06 mai 2014

Interview

Julos Beaucarne sera en concert ce mercredi 7 mai à Créquy pour la fête des Coquelicots .

Il est ici interviewé par le journal  La voix du Nord

18:28 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (1)

22 juin 2013

Christian de Duve

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Les âmes sont peut-être les conservatrices de tout ce que nous avons vécu dans notre vie ?

Chaque action est répertoriée peut-être… ?

Christian disait qu’il n’y avait rien après la mort et il le croyait dur comme fer.

Il a dicté à ses enfants ses demandes pour ce qui allait se passer lorsque son corps ne répondrait plus…

La photo a-t-elle été faite après ou avant sa mort ?

Où allons-nous après la mort ?

Son épouse était morte avant lui.

Voulait-elle préparer son arrivée en l’autre monde… ?

 

Julos

11:13 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (11)

31 mars 2013

Standing ovation pour Julos Beaucarne à l'Abattoir

LILLERS 

 

Mardi soir, il aurait fallu pousser les murs de l'Abattoir tellement le café musique était plein.

Julos Beaucarne était bien là pour un concert : « Cela nous arrive de faire des petites salles, c'est le patron du café qui nous a demandé de venir », explique t-il. Les amateurs de chansons à texte, venus de Lille, Dunkerque ou d'Amiens n'ont pas voulu louper ça. Car si le célèbre interprète de La p'tite gayole remonte sur scène, c'est pour défendre son 49e album, Le Balbuzard Fluviatile.

Lorsqu'on lui demande ce qu'il devient, il répond qu'il devient ce qu'il est. Affichant sereinement ses soixante-quinze printemps, il incarne toujours la joie de vivre et boude plus que jamais la société de consommation. Julos chante, Julos dit, Julos danse, sourit et vibre. Rappelle son enchantement pour la vie, l'humain, la nature. Et la musique. Accompagné au chant par Barbara d'Alcantara et au banjo, à la guitare ou à l'harmonica par Patrick de Shuyter, Julos Beaucarne s'est parfois tu pour mettre à l'honneur ces si belles mélodies. À la fin, le public, debout, n'en finissait plus d'applaudir.

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     Article de La Voix du Nord du 25 mars 2013

12:31 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

25 août 2012

Le balbuzard fluviatile vu par Monique Verdussen

Un nouveau disque de Julos, l’obsédé textuel

“Les mots gagnent à être plus connus”, dit volontiers Julos Beaucarne en riant aux étoiles. Et les mots, il les connaît. Il en joue en musicien subtil. Il les caresse, les pénètre, les bouscule en amant ébloui. Il les tord, les triture en virelangue taquine, les chatouille à moins que les gratouille en complice facétieux. Il les enlace et les embrasse, en fin de compte, en une ronde autour du monde ouverte à tous les lieux où, de Rebecq au Montana, 180 millions de francophones se retrouvent ébranlés et conquis par son enthousiasme contagieux.

Il y apporte sa tendresse et sa fantaisie de poète. Car, poète il est et reste à travers le temps et les modes qui fuient, demeurant à ce jour l’un des derniers grands chantres de la langue française. Et d’un wallon dont il entend sauvegarder les saveurs et les héritages encore inscrits dans une réalité rurale dont témoigne la parole ”venue à pied du fond des âges” de vrais gens attachés à leurs traditions sans, pour autant, refuser le parler de tous. C’est son côté authentique et populaire.

Car, ce poète-là, tout irrévérencieux soit-il dans certains de ses plaidoyers, se veut avant tout proche des êtres, de tous les êtres qui ont, comme lui, le respect des autres et de leurs différences. A septante-six ans, il vient de sortir son quarante-neuvième disque. A l’âge où certains se livrent à des comptes d’apothicaire sur leurs années de travail, lui n’arrête pas. Il chante comme il est, comme il aime, comme il tempête, tout en tendant la main à ces poètes d’hier ou d’ajourd’hui dont les thèmes trouvent un écho bienveillant dans les musiques qu’il leur compose.

Sous un titre étrange, “ Le Balbuzard fluviatile”, oiseau mythique des lacs qui lui offre ses larges ailes, il survole le monde depuis ses pagodes de Wahenge. Il y chante d’une voix grave et vibrante qui n’a rien perdu de sa force et  de ses sonorités. Il y dit aussi, à voix nue, des textes dont il fait valoir la beauté parfois oubliée et la puissance évocatrice.

