18 août 2014

Mon ami Gérard s'en est allé ...

Mon ami de toujours, Gérard Borel, est parti cet été, le 30 juillet, de l’autre côté…

Les cigales de Bel Air à Méthamis ont perdu leur organiste.

Mon Gérard, tous tes amis d’ici et d’ailleurs te pleurent, tu es pour toujours dans nos pensées et notre cœur.

Bon voyage à toi.

Julos 

 

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Photo Mireille Borel 

17:27 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (3)

15 mars 2014

Décès d'Henry Lejeune - Lettre à Julos

Ton petit royaume reste notre royaume immémorial avec la galaxie de notre Henry parti au-delà!!!

 

Grâces belles te soient rendues, très  cher Julos,

Nous tous qui avons rendu un ultime hommage à notre immense Henry en allé sur l'autre rive, nous te devons ce geste ultime d'amour que tu lui as offert pour son dernier parcours pour le repos  définitif!

Ton émotion intense, dans ta voix de barde chevronné  s'affermissait dans la montée superbe de ton poème d'hommage à sa mémoire, et ce, à un point tel que tous les regards, tous les yeux autour de toi, ployé avec adoration sur son  dernier séjour éternel ont commencé à se mouiller, les larmes même, d'étoiler beaucoup de joues, les têtes, de s'incliner pour une vénération poignante!

Ces moments suspendus, magnifiques de beauté, c'est toi qui nous les as donnés avec un cœur ardent d'amour total et de compassion  lumineuse : la beauté de la petite et dolente musique de ton poème en son honneur à lui incarnait une très pure élévation de l'Esprit et d'Espérance...

En nous tous, refluaient dans notre cœur, pour notre part que nous avions reçu du rayonnement de l'Henry que nous avons tellement aimé,  les plus belles images de tous les petits et grands bonheurs qu'il nous a donnés toute sa vie d'homme et de grand artiste.

Il nous a grandis, il reste brûlant dans notre cœur et nous laisse toute chaude, l'irradiation irisée de toute son œuvre exceptionnelle!

Tu nous as fait revivre le jeune barde de jeune Julos à chapeau boule et à capoule du "Petit Royaume" de 1965, poème chanson, point de départ de l'impulsion majeure qui allait faire de toi le grand poète d'aujourd'hui  et tes amis, dont Henry aussi, en Provence devenir une seconde patrie solaire, non loin d'ailleurs de Garouste et de Lucienne Desnoues qui m'a intronisé en terre de Poésie!

J'avais lancé ces années-là un petit cabaret de poésies et chansons qui avait eu une bonne audience et ton cachet était si petit pour une contribution si originale mêlant le terroir, l'humour, la facétie et la gravité non moins que le non-dit profond du dit, témoin le petit royaume jailli de ton premier 45 tours dont Henry il y a peu de temps m'a fait cadeau!!!

Tu vois, Julos, je suis un affreux bavard, c'est chez moi,  cette façon d'être : pleurer et rire ainsi se confondent par la logorrhée à bout de souffle!!

Voilà : cette journée grise et froide , tu l'as rendue ardente, sublime, et inoubliable : notre Henry continue de la sorte à vivre si fort en notre cœur brûlant d'amour!!!

Merci, merci, mille fois mille mercis, très cher Julos,

Je t'embrasse de très grand cœur!

 

Jean-Pierre Grandjean , le petit poète.

12:53 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

20 décembre 2012

Prix Charles Cros ... message de Normand Génois

Bonjour cher Julos.

 

Merveilleux ce prix, ce présent qui reconnait le chemin parcouru.

Et je te revois à l’Ile d’Orléans en ces années septante et quelques. Je chante pour vous. Simone Voisine.

Et j’entends la pluie qui picote les étangs. Et c’est lui comme un matelot.

Et je pleure ce jour où j’ai reçu ce texte immensément amoureux la nuit suivant l’événement tragique.

Et je pleure ce soir-là où tu as chanté à Saint-Raymond après la mort de Loulou.

Tu es partie sous le coup d’une heure en février à la chandeleur.

