» par ses camarades, Camille, âgée de 18 ans, aurait succombé après avoir reçu une centaine de coups de couteau assenés par l'une de ses meilleures amies.

Un conflit amoureux serait à l'origine du drame. L'auteur présumé pourrait avoir prémédité son geste.

 

Amitié passionnelle, jalousie amoureuse, coup de folie ou geste prémédité. Les habitants de Rouen ne comprennent pas encore le drame venu bouleverser la vie de deux jeunes filles rangées.

Jeudi dernier, une élève de terminale du lycée Les Tourelles, Constance R., aurait tué son amie et camarade de classe Camille V. Une journée comme les autres, où les deux jeunes filles, âgées de 18 ans, étaient allées déjeuner ensemble chez les parents de Constance. C'est dans cette maison, nichée dans le très calme quartier Saint-Gervais, que le tête-à-tête aurait dérapé.

De ses propres aveux, Constance aurait frappé à mort sa camarade. Avec un acharnement dont l'autopsie pratiquée avant-hier a révélé toute la violence. Camille a en effet succombé après avoir reçu plus d'une centaine de coups de poing, couteau et marteau. Son corps a été retrouvé en fin de journée par les parents de Constance, déposé dans un lit sous une couette.

Une information judiciaire pour assassinat visant Constance doit être ouverte aujourd'hui a annoncé le parquet. La jeune fille pourrait donc avoir prémédité son geste. Certains signes de rancoeur et ses déclarations même le laisseraient en tout cas imaginer. Hospitalisée d'office vendredi pour «syndrome dépressif» accompagné «d'idées suicidaires», elle était encore en observation hier soir et sera mise en examen ultérieurement par le juge qui sera désigné pour instruire cette affaire. Après son interpellation, la meurtrière présumée «a reconnu avoir tué sa camarade dans le cadre d'un conflit amoureux», selon le procureur de la République de Rouen.

 

A priori, rien ne laissait présager cette violence chez Constance, fille d'un bijoutier, élève sans histoire du lycée technique privé d'enseignement catholique Les Tourelles. Cette enfant adoptée, d'origine brésilienne, est décrite par son professeur principal comme une élève «dans la moyenne», «sans aucun signe qui la différencie du groupe». Une connaissance se souvient avant tout d'une fille «gentille». «Elle était assez réservée, tout comme Camille. Peut-être un peu plus», avance la directrice du lycée. D'autres camarades avouent mal connaître les lycéennes.

«Elles étaient un peu dans leur bulle», lâche une fille de terminale. «En cours, elles étaient toujours assises côte à côte», confirme la directrice.

 

«Pas du genre à provoquer»

Constance n'aurait donc pas supporté de voir son amie nouer des liens amoureux avec son ancien petit ami. Sur les journaux en ligne des deux lycéennes, l'«incident» semble pourtant dépassé. «Je te souhaite tout le bonheur du monde avec lui. Je t'aime très fort, et je ne veux en aucun cas que l'on s'éloigne l'une de l'autre», a en effet écrit Constance. Sur son journal en ligne, Camille déclare elle aussi son affection avec la fougue de l'adolescence. «Mon instant de bonheur quotidien, ma motivation d'aller au lycée, je l'aime ma Constance», affirme-t-elle. «Elles étaient amies, pas rivales», s'insurgeaient lundi plusieurs élèves, sceptiques quant à la thèse de la compétition amoureuse. Le petit ami lui-même estime que beaucoup de mensonges ont été dits sur cette affaire. Une chose est sûre, Camille «n'était pas du genre à provoquer», précise une amie. Au contraire, elle aurait même choisi de rester silencieuse un temps afin de ne blesser personne.

Fille d'un ingénieur élevée dans un climat de générosité et d'ouverture aux autres, Camille venait de fêter ses 18 ans. Ses passions : la musique et surtout sa jument, Quioka. Sans se concerter, ses camarades utilisent les mêmes mots pour la décrire : «joyeuse» et «discrète». Une de ses proches, rencontrée dans un centre équestre, confie : «Elle était la joie de vivre incarnée, elle voulait le bonheur de tout le monde.» «Elle projetait de créer un centre équestre pour les personnes handicapées», rajoute un autre.

 

«Je n'ai pas de haine. Je connaissais Constance. Je ne comprends pas son geste.» Tels sont les mots du père de Camille pour commenter «l'horreur». De sa fille, il dit simplement : «Elle adorait aider les autres.»

Avec beaucoup d'élégance, il invite ceux qui voudraient en savoir plus à lire la lettre rédigée par le poète et chanteur Julos Beaucarne après la mort de sa femme : «Je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches; le monde est une triste boutique, les coeurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir. Il faut reboiser l'âme humaine.» Comme lui, il a écrit à ses amis et à ceux de sa fille «partie pour le pays de l'envers du décor» pour les inciter à rester solidaires et à venir à l'enterrement munis de fleurs blanches.