“ J’aimerais ne partager que tendresse, joie, sérénité ma vie entière (...) Ni toi ni moi ne sommes faits pour la guerre. Nous sommes faits pour marcher résolument vers la lumière”, s’enflamme-t-il en préambule, sollicitant un ciel de soleil et un air de premier matin où l’on ne savait rien encore des vilénies des hommes. 

Au charme désuet de “Oui dès l’instant que je vous vis” d’Alphonse Allais succède, interprété par la voix lumineuse de Barbara d’Alcantara, un malicieux “Baiser presque sur la bouche” doux comme une promesse qui n’engagerait pas, s’arrêtant juste au bord des lèvres “ Pour que le charme dure longtemps Presque jusqu’à la fin des temps”. C’est du Julos de subtile complicité et de belle souche qui le cède pourtant à un plus insolite “Je me suis souvent rendu sur la tombe de moi”, lors qu’il espère ne pas oublier le temps “ où nous étions toi et moi si vivants “. Deux autres textes, l’un, bouleversant, de Andrée Sodenkamp, “Tu fus mon seul village”,  et le non moins troublant, “La mort” de Camille Goemans plaident pour la sérénité et l’harmonie de Julos avec cet âge, son âge, où chacun, qu’il en veuille ou non, s’achemine vers celle qui “entre et va sans regarder personne Tout droit vers l’homme qu’elle a choisi”.

Il est impossible de citer tous les textes de ce disque où interviennent aussi Baudelaire, Marcel Thiry, Roger Bodart, Apollinaire - audacieusement traduit en wallon – Paul Eluard et un superbe “ Je ne dirai plus  je vous aime” de Gilles Vigneault dont Julos célèbre avec force la belle langue. Mais, sans doute, ce même Julos ne serait-il plus Julos s’il ne s’impliquait pas dans une cause qui lui tient à coeur et tripes: ici les sans-papiers tels qu’il est allé les rencontrer avec leur maigre bagage et leur grande espérance dans l’attente d' “un visa pour la vie plutôt que pour l’Eternité”.

Le laissant en tête à tête avec une Contrebasse qui suscite avec impertinence, mais non sans pertinence, ses mâles ardeurs et dans le face à face où il interroge un mystérieux John, on voudrait encore relever sur ce CD – dont il partage les musiques avec Patrick De Schuyter, Barbara d’Alcantara et Ariane De Bièvre – une conclusion qui rejoint ce que l’on a dit de son plaisir des mots: “J’suis un obsédé textuel C’est un fait, il faut le reconnaître Les mots me traversent la tête C’est un peu comme des autobus Et votre tête à vous mes frères et soeurs C’est des arrêts facultatifs”.

Stop! On embarque.

Monique Verdussen

13:03 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

12 juillet 2012

Article de presse

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21:54 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (11)

22 mai 2012

Article de presse

Julos prend son envol avec « Le Balbuzard Fluviatile »

 

À 75 ans, le poète de Tourinnes-la-Grosse continue à semer de la poésie dans notre quotidien et revient sur le devant de la scène.

Joie de vivre, bonhomie, vivacité et esprit malicieux. À 75 ans, le cas de Julos Beaucarne épate. Cet artiste possède la simplicité d’un jeune premier et l’expérience féconde d’un vieux de la vieille. Il l’a prouvé hier encore lors de la sortie de son nouvel album fort peu communément intitulé « Le Balbuzard Fluviatile », du nom de cet oiseau dont l’envergure dépasse 1m70. Un nom aussi improbable que l’était celui du « Jaseur boréal », titre de son précédent album sorti en 2006.

« Après que se fût envolé un peu partout le fameux Jaseur boréal, je me suis souvenu du Balbuzard fluviatile. Ce nom magique pour ce 49e album me semblait tout à fait approprié. J’aimerais que nous balbuzions encore longtemps ensemble et si possible jusqu’à la fin des temps », écrit-il pour présenter son bébé.

Sur cet album, des textes de Julos bien entendu, mais aussi des poèmes de Baudelaire, d’Eluard, et même un extrait d’Apollinaire traduit en wallon. Des musiques aussi, douces ou entraînantes. Une voix enfin, celle du chantre de la Wallonie qui prouve qu’il est plutôt un chantre de la terre et de l’univers et que son horizon ne s’arrête pas aux frontières d’une région. « Je voudrais chanter tous les poètes du monde, affirme-t-il modestement. Parce que ça élargit l’audition. C’est indispensable.»