Je gardais à la maison ces deux p’tits moussaillons qui sont restés avec toi sur le quai.

Je t’ai vu et entendu quatre soirs de suite à Bobino. Le bistro belge après, avec Catherine.

Je me souviens revenant en auto de Montréal, Le marin du vieux port dans mon oreille.

Un soir je vendais des disques à Rennes. Un autre à Vire. D’autres à Québec

Nous mangeons du fromage sur la plage froide en Normandie, avec du vin rouge.

Tu te souviens le Mont-Saint-Michel il pleut à boire debout, un flûtiste joue Bach dans la chapelle.

 

Magnifique qu’il y ait des prix qui soient des rappels d’une oeuvre, même si elle est inachevée.

La vieille Marie que tu habites comme une vieille connaissance. Une voisine peut-être

J’ai dit vingt fois en public: je n’aurai pas le temps de lire tous les poèmes du monde, les 180 millions de francophones et la petite gayole.

Les repas à la longue table côté rue des Brasseries.

Les immenses rires qui faisaient trembler les fenêtres et se répandaient dans l’espace.

Je me suis occupé de la maison à Tourinnes. Toi tu tournais. Bobo et Kito, mes enfants, mes amis.

Plus loin en arrière la Provence, la ruine, quelques jours dans le rêve.

J’ai conservé des lettres qui datent de septante-trois. Raoul était chez toi. Alberte passait chez-toi.

Est-ce que je pourrai chanter à Saint-Raymond, me disais-tu. Les petits mots à la fin de Loulou.

Natashquan avec Danielle, spectacle sur la mer. J’ai dit des poèmes avec ta musique.

Les gens me demandent toujours des nouvelles de toi.

 

Je suis heureux aujourd’hui mon cher Julos et je sais qu’il y a encore des chansons qui attendent dans ton coeur. Car tu parles, tu penses, tu agis avec le coeur.

 

Je t’embrasse et te félicite du fond de mon coeur.

 

Normand Génois

 

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10:10 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (13)

19 novembre 2012

Des nouvelles de Gaza

Chers amis,

Bonjour, je vous écris de Gaza, au même temps où les avions militaires sont en train de bombarder dans le quartier, apparemment que nous sommes maintenant prêts à partir, plus loin que ce ciel gris et criminel et plus haut que ces avions militaires.
6 jours d'agression et de massacres, et cela continue et bientôt on parlera de 20 jours de guerre, ou peut-être 30 ou 40 jours de massacres.
Je ne peux plus colorer mes mots et décorer mes phrases, je ne suis plus francophone, ni francophile, l'humanité a été assassinée hier soir, avec la famille Al Dalou et ses enfants, déchirés devant les écrans et bientôt sur des cartes postales.
Un seul bombardement dans le quartier est capable de me faire oublier le futur proche et le futur simple, je ne sais plus comment conjuguer les verbes du troisième groupe, comme vivre, sourire, rire, tous les verbes sont devenus orphelins, et tous les points sont devenus terroristes.
95 martyrs et 640 blessés jusqu'au moment, et peut-être le chiffre changera avant que je termine ce message, ou peut-être bien, ce message n'aura pas d'adresse.
tous les moments sont martyrs, ces oiseaux violents ont assassiné le temps, et ces balles vertes et marrons ont assassiné la rose, est-ce que l'importance c'est la rose ?

Il n'y aura pas de football à Gaza, ce pauvre stade a été bombardé pour la troisième fois ce matin à 6 heures, et le centre de police du quartier a été bombardé à 2 heures du matin, et cette fois-ci, les blessés étaient les frères égyptiens qui étaient à l'hopital Al-Shiffa juste à coté.

Hier, Israël a tué quelqu'un en bas de ma fenêtre, le monsieur était jeté par terre, je l'ai regardé quelques minutes il ne voulait pas me parler, et cette fois, c'était en direct, pas de films américains pas d'imagination dans mon quartier tout est vrai.

5 jours, je ne suis pas sorti de la maison, 5 jours je ne fais qu'entendre les bombes et compter les victimes, et parfois quand la maison danse, je me permets de demander, qui va mourir ce soir ?