12:48 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

12 janvier 2009

Paris - Gaza

 

 

La mort est une horloge sans aiguille.

Les enfants morts de Gaza sont à l’heure zéro. Un jour les tueurs devront rendre des comptes... La justice frappera 3 coups et entrera en scène, c’est vrai qu’il sera trop tard, on ne peut pas réveiller les morts. Les vies qu’auraient eu ces enfants manifesteront devant le palais de justice et devant les casernes où les tueurs nettoient leurs armes anachroniques au sidol. Les vies qu’auraient eu ces enfants manifesteront devant la porte principale des maisons où dorment celles et ceux qui ont commandé l’assaut. Celles et ceux qui font partie de ce vieux monde pourri si peu original où depuis des siècles, on tue pour apprendre à vivre. Ils ne se sont pas encore rendus compte que la violence engendre la violence... Les chercheurs de paix ont un coup de blues encore une fois..., ils sont inquiets et tristes. "Quand vivrons nous tranquilles sous les arbres", disent-ils. L’au-delà est une immense cour de récréation mais on ne peut pas recréer des enfants, on ne peut pas ressusciter les morts. Quand les mamans et les papas ont survécu, ils deviennent fous, la peine est trop grande devant l’absurdité pourquoi élever des enfants pour qu’ils meurent. Dans Paris une jeune fille invite ses amis pour faire la fête dans l’appartement de ses parents qui sont partis ce dernier vendredi. Est-ce le fait d’avoir trop bu, est-ce la drogue? Ils mettent l’appartement à sac... Il y a du verre partout. On dirait que l’heure mondiale est à la destruction. Comment faire pour apaiser la folie du monde?

Si tu le sais toi comment il faut faire, dis-le moi.


 

Horloge_Noir

 

Julos le lundi 12 janvier o9

Tourinnes-la-Grosse

21:57 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

11 janvier 2009

Nouvelles de Gaza

 

Mes amis Andrée et Dédé d’Etais la Sauvin ont reçu ce message à propos de Gaza. Les évènements relatés datent déjà de quelques jours, c’est juste un arrêt sur l’image... les choses ont non seulement changé mais se sont aussi aggravées.  

Julos 

 

A tous ceux qui ont, en ce début d'année, ce sentiment aigu d'être inutile, ces nouvelles en direct de Palestine, par Gaëtan Pellan, directeur du centre culturel de Gaza, actuellement exilé, et qui me donne des nouvelles de cette tragédie pour les Palestiniens, cette réalité humaine et inhumaine .... 

 

Lundi 5 Janvier 2009,  22h09 

Voilà un petit écrit de Pascaline ma colloc qui travaille dans une ONG pour les enfants et qui m'héberge à Bethléem en attendant mon retour dans un Gaza dévasté.....

Moi je n'ai même pas la force et le courage de vous en dire plus...... et pourtant ce soir un collègue vient de me contacter (entre 3 coupures car le réseau téléphonique va bientôt tomber) et m'annonce qu'il bombardent son quartier avec des gaz asphyxiants....  devant la peur et la terreur dans le noir ils se préparaient à mourir en famille... tout le monde pleurait... mais jusqu'où iront-ils ????

Aujourd'hui nous avons été à Erez la frontière chercher les francos palestiniens qui restent à Gaza... mais ils nous ont refusé leur passage... on y retourne demain...

Gaétan dit aussi Gépéto

 

Dimanche, 4 Janvier 2009, 20h56mn 52s

 Ce soir, l'armée israélienne vient de rentrer dans Gaza.

C'est la catastrophe pour nos amis, qui déjà étaient en état de stress fort après ces 8 jours de bombardements. 750 raids, soit un  raid toutes les 20 minutes en moyenne (plus souvent la nuit).

Plus d'électricité, c'est: pas de télé pour les enfants, pas de musique, pas de radio, pas de machine à laver, pas de chargeur pour les portables, pas d'ordinateur ni internet, pas de micro-onde donc pas de cuisine parce que ça fait longtemps qu'il n'y a plus de gaz, pas de chauffage, pas d'eau chaude pour se laver... c'est le noir dès 5h du soir sans aucune activité, rien. Ecouter la terre qui tremble et avoir peur. Raconter des histoires aux enfants pour passer ce temps où chaque minute est si longue.... Gépéto appelle maintenant toutes les heures, juste pour écouter, pour donner du soutien. Mais ils commencent tous à péter les plombs, même au téléphone ils ne savent plus parler calmement.

Les Français ont fait une demande d'évacuation, mais ça prend plusieurs jours de procédures avec les autorités israéliennes. L'appart de Gépéto est encore debout et accueille aujourd'hui une famille qui ne pouvait plus rester chez elle (camp de Jabalia). Nous avons reçu les premiers prénoms des enfants de nos centres décédés.