Alors, lorsqu’on lui demande si cet album est, enfin, celui de la maturité, Julos rit. « Je ne cesse d’essayer de la trouver, mais ne vous en faites pas pour moi, tout va bien », assure-t-il. Et la postérité, Julos s’en fout : « Je n’ai pas le temps de penser à ça. Je suis comme une fontaine, j’écris, c’est tout.»

Si Julos avoue regretter de ne pas susciter suffisamment d’intérêt de la part des radios qui ne le programment guère, il retient par contre un bon souvenir de son récent passage en télévision dans l’émission « Les orages de la vie », de Stéphane Pauwels, qui a fait un carton : « Le lendemain, je faisais des courses à Wavre et j’ai été accosté par des tas de gens que je ne connaissais pas. J’ai trouvé ça formidable », assure-t-il, plein de candeur.

Cette visibilité nouvelle offrira peut-être à l’artiste le vaste auditoire que mérite ce nouvel album

 

Ariane BILTERYST

Article paru le 9 mai 2012 dans  " l'Avenir "  

 

16:27 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (0)

17 avril 2012

Article de Gérard Courtois paru dans "le Monde" du 10 avril 2012

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11:30 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

27 mars 2012

le procès d' Alexandra Guillemin

 

C'est une sale affaire de violence et de misère. Une de celles auxquelles on rechigne à s'intéresser parce que tout cela semble trop loin, trop moche et qu'on en a bien assez comme ça. C'est ce que l'on pensait, au début. Comme sans doute les six jurés - quatre femmes, deux hommes - tirés au sort devant la cour d'assises du Nord pour juger Alexandra Guillemin, 32 ans, qui comparaissait pour le meurtre de son mari, Marcelino.

Un soir de juin 2009, dans la cuisine de leur appartement à Douai, cette mère de quatre enfants a dit à son mari qu'elle voulait le quitter. Il a explosé de fureur, a cherché à l'étrangler, elle a saisi un couteau de cuisine. La plaie dans le cou mesurait 13,5 cm de profondeur. Il est mort sur le coup, "dans une mare de sang", dit le procès-verbal des policiers. Voilà pour les faits.

Le procès s'est ouvert mercredi 21 mars. Alexandra Guillemin comparaissait libre après dix-sept mois de détention provisoire. Elle s'est assise dans le prétoire, le visage légèrement incliné, ses longs cheveux sombres noués sur la nuque, les yeux baissés, les mains posées sur les genoux et elle n'a plus vraiment bougé. Dehors, c'était le printemps, le ciel était bleu tendre. Le soleil inondait les murs clairs de la salle d'audience. C'est là, dans cette lumière si blanche, si crue, qu'une cour et des jurés ont plongé dans la nuit d'une femme.

Alexandra avait 17 ans, elle était en première, au lycée, quand elle a rencontré Marcelino, un Gitan sédentarisé, de quatorze ans son aîné. Elle est tombée amoureuse, a claqué la porte de chez sa mère qui ne l'aimait guère et rompu avec son père qui était en colère. Quelques mois plus tard, elle s'est mariée, le premier des quatre enfants est né et Alexandra Guillemin a renoncé à passer son bac. Le reste est un long calvaire. Une épouse que l'on viole, frappe, insulte et humilie. Que l'on menace lorsqu'elle murmure des confidences à sa sœur au téléphone ou cherche à voir son père. Que l'on épie quand elle tente de se confier à l'assistante sociale. Que l'on écrase et engloutit. Au XXIe siècle, dans une ville française, une ombre dans une caverne.

Pendant trois jours, un homme ne l'a pas quittée des yeux. Luc Frémiot est avocat général. Cela fait plus de dix ans qu'il se bat contre les violences conjugales. Qu'il essaie de secouer les consciences. Qu'il tonne à l'audience, bat les estrades, s'invite dans les colloques. Qu'il donne des instructions écrites aux policiers pour transmettre systématiquement au parquet les "mains courantes" déposées par les femmes, afin de ne pas laisser échapper la moindre chance de briser le silence, d'endiguer la violence dès le premier coup porté. Pour qu'il ne soit pas suivi d'un deuxième, puis d'un troisième, qui fait plus mal, détruit plus profond.