Et nous, moi et ces visages enfermés avec moi dans la même pièce et dans le même destin, quand est-ce que nous pourrions nous échapper de cette vie, sans revenir après quelques instants, sans entendre quelqu'un dire: mais non, calmez-vous ce n'est pas notre tour qui a été bombardée, ce sont les voisins.

 Hier, je me suis permis à penser à Paris, car il y a une semaine j'étais à Galerie Lafayette, il y avait une ambiance de fête, il y avait déjà le sapin de noël, et les jouets pour les enfants, apparemment, que les enfants à Gaza, ne sont pas intéressés, puisqu'ils meurent avant l'arrivée du papa Noël, ou bien il y a quelqu'un de mauvaise volonté leur a dit que le PAPA NOEL n'existe pas, quant à moi, je me dis il viendra par le passage de Rafah, donc j'attends, enfin comme je peux, car je commence à fatiguer ma conscience, et peut-être bientôt, j'irai voir mes voisins, qui sont chiants, parce que le calme me brise le coeur, c'est très long.

des frontières autour de moi
si je ferme mes yeux, je te verrai
viens me raconter si tu veux
je suis partant cette nuit malgré le temps
crie ou prie ou pleure
cela ne te sert à rien
mon âme sera déjà là-bas.

Amir Hassan
12:40
le 19 Nov 2012
Gaza.

Correspondant pour  "A l'encre de ma plume"

 

20:44 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

13 novembre 2012

Félix, Gilles et Julos

Julos et Felix.JPG 

Felix Leclerc est parti le 8 du 8 88, il a laissé de son passage des traces un peu partout sur la planète; disques, livres, enregistrements restent et persistent. Ainsi sur la place première du  vieux Québec une peinture immortalise Félix le géant en trompe-l'oeil.

Et voici le grand Gilles Vigneault et moi après un somptueux spectacle que j'ai eu le plaisir et le bonheur de voir ce 9 novembre à Beaucourt en Franche-Comté.

Gilles Vigneault et Julos.jpeg

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14:14 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (6)

16 mai 2012

Lettre ouverte de Khaled Khalifa

Voici une lettre de Khaled Khalifa, écrivain syrien édité par Acte Sud. Elle a été écrite il y a quelques jours à peine.

La situation devient totalement horrible en Syrie et la passivité chaque jour se compte en morts

 

Chers amis, écrivains et journalistes du monde entier, notamment en Chine et en Russie, je tiens à vous informer que mon peuple est exposé à un génocide.

Depuis une semaine les forces du régime syrien intensifient les attaques contre les villes rebelles en particulier Homs, Zabadani, les banlieues de Damas, Rastan, Madaya, Wadi,Barada, Figeh, Idlib et dans les villages de la montagne de Zawiya.

Depuis une semaine et jusqu'au moment où j'écris ces lignes, plus de mille martyrs sont tombés, dont beaucoup d'enfants, et des centaines de maisons ont été détruites sur les têtes de leurs habitants.

La cécité qui a frappé le monde a encouragé le régime à tenter une élimination de la révolution pacifique en Syrie, avec une force répressive inégalée. Le soutien de la Russie, la Chine, l'Iran et le silence du monde face aux crimes commis en plein jour, a permis le meurtre de mon peuple par le régime depuis onze mois.

Mais dans la dernière semaine, du 2 février à aujourd'hui, les signes du massacre se sont clarifiés. La scène de centaines de milliers de Syriens descendus dans les rues de leurs villes et villages la nuit du massacre de Khalidiya, dans la nuit du vendredi au samedi dernier, les mains levées en prières et en larmes, brise le coeur, et place la tragédie humanitaire syrienne au centre du monde.

C'est une expression claire de notre sentiment d'être des orphelins, abandonnés par le monde et par les politiciens satisfait par les paroles vaines et les sanctions économiques, qui n'empêchent pas les assassins et ne retiennent pas les chars baignés de sang.