Ils n'en peuvent plus. Nos amis de là-bas sont exténués... Comment peut-on infliger une telle  punition collective?? Comment peut-on être assez stupide et aveugle pour ne pas voir que la solution militaire est la pire de toutes, surtout quand tant d'hommes l'ont crié haut et fort avant même les premières attaques?? Comment nos politiques peuvent autant se taire devant tant de violations des droits de l'homme??? La presse internationale est toujours interdite dans Gaza et personne ne semble s'en émouvoir. C'est INADMISSIBLE!! Où sont les journalistes?? Pourquoi se taisent-ils?? Interdire l'information publique sur une telle situation est impensable.

Je crains fort fort fort pour nos démocraties....

J'ai de la peine pour tous ces Israéliens intelligents qui se battent chaque jour  pour faire entendre leur voix (Warshavsky pour ne citer que lui), de la peine pour ces Israéliens anonymes qui souffrent de la politique honteuse de leur gouvernement (mon pote Roy par exemple qui a aujourd'hui préféré la prison plutôt que l'armée pour tuer des Palestiniens comme il l'a fait 3 ans), pour ces juifs du monde entier qui osent élever une voix alternative à celle de l'Etat Hébreu (prenons Stéphane Hessel, encore sur France Inter hier à condamner très violemment le gouvernement israélien). J'ai également beaucoup de peine pour tous mes amis palestiniens qui souffrent du silence total des politiques, et qui se raccrochent aux manifestations du monde entier en croyant encore que ça pourra y faire quelque chose... Je voudrais être claire, très claire: je pense que quelles que soient les raisons, les explications, les justifications, le passé, le probable avenir: TUER EST  SCANDALEUX, INTERDIT, CONDAMNABLE.

Je condamne fermement le Hamas pour les rockets tirées sur les civils israéliens, avec 5 morts déjà - ce sont des terroristes du fait que des civils sont tués et vivent dans la peur chaque jour.

Je condamne tout autant l'armée israélienne et les responsables de cette opération pour bombarder des civils et en avoir tué plus de 500 déjà (et blessé 1200 dont beaucoup vont mourir ces jours-ci). Ce n'est pas parce que c'est l'armée israélienne qu'elle ne peut pas être qualifiée de terroriste: elle tue des civils et fait vivre 1,4 millions de personnes dans une frayeur constante aiguë. J'espère fortement que les responsables du Hamas seront arrêtés et jugés (et non tués), ainsi que les responsables de cette opération "Plomb durci"(Olmert, Livni et Barak) également arrêtés et jugés à la hauteur de leurs crimes.

J'ose crier "TUER: NON!" parce qu'il existe d'autres moyens!!! Il existe BEAUCOUP d'autres moyens, des dizaines de militants palestiniens, israéliens, ou encore étrangers proposent, travaillent ensemble, ont des idées. Mais qui les écoute??

La vraie question, c'est de savoir s'il n'est pas plus confortable pour nos connards de dirigeants que le conflit perdure... Economie, pouvoirs... que valent ces vies humaines anonymes et bien loin des bureaux feutrés?

Je souhaite que tous les partis du monde, même les plus extrémistes, ne soient pas sanctionnés de veto de parole. Comment peut-on évoluer et avancer si on refuse d'adresser la parole à quelqu'un??? C'est  impossible.

N'importe quel être humain, quelles que soient ses opinions, a droit à la parole, et n'importe quel être humain a le DEVOIR de parler aux autres. Comment peut-on exiger une solution diplomatique tout en refusant de rencontrer le Hamas?? On marche la tête à l'envers!!

Savoir qui a commencé ne rime à rien, mais savoir quelles sont les solutions rime à quelque chose... Reconduire une trêve, d'accord, mais en levant le blocus. Parce que jusqu'à maintenant, les Palestiniens ont eu le choix entre rester dans leur prison en fermant leur gueule et en gagnant la vie (mais quelle vie??!), ou manifester leur mécontentement (notamment en votant pour le Hamas) mais  perdre leur vie dans les bombardements... L'issue n'est pas loin d'être semblable... La violence folle de l'armée israélienne ne fera qu'empirer les choses... alors que Dieu sait combien Israël a d'autres moyens et d'autres ressources, et comme dirait Stéphane Hessel, Dieu sait combien Israël devrait être un modèle d'état respectueux des droits de l'homme.

Pour finir, je défie qui que ce soit de venir ici, voir et entendre, et de repartir sans condamner violemment les attaques israéliennes.

Qui que ce soit; je le recevrai avec plaisir.

 Pascaline

pascaline@mac.com

 

P1090916

 

La vie de l'homme est comme un oeuf dans la main d'un enfant.

 

 

23:21 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)