Il l'a regardée, Alexandra Guillemin, lorsqu'à la barre elle triturait son mouchoir, en répondant d'une voix faible aux questions de la présidente, Catherine Schneider. Lorsque des larmes roulaient sur son visage à l'évocation par les voisins, par les rares amis, par les dépositions de ses enfants, de ce qu'avait été sa vie. Lorsqu'elle chassait de la main les images qui l'assaillaient, honteuse de devoir expliquer ce que son corps avait subi et qu'elle avait toujours tu. Luc Frémiot observait tout, aspirait tout. Il a dévisagé aussi ces femmes assises dans le public, dont soudain s'échappait un cri, presque un ordre : "Parle, Alexandra ! Parle !" Il a crucifié du regard cet officier de police judiciaire concédant un "dysfonctionnement" quand on lui a demandé d'expliquer comment et pourquoi son service n'avait pas jugé nécessaire de donner suite à la plainte que voulait déposer Alexandra Guillemin contre son mari. Elle avait l'œil tuméfié, on lui a conseillé une main courante et on l'a renvoyée chez elle parce que "ça ne saignait pas".

Vendredi 23 mars, l'avocat général s'est levé. Ou, plus justement dit, il s'est jeté. Les notes sur le carnet ne disent ni la voix qui enfle et se brise, ni les silences, le souffle qui emporte, les mains tendues qui escortent les paroles jusqu'aux visages concentrés des jurés, le regard suspendu de l'accusée.

"Alexandra Guillemin, nous avions rendez-vous. C'est un rendez-vous inexorable, qui guette toutes les victimes de violences conjugales. Ce procès vous dépasse parce que derrière vous, il y a toutes ces femmes qui vivent la même chose que vous. Qui guettent les ombres de la nuit, le bruit des pas qui leur fait comprendre que c'est l'heure où le danger rentre à la maison. Les enfants qui filent dans la chambre et la mère qui va dans la cuisine, qui fait comme si tout était normal et qui sait que tout à l'heure, la violence explosera.

Elles sont toutes sœurs, ces femmes que personne ne regarde, que personne n'écoute. Parce que, comme on l'a entendu tout au long de cette audience, lorsque la porte est fermée, on ne sait pas ce qui se passe derrière. Mais la vraie question, c'est de savoir si l'on a envie de savoir ce qui se passe. Si l'on a envie d'écouter le bruit des meubles que l'on renverse, des coups qui font mal, des claques qui sonnent et des enfants qui pleurent.

Ici, dans les cours d'assises, on connaît bien les auteurs des violences conjugales. De leurs victimes, on n'a le plus souvent qu'une image, celle d'un corps de femme sur une table d'autopsie. Aujourd'hui, dans cette affaire, nous sommes au pied du mur, nous allons devoir décider.

Mon devoir est de rappeler que l'on n'a pas le droit de tuer. Mais je ne peux pas parler de ce geste homicide sans évoquer ces mots des enfants : 'Papa est mort, on ne sera plus frappés'. 'Papa, il était méchant'. 'Avec nous, il se comportait mal, mais c'était rien comparé à ce qu'il faisait à maman'. On n'a pas le droit de tuer, mais on n'a pas le droit de violer non plus. D'emprisonner une femme et des enfants dans un caveau de souffrances et de douleur.

Je sais la question que vous vous posez. 'Mais pourquoi Alexandra Guillemin n'est-elle pas partie avec ses enfants sous le bras ?' Cette question est celle d'hommes et de femmes de l'extérieur, qui regardent une situation qu'ils ne comprennent pas et qui se disent: 'Mais moi, je serais parti !' En êtes-vous si sûr ? Ce que vivent ces femmes, ce qu'a vécu Alexandra Guillemin, c'est la terreur, l'angoisse, le pouvoir de quelqu'un qui vous coupe le souffle, vous enlève tout courage. C'est sortir faire les courses pendant cinq minutes, parce que celui qui vous envoie a calculé exactement le temps qu'il vous faut pour aller lui acheter ses bouteilles de bière. Et c'est à cette femme-là que l'on voudrait demander pourquoi elle est restée ? Mais c'est la guerre que vous avez vécue, madame, la guerre dans votre corps, dans votre cœur. Et vous, les jurés, vous ne pouvez pas la juger sans savoir les blessures béantes qu'elle a en elle. C'est cela être juge, c'est être capable de se mettre à la place des autres. Alexandra Guillemin, il suffit de l'écouter, de la regarder. De voir son visage ravagé. Mais un visage qui change dès qu'elle parle de ses enfants. On a beaucoup dit qu'elle était 'passive'. Mais c'est une combattante, cette femme ! Ses enfants, elle leur a tenu la tête hors de l'eau, hors du gouffre. Il n'y a pas beaucoup d'amour dans ce dossier, mais il y a le sien pour ses enfants, et ça suffit à tout transfigurer. Sephora, Josué, Saraï, Siméon ont 13, 11, 8 et 6 ans aujourd'hui, ils vous aiment, ils seront votre revanche.