Mon peuple, qui a fait face à la mort le torse nu et en chansons est en ce moment même assujetti à une campagne de génocide.

Nos villes rebelles sont dans un état de siège sans précédent dans l'histoire mondiale des révolutions. Le personnel médical est empêché de secourir les blessés, les hôpitaux de campagne sont bombardés de sang-froid et détruits, l'entrée est interdite aux organisations de secours, les lignes téléphoniques sont coupées, et la nourriture et les médicaments sont bloqués, si bien que la contrebande d'un sac de sang ou d'une tablette de Setamol dans les zones touchées est considéré comme un crime digne d'emprisonnement dans des camps de détention, dont les détails vous horrifieront un jour.

Dans toute son histoire moderne, le monde n'a pas connu de tels vaillance et courage, que ceux manifestés par les révolutionnaires Syriens dans toutes nos villes et villages. Le monde n'a pas non plus connu un tel silence, et une connivence dans le silence qui est dès à présent considéré comme une complicité dans le crime et l'extermination de mon peuple.

Mon peuple est un peuple de paix, de café, de musique que j'espère vous savourerez un jour, de roses, dont j'espère qu'un jour le parfum vous parviendra, afin que vous sachiez que le coeur du monde est aujourd'hui exposé au génocide et que le monde entier est complice dans le versement de notre sang.

Je ne peux rien dire de plus dans ces moments difficiles, mais j'espère que vous agirez par solidarité avec mon peuple de la façon que vous jugerez appropriée.

Je sais que l'écriture est impuissante et nue devant les canons, les tanks et les missiles russes qui bombardent nos villes et nos civils, mais je n'ai aucune envie que votre silence aussi, soit complice du meurtre de mon peuple.

 

KHALED KHALIFA

DAMAS


16:00 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (2)

18 mars 2012

L'excision

Depuis qu’Lumumba fut tué

Pour avoir dit sa vérité

Depuis qu’Lahaut est là en haut

Parce qu’il avait parlé tout haut

Depuis qu’on étouffa une fille

Dans un avion pour pas qu’elle crie

Les loups ont des têtes de mouton

Derrière les roses y a des chardons

 

C’est celui qu’est tout en haut

Qui tient le manche de la faux

Si ce que tu dis cause souci,

Tu seras vite raccourci

Celui qui r’garde jouer aux cartes

S’il pète un mot d’trop on l’écarte

Les ptits r’gardants n’ont rien à dire

Su l’ jeu des grands ça c’est bien pire

 

Celui qui se tient haut perché

Il a le droit d’vous supprimer

De beaux enfants sautent sur des mines

Mais on n’arrête pas la machine

D’autres sont drogués pour tuer

Et la cocaïne les défait

Nous vivons en pleine barbarie

Les soldats violent toujours les filles

 

C’est celui qui est tout en haut

Qui tient l’manche de la faux

Si ce que tu dis cause souci

Tu s’ras vite raccourci

Celui qui r’garde jouer aux cartes

S’il pète un mot d’trop on l’écarte

Les ptits r’gardants n’ont rien à dire

Su l’jeu des grands ça c’est bien pire

 

Chez nous un jeune homme fut visé

Tiré comme lièvre en un pré

Pour le diamant Kisangani

A été totalement détruit

Y a des fabriques et des boutiques

De fusils à deux pas d’ici

La mort fait vivre nos ouvriers

L’emploi est sauf, on laisse couler

 

C’est celui qu’est tout en haut

Qui tient le manche de la faux

Si ce que tu dis cause souci,

Tu seras vite raccourci

Celui qui r’garde jouer aux cartes

S’il pète un mot d’trop on l’écarte

Su l’ jeu des grands ça c’est bien pire

 

Des femmes sont tuées à chaque jour

Par jalousie par leurs amours

Y a des p’tites filles qui sont forcées

Et toute leur vie en est gâchée

Y en a d’autres à qui on enlève

Le clitoris, leur vie s’achève

A trois ans, on tourne la page

Leur vivance est déjà veuvage

 

Tout le monde veut être tout en haut

Pour tenir le manche de la faux

Une fois qu’il l’tient, il veut faucher

Et l’cauchemar de recommencer

Les ptits r’gardants devenus grands

Veulent jouer au grand jeu des grands

Y en a pas un qu’est épargné

Tout le monde veut être le premier

 

Nous sommes six milliards tout en bas

Maraboutés au nom de quoi

Au nom du pèse, au nom du fisc

Et du sacro saint bénéfice

Mineurs et majeurs détournés

Par des bonimenteurs roués

Qui veulent que nous marchions au pas

Et dans les souliers de leur choix

 

C’est celui qui est tout en bas

Qui est bien plus fort qu’il ne croit

Si nous le voulons toi et moi

Le cauchemar s’arrêtera

6 milliards de p’tits regardants

Peuvent devenir acteurs puissants

6 milliards de gens conscients

Ensemble changent le cours du temps

 

JULOS BEAUCARNE

 

Extrait de l'album Le Jaseur Boréal

 




16:23 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

07 février 2012

Mina


Par un temps de froid cuisant comme celui d' aujourd'hui je pense à mon grand-père Jules Varlet et à son cheval "Mina". 

C'était au temps où ma soeur Marie-Ange était encore une petite fille et mon frère Gérard un petit garçonnet, puis c'était moi le dernier ... le p’tit Jules comme on disait dans le village de Steenkerque.

Quand je pense à mon grand-père, je pense à son cheval de labour qui s'appelait "Mina". Il parlait différemment à son cheval qu'à nous ses petits enfants. Mina, c'était son compagnon de travail, il était aux petits soins avec lui, parfois il lui faisait des confidences à voix basse. Par des temps très froids comme aujourd'hui, il lui mettait un ample manteau … mais mettre un manteau à Mina, c'était toute une affaire, il fallait que mon grand-père se fasse aider par ma grand-mère qui s'appelait Marie Tassignon.  

Mon grand-père, lui, s'appelait Jules Varlet, j'ai hérité de son prénom et bien sûr aussi je l'ai entendu parler à son cheval. Quand il disait "Hue" il voulait dire à son cheval d'avancer. Parfois, il nous mettait, ma soeur, mon frère et moi, sur le dos du cheval et il y montait aussi. Il disait que nous étions les 4 fils Aymon  et à ce moment là il appelait Mina "Bayard" et Mina était très fier de cette appellation contrôlée.

Je ne savais pas alors que le vent d'hiver qui soufflait très fort dans mon grenier de la rue des brasseries à Tourinnes-la-grosse allait me faire me ressouvenir de mes vacances à la campagne à Steenkerque où il y eut une terrible bataille, le 3 août 1692 entre les anglo-hollandais et les français commandés par le Maréchal de Luxembourg. C'était au temps de Louis XIV.

Le soir au coin de "l'estuve", le poêle de Louvain qui ronflait, ma grand-mère nous racontait la terrible bataille comme si elle y était. Elle parlait d'une rivière de sang qui descendait le chemin qui menait de la ferme de "Requiem" au village.

Le monde a-t-il changé?  Actuellement, il y a des massacres en Syrie et dans beaucoup de lieux du monde. On se pose des questions. Mina le cheval de mon grand-père dort sous terre. Toute ma famille disparue dort dans le petit cimetière de Steenkerque. Loulou ma bien aimée, mon neveu, mon père, ma mère. Après l'enterrement de mon père, en marchant avec elle vers le village, Loulou m'a dit à l'oreille "S'il m'arrive malheur, je veux être enterrée avec toi, ici".

En retournant la terre, mon grand-père trouvait des crânes et des tibias, beaucoup de jeunes français avaient péri dans ce village en 1692. La terre a bu leur sang.

Jusques à quand ce jeu imbécile et cette barbarie de la bêtise humaine?

 

Julos  Tourinnes-la-grosse   nuit du 6 au 7 février 2012.

 

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 Photo Nadège Louvet

 

17:03 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (9)

18 janvier 2012

Asako house

 

Envoyez une lettre à Asako House! 