Nous, la question que nous devons nous poser, c'est : 'De quoi êtes-vous responsable, Alexandra Guillemin ?' Quelle serait la crédibilité, la légitimité de l'avocat de la société qui viendrait vous demander la condamnation d'une accusée, s'il oubliait que la société n'a pas su la protéger ? Alors, je vais parler de légitime défense. Est-ce qu'au moment des faits, Alexandra Guillemin a pu penser qu'elle était en danger de mort ? Est-ce qu'en fonction de tout ce qu'elle a vécu, subi, elle a pu imaginer que ce soir-là, Marcelino allait la tuer ? Mais bien sûr ! Cela fait des années que ça dure. Alexandra a toujours été seule. Aujourd'hui, je ne veux pas la laisser seule. C'est l'avocat de la société qui vous le dit : vous n'avez rien à faire dans une cour d'assises, madame. Acquittez-la !"

Vendredi 23 mars, six jurés - responsable de paie, retraitée, techniciens, ingénieur, assistante d'achat - et trois magistrats professionnels l'ont écouté. Et d'une sale affaire de violence et de misère, si loin, si moche, ils ont fait un grand moment de justice, si proche.

 

Pascale Robert-Diard

Article paru le 25 mars 2012 dans "le Monde"  

 

18:44 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)

13 octobre 2011

Trente à l'heure, tendre allure

 

Trente à l’heure, tendre allure

C’est beau, non, ce slogan de la prévention routière ? Avouez… Beau et utile. Une réussite parfaite de communication. Un bonheur d’expression.

Trente à l’heure, tendre allure… C’est tout simple et ça se dit comme ce que ça dit : avec lenteur, avec tendresse. C’est construit pour être dit lentement. Prenons les mots trente et tendre. Le r du premier mot change de place dans le deuxième. Et le t du premier devient d dans le second. Et dans les deux autres mots : (à) l’heure et allure, le e devient u. Il ne faut pas se précipiter – il faut être prudent – sinon on risque l’accident de parcours, le trébuchement de la langue.

Tenez, ce trente à l’heure, tendre allure, moi, ça me fait penser à… Vous savez à qui ? À Verlaine. On retrouve des choses comme ça chez lui ; de ces figures-là : « Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville. » Ou chez Gainsbourg, si vous préférez plus moderne : « Dans son regard absent et son iris absinthe… ».

Et comment s’appelle alors ce procédé rhétorique qui consiste à miser sur le rapprochement de mots qui sont presque pareils à l’oreille et cependant de sens tout différents ?

C’est une paronomase. (Du grec para : proche et onoma : nom.) Et les deux mots qui forment la paronomase, les deux mots qui se font écho, sont dits paronymes.

La publicité, évidemment, la publicité commerciale, se sert de ce procédé. Mais de quoi ne se sert-elle pas, la garce ? Tout lui est bon. Elle se permet tout. Le pire et le meilleur…

Je vous montre un exemple : Achetez un portable, pas un jetable. Et un autre tant qu’on y est, qui a largement contribué à la fortune de la maison – et qui est en plus un vers blanc – : Des pâtes, des pâtes, oui mais des Panzani !

On le retrouve encore, ce procédé, dans les proverbes, les sentences : Qui se ressemble, s’assemble ; Comparaison n’est pas raison ; Qui s’excuse, s’accuse.

Il est aussi présent dans ce drôle d’objet langagier qu’on appelle le virelangue. Tantôt ludique, tantôt pédagogique, ou les deux à la fois, le virelangue, lui, n’a rien à vendre, n’a pas non plus de leçon à donner. Il est juste fait pour le plaisir. Pour faire parler et faire rire. S’amuser à courir avec les mots, avec la langue, sans tomber. Ou jusqu’à tomber. Et la chute, alors, est encore plus rigolote que la course… Surtout que, dans la chute, il arrive parfois qu’on produise des mots que... des mots qui… des mots crus !

Julos Beaucarne, grand diseur et faiseur aussi de virelangues, en a écrit un où il est question d’une dame qui s’appelle Coutufon et une autre, Foncoutu.

Je vous laisse à penser ce qu’un accident entre les mots Coutufon et Foncoutu peut donner.

Allez, pour finir, goûtez-moi donc celui-là, tout bref : Te fusses-tu tu, tu m’eusses plus plu.

 

Jean Paul Vasset    Journal le Soir du 10 octobre


 

 

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09:51 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)