 

asako H.jpg

 

Il était une fois une vieille dame dénommée Kumagai Asako qui habitait au bord de la mer. Comme elle adorait son paysage et connaissait les dangers de l’atome, elle lutta de son vivant contre l’implantation d’une centrale nucléaire. En refusant de se séparer de son terrain, elle contraignit un constructeur à déplacer de 250 mètres l’emplacement d’un futur réacteur car le projet était trop proche de sa maison. Elle savait que si elle les laissait construire l'usine, la mer serait contaminée. Malgré des menaces et des tentatives de corruption, elle a tenu bon contre la volonté de la compagnie d’électricité japonaise J-Power. Après sa disparition en 2006, sa fille et sa petite-fille ont conservé cette propriété afin de perpétuer le combat d’Asako. Elles ont dénommé la maison "Asako House" .

 

 

asako house.jpg

 

Aujourd’hui, la maison est entourée par les terrains achetés par J-Power. L’opérateur essaie de faire fermer la route d’accès à la maison en comptant le nombre de personnes qui l’utilisent. Si plus personne n’emprunte cette route, ils pourront ainsi démontrer qu’on peut la fermer.

Afin de contrer cette menace, la fille et la petite-fille d’Asako lancent un appel afin que chaque jour, quelqu’un emprunte cette route. Et cette personne sera le facteur. Pour se faire, elles demandent simplement qu’on leur envoie une lettre.

A l’heure où il ne reste plus que 6 réacteurs nucléaires en activité au Japon (contre 54 au début de l’année), il est important de soutenir le peuple japonais pour se débarrasser de cette énergie dangereuse et polluante. Et pour s’en débarrasser, il faut déjà empêcher les nouvelles implantations.

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de participer à cette action qui ne vous coûtera qu’un timbre et quelques minutes de votre temps. Si vous envoyez une carte ou une lettre à Asako House, vous pourrez freiner la construction d’une centrale nucléaire !

Adresse où envoyer votre courrier (pour un envoi au Japon depuis la France, tarif normal à moins de 20 grammes, carte postale ou lettre, ce sont des timbres mauves à 0.89 €) :

 

 

Asako House

 aza-kookuto 396

 Oma-machi

 Shimokitagun

 Aomori Pref.  039-4601

Japan

 

La centrale nucléaire d’Oma (大 间 原子 力 発 电 所) est actuellement en cours de construction. Elle sera exploitée par la société Electric Power Development (aussi nommée J-Power). Le réacteur, si jamais il devait être un jour utilisé, sera unique en son genre car il sera capable d'utiliser un cœur constitué à 100% de MOX. Les travaux actuels sont réalisés pour rendre la centrale résistante à un fort tremblement de terre. Elle devrait commencer à être opérationnelle en novembre 2014.

En envoyant une lettre à Asako House, vous participerez à la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire et vous contribuerez à l’abandon de la fabrication du MOX  en France par Areva.

Si chacun des mille lecteurs réguliers de ce blog accepte d’envoyer une carte à Asako House, le facteur passera tous les jours, pendant 3 ans, sur la route que le lobby nucléaire tente de fermer.

Asako, disparue en 2006, appartenait à une génération qui connaissait les dangers de la radioactivité en raison d’Hiroshima. Ne se souciant pas de l’argent, elle a refusé une offre d’achat de sa propriété à 2 millions de dollars. Depuis 1982, date à laquelle la construction de la centrale a été décidée, près de 136 millions de dollars ont été distribués en subventions publiques pour acheter la conscience des habitants d’Oma.

Faites comme Asako, ne vous laissez pas corrompre par l’industrie de la mort !

Et merci à Oiri Mochisuky d’avoir relayé cette lutte exemplaire !

 

Alain de Halleux, 13 novembre 2011 

http://message.in.a.bottle.over-blog.com/article-carnet-d...


 

21:08 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (21)

12 janvier 2012

Hommage à Jack Treese

O mon Jack, quand tu es parti dans ces pays dont nous savons si peu, le temps s'est arrêté un instant, il se fit un étrange silence et .... tu nous revenais alors .... par intermittence par le couloir du souvenir, par les enregistrements.  Il nous a fallu nous rendre à l'évidence , tu n'as même pas pu emporter ton banjo, ton fidèle compagnon de musique. Où se trouve-t-il à présent ?

Je me souviens de tes séjours ici en Tourinnes-la grosse dans la grande pièce de notre maison-ferme, les murs se souviennent de ces soirées bénies où ta musique se mêlait à la musique des vents d'hiver . C'était le temps où tu avais un trou dans le cou,  c'était ta deuxième bouche et tu marchais précautionneusement sur le plancher de chêne du Canada. 

Notre ami commun Jacques Vassal et tant d'autres ont gardé souvenance de toi, à force, cher Jack, tu es devenu la musique elle-même. "Objets inanimés, avez-vous donc une âme "? Tu as parfumé nos oreilles de baroudeur, de coureur de fond de la chanson vivante,  tu faisais partie de ces troubadours  qui n'ont ni feu ni lieu et qui arpentent les pays inlassablement  jusqu'à ne plus pouvoir.

Il faut bien un jour laisser la place au silence qui garde à présent toutes tes chansons, toutes tes trouvailles, toutes tes musiques. Tu navigues dans l'éternité et nous avons la chance de pouvoir encore t'écouter, tes musiques  persistent , vivantes, enjouées et sauvages.

Je t'embrasse et te remercie et je t'envoie une bouffée de rire qui te rejoindra en ce séjour où tu es. J'embrasse aussi Catherine la gardienne de tout ton héritage musical et qui conserve précieusement ton oeuvre .

Julos le 1er Novembre 2011

 

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Jack Treese  1942-1991 

18:31 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (5)

26 novembre 2011

Les Sans Papiers

Un groupe de volontaires a montré la route qu’il fallait prendre, la route qui se terminait sur un chemin de terre parmi les champs. 
 
Là, dans des abris de planches, de carton, de bâches et de matériaux acquis au hasard, vivent des femmes et des hommes Sans Papiers. Ils passent dans ce campement en transit, en attente, des jours, des semaines, des mois.  Celles et ceux qui vivent là s’organisent au fil du besoin et de leur savoir-faire. Elles et ils sont sans papiers mais non sans ressources. Il faut des tonnes de talent, de courage et de savoir-survivre pour arriver de Djibouti jusqu’aux portes de Calais. 
 
Dans ce camp précaire, il y a deux salles d’eau (l’eau est en bouteilles de plastique craquelé). Le protocole c’est de toussoter avant d’entrer, s’il vous plait, pour vous assurer que l’endroit vous est disponible, parce qu’il n’y a pas de porte à fermer. Il y a trois abris dortoirs. Il y a un abri-cuisine, ruche d’activité où le feu qui faisait bouillir l’eau de la grande marmite vous pique aux yeux. Il y a l'abri salon/salle de réunion où se discutent les questions de la survivance quotidienne des membres du groupe, les expériences du grand voyage jusque là, et les espérances. Dans ce camp d’infortune, il y a tellement d’espoir et d’espérance ! 
 
D’extraordinaires gens ordinaires, volontaires, ouvrent leur maison aux maigres femmes et hommes qui arrivent à bout de force, qui ont marché, nagé, couru, prié des nuits entières et ont vécu cachés durant de longues journées.  Ces femmes et ces hommes venus de si loin reprennent un peu de forces et de dignité chez les volontaires de Terre d’Errance et d’autres organisations qui offrent ce qui leur est possible, par exemple des douches chaudes, des vêtements lessivés, des repas, des leçons de français et d’anglais ou l’usage d’un ordinateur. Quand les demandeurs d’asile sont malades, ce sont des Médecins du Monde qui les soignent. 
 
Imaginez-vous comme il faisait froid en pleine campagne  dans le brouillard de dimanche pour ces jeunes gens venus de leurs tropiques. Alors Julos en veste et bonnet rouges a rayonné un beau nuage de douceur, entouré  de sourires qui petit à petit participaient au refrain international du ‘Tagada’ des Poils dans l’nez. Julos, serrurier magique a ouvert un chaleureux moment de joie pour ces jeunes Sans Papiers. Une jeune femme de 17 ans venue de la Corne de l’Afrique était arrivée au camp il y a juste une semaine. Son espoir à elle c’est de pouvoir continuer à étudier et d’un jour être médecin. Elle parlait français et a traduit en amharique, au fur et à mesure qu’il les disait, les mots de Julos, phrase par phrase. Parmi les écoutants, plusieurs cherchaient discrètement un mouchoir ou s’essuyaient les yeux du revers de leur manche. 

Agnès

 
SANS PAPIERS – texte de Julos 
 
Tu as débarqué chez nous avec dans ton maigre bagage une grande espérance, tu sais que si on te renvoie chez toi, tu seras emprisonné, torturé peut-être ou bien tu disparaitras et plus personne n’entendra parler de toi. A peine es-tu arrivé chez nous qu’on t’enferme, parfois avec femmes et enfants. On te tabasse, on te refait ce que tu as déjà enduré chez toi. Tu supplies qu’on te donne un laissez-passer, un visa pour la vie plutôt que pour l’éternité. Tu es demandeur d’asile, si tu ne trouves pas asile ici, tu trouveras asile de l’autre côté, tu attends un billet pour la mort ou pour la liberté. Mon voisin me dit : « Qu’est-ce que tu racontes ? Ce que tu dis ça se passe ailleurs, pas ici. » Hélas mon voisin ça se passe tout près, à deux pas de chez toi et toi, tu marches libre dans le soleil. Sais-tu que rien n’est sûr sur cette boule ronde, sais-tu que ce qui est certain c’est que rien n’est certain et que nous pourrions devenir toi comme moi des sans papiers ? Que sait-on de l’avenir dans le tohu-bohu de ce temps ? Si cela arrivait par malheur, alors il ne faudrait pas nous étonner que nous soyions traités comme nous avons traité chez nous les sans-papiers. 

 
PAPERLESS
 
You arrived here with a lot of hope in your meagre luggage. You know that if they send you home, you may be imprisoned, tortured, hushed up or ‘disappeared’ and nobody will ever hear about you again. Hardly had you arrived here when they locked you up, sometimes with women and children. They beat you up, they do to you what you have already endured at home. You plead that they should give you a pass, a visa for life rather than for eternity, you are seeking asylum, if you do not find asylum here, you will find asylum on the other side, you wait for a ticket, either for death or for freedom. My neighbour says to me: “What are you saying? What you are telling me doesn’t happen here.” Alas my neighbour, it happens  just a step away from you, but you can step freely in the sun. Nothing is certain on globe, the only certainty is that nothing is sure and that we could become, you as well as me, asylum seekers. What do we know about the future in these confused times? If it happened, then it should not be a surprise to us to be treated as we treated the illegal immigrants here. 
 

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19:47 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (8)

13 octobre 2011

Dieudonné Kabongo s'en est allé

Mon ami, le comédien, musicien et humoriste congolais Dieudonné Kabongo est décédé mardi soir sur la scène d'un théâtre de Bruxelles, où il était depuis une trentaine d'années le plus connu des artistes originaires de la République Démocratique du Congo,

 Mirko Popovitch était en scène avec Dieudonné Kabongo et témoigne

"C’est terrible, on était ensemble sur scène, une soirée spéciale entre vieux complices, il s’est écroulé, j’ai tout essayé, le massage cardiaque, la respiration artificielle... Les secours sont vite arrivés !!! Rien à faire, le grand Kabongo, mon vieux pote, ce surdoué musical et théâtral, n’est plus... Mille projets et je pense surtout à ses enfants, devant le vide…

Il est tard, je ne m’y fais pas, c’était un Congolais, un Belge, un artiste, un ami, un frère... 

Demain mercredi, nous avions rendez-vous à l’Aft’heure pour parler de son projet  de téléfilms…

Salut l’artiste!"

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10:28 Écrit par Julos Beaucarne | Lien permanent | Commentaires (4)